Cet article s’inscrit dans le cadre du projet Edmo Belux qui rassemble plusieurs acteurs de la lutte contre la désinformation.
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Un OVNI a bien survolé Téhéran dans la nuit du 19 au 20 septembre
Des vidéos amateurs d’un OVNI ont été publiées et partagées largement sur les réseaux sociaux. Un internaute affirme avoir filmé un objet volant muni de lumières multicolores dans le ciel de Téhéran dans la nuit du 19 au 20 septembre. L’analyse des images permet d’affirmer qu’il ne s’agit pas d’images générées par IA. Par ailleurs d’autres images permettent de confirmer que cet objet volant non identifié a bien été repéré dans le ciel iranien, 50 ans après un cas emblématique signalé. Il pourrait s’agir d’un ou de plusieurs drones ou d’un cerf-volant équipé de LED.

© Capture d’écran X (Ali Sedaghati – @AliiiiiSeda) / Capture d’écran d’une vidéo diffusée sur X le 20 septembre 2026 montrant un OVNI dans le ciel de Téhéran filmé le 29 septembre à 19h24.
Les images d’un objet circulant dans le ciel de la capitale iranienne, muni d’un dispositif lumineux, cumule des millions de vues depuis leurs publications sur différentes plateformes en ligne. Après leur mise en ligne, ces images sont devenues rapidement virales en Iran et ont également été reprises par de nombreux internautes sur les réseaux sociaux.
Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF
« Une vidéo filmée à Téhéran montre un objet lumineux étrange dans le ciel, avec plusieurs lumières colorées semblant rester en suspension. Aucune communication officielle n’a permis de l’identifier. Drone, aéronef, dispositif de surveillance… plusieurs hypothèses circulent », indique la légende en français d’une vidéo publiée sur Instagram et Facebook ce 23 septembre 2026 par le compte « astronophilos ». Ensemble, c’est deux publications dépassent les 700.000 vues.
Des images d’un internaute iranien devenues virales
En faisant des recherches par images inversées nous avons retrouvé la même vidéo publiée par de nombreux comptes sur X. Certaines renvoyaient vers une publication d’un internaute iranien : Ali Sedaghati. Son nom apparaît en dessous de certaines publications, indiquant un repartage de ses images.
Ce 20 septembre 2026, cet utilisateur de X a bien publié des images d’un objet volant qui se présente sous la forme d’un arc de cercles équipé de lumières multicolores. Nous avons pu déterminer qu’il s’agit bien de la première personne a avoir partagé ces images en ligne. Il indique en être également l’auteur. « Téhéran, autoroute Azadi.(…) J’ai filmé des objets célestes inconnus. Vraiment je ne sais pas ce que c’est mais c’était près des nuages, ça avait des lumières particulières et ça flottait dans l’espace sans aucun bruit !!! S’il vous plaît, publiez-le pour que tout le monde voie », indique la traduction automatique fournie par X du texte, publié en persan par un dénommé Ali Sedaghati.
Cette publication, a cumulé plus de 7,5 millions depuis sa mise en ligne. Ces images ont généré des dizaines de millions de vues, uniquement sur X.

© Capture d’écran X
Des images qui n’ont pas été générées par IA
L’objet volant apparaît sous la forme d’un arc lumineux continu, dessinant un croissant ou un « V » inversé dans le ciel à la nuit tombée. La structure est visible sous la forme d’une succession de points lumineux très vifs (bleu, vert, rouge, violet) qui alternent de couleur de manière séquentielle.
Très vite, des internautes s’interrogent sur la réalité du contenu et se demandent si la vidéo a pu être générée à l’aide d’intelligence artificielle générative.
L’analyse des images par des journalistes spécialisés en investigation digitale et des tests réalisés avec des outils de détection d’IA permettent d’affirmer avec certitude que la vidéo n’a pas été générée à l’aide d’IA. L’outil Hive Moderation indique 17,1% de probabilité que la vidéo ait été générée par intelligence artificielle générative, un score faible. Par ailleurs, cet outil peut servir d’indicateur mais n’est pas infaillible.

© Capture d’écran Hive Moderation / La vidéo de l’OVNI signalé à Téhéran n’est probablement pas générée par IA selon l’outil de détection Hive Moderation.
Par ailleurs, l’outil de détection de Google qui permet d’analyser les images générées par ses propres applications d’IA indique que le filigrane Synth ID de Google, un petit filigrane invisible à l’œil nu qui certifie qu’une image a été générée par IA, n’a pas été détecté. Signe que la vidéo n’a pas été créée par des outils comme Veo 3, l’outil de génération de vidéos par IA de Google.
Pas de démenti, ni de rapport officiel des autorités iraniennes
À l’aide de recherches en ligne et de l’outil de traduction automatique Deepl, nous avons été chercher des sources iraniennes fiables traitant du sujet.
L’agence de presse des étudiants iraniens (ISNA) a publié un article pour évoquer les images publiées et évoqué un autre objet lumineux aperçu dans le ciel, à proximité de l’autoroute qui mène à Azadegan, au sud de Téhéran.
« Aucune information indépendante n’a été diffusée concernant l’altitude, la vitesse, la trajectoire ou la nature de ces objets, et aucune identification officielle n’a été effectuée par les autorités militaires ou aéronautiques. Par conséquent, la certitude concernant ces images se limite à l’observation elle-même, et non à la nature de l’objet », a indiqué l’agence.
De son côté, le rapport de l’agence Fars News (proche du corps des Gardiens de la révolution) et relayé par un média local indique qu’aucune observation officielle n’a été faite : « Le suivi effectué par Fars auprès de l’Organisation de l’aviation civile concernant cette observation montre qu’aucun vol spécifique pouvant être attribué à cet objet n’a été observé sur les radars faisant l’objet de l’enquête, et l’organisation n’a fait aucun commentaire spécifique sur la nature de l’objet ». « Pour l’instant, nous ne pouvons donc que parler d’un objet lumineux non identifié dans le ciel de Téhéran ; rien de plus », conclut l’article.
Les deux publications évoquent également un lien avec des événements qui ont eu lieu il y a pile 50 ans.
50 ans jour pour jour après le signalement d’un OVNI au-dessus de Téhéran
Le 19 septembre 1976, un objet volant non identifié (OVNI) a été repéré au radar et à l’œil nu au-dessus de la capitale de l’Iran, par des civils et des militaires. Cet événement a fait l’objet de rapports, consignés notamment dans les archives de la NSA, l’agence de sécurité nationale des États-Unis. La CIA a également archivé un article du Washington Post du 19 janvier 1979 dédié au rapport sur ces faits.
Lors d’incidents distincts, deux chasseurs d’interception F-4 Phantom II de l’Armée de l’air iranienne ont signalé une perte de leurs instruments et de leurs moyens de communication à l’approche de l’objet. Ces fonctions ont été rétablies dès qu’ils se sont éloignés. L’un des appareils a également signalé une défaillance temporaire de ses systèmes d’armement alors que l’équipage s’apprêtait à ouvrir le feu. Un avion de ligne a également signalé une panne radio.
La publication de ces images d’un OVNI au-dessus de Téhéran est donc intervenue exactement pour le 50e anniversaire de cet « incident » de Téhéran en 1976. Une coïncidence temporelle qui oriente les explications vers l’action d’un amateur de modélisme.
Les pistes s’orientent vers des drones ou un cerf-volant habillé de lumières LED
L’analyse effectuée par le média iranien indépendant indique d’abord que « la faible qualité des images rend […] le diagnostic définitif difficile » mais confirme qu’il s’agit bien d’un OVNI, dans le sens strict de l’appellation à savoir, qu’il s’agit bien d’un Objet Volant Non Identifié (OVNI).
Ces phénomènes sont appelés de manière plus scientifique et large « UAP », en anglais, ou « PAN » en français pour « Phénomène Aérospatial Non identifié ». La Nasa a également adopté ce terme, soulignant qu’il n’existe actuellement aucune preuve crédible que ces phénomènes soient d’origine extraterrestre.
Par ailleurs, différentes théories ont été évoquées pour tenter d’expliquer le phénomène observé dans le ciel de Téhéran dans la nuit du 19 au 20 septembre 2026. Des spécialistes d’analyse des images évoquent en ligne la possibilité qu’il s’agisse d’un, ou plusieurs drones, d’un équipement de surveillance avancée ou d’un cerf-volant spécifique et de grande taille, équipé de LED. Une théorie qui confirmerait le clin d’œil d’un amateur, 50 ans après l’étrange apparition dans le ciel de la capitale iranienne.
Le MR propose de fermer 60 gares et non 481 comme le dénonce ecolo j, voici lesquelles
Une publication Instagram du mouvement de jeunesse du parti Ecolo, ecolo j, dénonce la volonté du président du MR de vouloir supprimer 481 gares sur les 554 que compte notre réseau belge. Une telle déclaration n’a jamais été prononcée par Georges-Louis Bouchez. Le parti libéral a, en revanche, proposé de fermer 60 gares dans le contexte des discussions budgétaires du gouvernement fédéral. Une proposition qui s’inscrit dans ce que dit l’accord de gouvernement.

© BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR / La gare de Jurbise est la 88e gare la plus fréquentée du lundi au vendredi sur un total de 554 gares.
C’est une publication Instagram qui a été partagée plus de 4000 fois, likée plus de 15.000. « Le président du MR vient d’annoncer vouloir supprimer 481 des 554 gares belges. Soit un démantèlement de 87% du réseaux ferroviaire en pleine crise climatique. C’est de la folie. » Elle est postée par deux profils : ecolo j, le mouvement de jeunesse d’Ecolo, et gaetan_b, Gaëtan De Baene, ex-conseiller communal Ecolo à Ittre.
Dans les slides suivantes, les auteurs précisent : « Ce 18/09, il affirme dans un article du Soir que les gares comme Quévy, Frameries ou même Jurbise ne devraient plus exister parce qu’elles allongent le temps de trajet entre villes, comme Mons et Bruxelles. En réalité, 481 gares belges sur 554 ont une fréquentation similaire ou inférieure à Jurbise. Le MR semble avoir trouvé une de ses prochaines cibles… Voici par ordre alphabétique les gares ciblées. Vous avez trouvé la vôtre ? Indiquez-la en commentaire, elle pourrait bientôt disparaître… » et de lister ensuite les centaines de gares qui seraient concernées.
Dans le commentaire du post ainsi que dans une autre publication de Gaëtan De Baene, deux sources sont citées. La première ce sont les statistiques publiées par la SNCB avec le nombre de voyageurs montés par gare en 2024.
Deuxième source : une interview croisée de l’économiste Bruno Colmant et du président du MR Georges-Louis Bouchez publiée dans le journal Le Soir le 18 septembre intitulée « 150.000 à 200.000 fonctionnaires en moins, c’est possible ».
Si vous voulez qu’on fasse Mons-Bruxelles en 40 minutes, vous devez alors ne plus avoir d’arrêt comme Quévy, Frameries, même Jurbise, etc.
À la première question posée par les journalistes du Soir « M. Bouchez, vous voulez supprimer 60 gares. Pourquoi ? », le président du MR répond : « Parce que les modes de transport doivent être utilisés pour remplir les fonctions qui leur ont été assignées. Les trains, c’est fait pour relier les villes entre elles. Les TGV, les grandes villes entre elles. Et les bus pour relier les villages. Le problème de la SNCB, c’est qu’on a une vitesse commerciale qui est beaucoup trop basse pour un coût qui est extrêmement élevé. Si vous voulez qu’on fasse Mons-Bruxelles en 40 minutes, vous devez alors ne plus avoir d’arrêt comme Quévy, Frameries, même Jurbise, etc. »
À aucun endroit dans l’interview, il ne fait mention de la suppression de 481 gares. À propos de Jurbise, il parle donc de « point d’arrêt ».
Extrapolation
Contacté, Gaëtan De Baene explique : « J’ai voulu montrer ce que ça donnait si on appliquait son raisonnement à la Belgique. J’ai donc pris la gare de Jurbise et j’ai regardé les fréquentations similaires. » L’auteur explique avoir repris les valeurs du tableau de la SNCB et avoir multiplié par cinq la fréquentation moyenne par jour du lundi au vendredi afin d’obtenir la fréquentation totale du lundi au vendredi. Ensuite, il a ajouté les valeurs du samedi et du dimanche pour avoir la fréquentation moyenne sur toute la semaine, comme l’a fait Le Soir avec les valeurs de 2023. L’auteur a ensuite trié son tableau en prenant les gares avec une fréquentation inférieure à celle de Jurbise. « Finalement, j’arrive à ce chiffre de 481 gares. »
Ce calcul est donc une extrapolation sur base des propos tenus par le président du MR qui, à aucun moment, n’annonce vouloir supprimer 481 de gares dans cette interview. Pourquoi ne pas avoir repris le nombre de 60 gares dont parle le journal Le Soir ? « Quand j’ai lu 60 gares dans l’article et la mention de la gare de Jurbise, je n’ai pu m’empêcher de voir qu’il y avait une très claire dissonance entre la taille de la gare de Jurbise et les 60 gares qui sont les moins fréquentées et dont il serait apparemment question. Les ordres de grandeur ne sont pas du tout comparables. La gare la plus fréquentée des 60 les moins fréquentées étant de 546 montées par semaine (Viroux) et la gare de Jurbise étant de 9509 montées par semaine en 2024. »
60 gares: celles qui comptent moins de 100 montées par jour
Contacté, Georges-Louis Bouchez clarifie ses propos. « Je n’ai bien évidemment jamais dit ça et je ne l’envisage pas la moindre seconde », précise-t-il. « Ce que j’assume, c’est qu’on a la possibilité aujourd’hui, de fermer une soixantaine de gares, celles qui sont fréquentées par moins de 100 personnes par jour. Ca veut dire que, sur une journée, il y a moins de 100 personnes qui montent et qui descendent. Pourquoi ce raisonnement ? Parce que, pour moins de 100 personnes, on peut gérer le remplacement par un bus. »
Le nombre de 481 gares n’est donc pas correct. Il s’appuie sur un raisonnement qui n’est pas celui de la proposition du MR dans le cadre des discussions budgétaires. Le parti libéral a proposé la suppression de 60 gares, celles qui ont une fréquentation de moins de 100 personnes entre le lundi et le vendredi. Il est donc possible d’établir la liste des gares visées. Les voici :
Gaëtan De Baene maintient son raisonnement : pourquoi citer Jurbise dans ce cas ? « Il n’a peut être pas dit « je vais supprimer 481 gares » mot pour mot, j’explique d’ailleurs dans mon post comment je suis parvenu à ce chiffre avec la source. Il a par contre très clairement dit que Jurbise faisait partie des arrêts qui, selon lui, devraient être supprimés. Ce qui veut dire que 480 autres gares belges ayant les mêmes fréquentations pourraient l’être si on suit son raisonnement. »
« Je ne les ai pas données en exemple pour dire qu’il fallait les fermer », répond le président du MR. « Si on veut un Bruxelles-Mons en 40 minutes, c’est techniquement possible avec des trains à 120km/h. Mais alors, il faut prévoir des trains qui ne s’arrêtent plus à ces arrêts. Est-ce que ça ne doit plus jamais s’arrêter à une gare comme Jurbise ? Je n’ai pas du tout dit ça. »
Dans la proposition du MR, il y aurait donc les 60 gares à faire disparaître et d’autres gares, où la SNCB ferait diminuer le nombre d’arrêts afin d’améliorer la vitesse commerciale.
Supprimer des gares, « une possibilité » dans l’accord de gouvernement
Le gouvernement fédéral envisage-t-il de supprimer des gares ? La proposition du MR s’inscrit en fait clairement dans l’esprit de l’accord de gouvernement. À la p103, on peut lire : « Les arrêts seront adaptés aux évolutions de la demande effective et potentielle, avec […] la possibilité de fermer d’anciens arrêts actuellement désertés par les usagers. Cet exercice prendra en compte le potentiel d’amélioration de la ponctualité, de la vitesse commerciale, des modes alternatifs de transport public et des réalités budgétaires. »
L’accord ne prévoit certainement pas de supprimer automatiquement des arrêts sur la base d’un simple seuil de fréquentation
Nous avons donc interrogé le ministre de la Mobilité fédéral, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), pour savoir s’il était question, à l’heure actuelle de supprimer des gares. « Je n’ai aucun tabou », répond-il. « Mais l’accord ne prévoit certainement pas de supprimer automatiquement des arrêts sur la base d’un simple seuil de fréquentation. Il demande également de tenir compte de la demande actuelle et potentielle, de l’impact sur la ponctualité et la vitesse commerciale, de l’existence d’alternatives de transport public et des réalités budgétaires. Il rappelle également l’importance du train local pour l’accessibilité des zones rurales. C’est cette ligne que je défends depuis le début de la législature. »
Une gare fermée, 20.000 euros d’économie
Le ministre rappelle également que la SNCB est une entreprise publique autonome avec un cadre décisionnel bien précis. « Une fermeture ne se décide pas par une déclaration politique », explique Jean-Luc Crucke. « Elle suppose une décision de son conseil d’administration dans le cadre prévu par son contrat de service public. » Ainsi, « toute évolution doit donc être objectivée et concertée avec les autorités locales et les opérateurs de transport concernés. »
Nous sommes donc très loin des milliards d’économies recherchés
Dans le contexte de recherches d’économies par le gouvernement fédéral, le ministre fédéral propose de « remettre l’enjeu budgétaire (de cette mesure, ndlr) à sa juste proportion ». Et de détailler les économies que représente la fermeture d’une gare. « Selon les chiffres communiqués par la SNCB, fermer un point d’arrêt représente environ 20.000 euros d’économie annuelle en frais d’entretien des abords et des équipements de vente. Nous sommes donc très loin des milliards d’économies recherchés au niveau fédéral. La question des points d’arrêt doit d’abord être traitée comme une question de qualité, d’efficacité et de maillage de l’offre ferroviaire, pas comme une mesure d’assainissement budgétaire. »
En conclusion,
- Il est faux de dire que le président du MR « vient d’annoncer vouloir supprimer 481 des 554 gares belges ». Il s’agit d’une extrapolation.
- Le MR a en revanche bien proposé de supprimer 60 gares, celles qui comptent, en moyenne, moins de 100 montées par jour du lundi au vendredi.
- Dans son accord de gouvernement, le gouvernement fédéral s’est donné la possibilité de fermer ou d’ouvrir des gares mais pas sur le seul critère d’un seuil de fréquentation.
- Si fermetures il y avait, elles devraient se faire dans le cadre d’un processus décisionnel strict où le gouvernement ne peut pas décider seul. Les opérateurs de transports, comme la SNCB, et les autorités locales doivent être concertées.
L’énergie éolienne est considérée par le consensus scientifique comme un outil efficace pour limiter le réchauffement climatique, car elle n’émet pas directement de CO2. Mais, selon plusieurs publications sur les réseaux sociaux, la Commission européenne vient de reconnaître que les éoliennes nuisent à l’environnement en rejetant des microplastiques. Mais attention: si la Commission a bien mentionné les émissions de plastique liées aux éoliennes dans une réponse publiée mi-2026, elle n’a pas annoncé de changement de position ni qualifié ces émissions de dangereuses pour la santé et l’environnement. Sur le fond, les scientifiques interrogés par l’AFP estiment que l’émission de plastique par les éoliennes mérite d’être prise en compte, mais jugent improbable qu’elle remette en cause leur intérêt écologique.
Ces images de l’éruption du volcan Anak Krakatau en Indonésie ont été générées par IA
Une vidéo spectaculaire de l’éruption du volcan Anak Krakatau, en Indonésie, est devenue virale en quelques jours. Publiée par de nombreux comptes sur les réseaux sociaux comme des images réelles, la vidéo a pourtant été générée à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle générative afin de générer du clic sur les plateformes en ligne.

© Capture d’écran Instagram / Images générées par IA / Captures d’écran d’une vidéo virale générée par IA supposée montrer l’éruption du volcan Anak Krakatau, en septembre 2026, Indonésie.
Le volcan Anak Krakatau est entré en éruption samedi 5 septembre 2026. Son réveil s’est accompagné d’une coulée de lave et de détonations audibles jusqu’à 700 kilomètres. Conséquence directe de cette nouvelle éruption, des cendres dangereuses pour les moteurs des avions se sont propagées dans l’espace aérien. Les autorités indonésiennes ont donc été contraintes de faire fermer plusieurs aéroports. De nombreux voyageurs se sont retrouvés bloqués. Ce mardi 8 septembre, le trafic aérien à progressivement repris.
Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF
Sur les réseaux sociaux, des images impressionnantes de l’éruption circulent.
Une vidéo verticale, publiée ce 8 septembre 2026 sur Facebook, indique : « Éruption du volcan Anak Krakatoa en Indonésie ». On y voit un volcan s’activer et projeter des quantités importantes de lave dans les airs. À l’avant plan des voitures, des maisons et des habitants sont visibles. On entend un homme s’exprimer en anglais « Oh my god. It’s erupting. » soit, « Oh mon dieu ! Ça entre en éruption ! ».
Cette vidéo a été partagée par de nombreux comptes, sur d’autres réseaux sociaux. Sur TikTok, la même vidéo a été publiée et a dépassé les 15 millions de vues. Une recherche d’image inversée et des recherches sur d’autres réseaux sociaux à l’aide de mots-clés nous a permis de retrouver cette vidéo sur de nombreux comptes Instagram, X ou Youtube. Ensemble, ces publications ont cumulé des dizaines de millions de vues.

© Capture d’écran Instagram / La vidéo générée par IA du volcan Anak Krakatau circule largement sur les plateformes en ligne, ici sur Instagram.
Un volcan à l’activité sporadique, situé dans l’océan
Situé dans le détroit séparant les îles de Java et de Sumatra, à 150 km de Jakarta, le volcan Anak Krakatau connaît une activité sporadique depuis son émergence au début du siècle dernier.
Son éruption en 1883 a été particulièrement destructrice. Cette catastrophe a été l’une des plus meurtrières et des plus destructrices de l’histoire, avec un bilan estimé à plus de 36.000 morts, selon la BBC. Elle a également produit ce qui est largement considéré comme le son le plus fort jamais enregistré. Un son audible à des milliers de kilomètres de distance. L’éruption de 1883 a également dégagé quantité de cendres tellement significative qu’elle a fait baisser les températures dans le monde entier pendant des années.
Par ailleurs, ce volcan est situé sur l’île du même nom. Situé à environ 200 km à vol d’oiseau de Jakarta, ce morceau de terre dans la mer de Java ne compte aucun habitant. Une première contradiction factuelle avec les images montrant des maisons et des voitures à proximité du volcan.

© Reuters / Photo prise par un drone montrant des cendres au-dessus du cratère du volcan Anak Krakatau. Bandar Lampung, province de Lampung, Indonésie (6 septembre 2026)

© Reuters / 16 août 2026

© Getty Images / Vue satellite de Anak Krakatau, le 24 août 2005.
Des incohérences dans les images indiquent qu’il s’agit d’IA
D’autres incohérences, dans les images cette fois, indiquent des traces de manipulations synthétiques.
Au début de la vidéo, un homme se trouve devant une voiture. Après quelques secondes la voiture démarre rapidement et passe littéralement à travers la personne.
Plus tard, les câbles électriques qui se trouvent en avant-plan sont masqués par les coulées de laves qui se trouvent en arrière-plan. Un phénomène physiquement impossible.
Ces incohérences visuelles sont typiques des vidéos générées par IA.
Une vidéo générée par l’outil Seedance, propriété de la maison mère de TikTok
Par ailleurs, une analyse de la vidéo par le détecteur d’images générées par IA Hive Moderation revoie un taux de 99,9% de chance qu’elle ait été générée par un outil d’IA générative. Selon le détecteur en ligne, il s’agit de Seedance 2, un outil payant développé par ByteDance, la maison mère de TikTok basée en Chine.

© Capture d’écran Hive Moderation / L’outil de détection d’IA Hive Moderation indique que la vidéo est générée à l’aide d’intelligence artificielle et qu’elle a été créée par le moteur Seedance 2.
Les vidéos générées par Seedance affichent généralement une mention, le plus souvent en bas à droite des vidéos : « AI生成 » (qui signifie « Généré par IA » en chinois, la langue native du studio de ByteDance). Mais ces filigranes visibles dans l’image sont faciles à retirer, en coupant par exemple la partie où il se trouve ou via des logiciels de retouche d’images.
Pas de filigrane visible ou invisible présent dans les images
Par ailleurs, l’outil Seedance 2 est supposé intégrer un autre filigrane, invisible celui-ci, appelé C2PA. Ce protocole permet de certifier l’origine et l’historique des modifications d’un contenu numérique. Cependant, les plateformes de réseaux sociaux suppriment couramment ces métadonnées lors du téléchargement, faisant disparaître le filigrane.
Depuis le 2 août 2026, l’Union européenne impose notamment via l’application d’une partie de l’AI Act, que les fournisseurs d’IA ajoutent des signes lisibles par machine pour permettre la détection de contenu généré ou manipulé par l’IA. C’est notamment le cas des contenus générés par Veo 3.1, un outil de génération de vidéo à l’aide d’IA développé par Google.
La société a mis en place un protocole de détection de ces contenus appelé Synth ID qui permet d’avoir un degré de confiance élevé. À ce stade, l’outil est accessible à certains journalistes, chercheurs et professionnels des médias mais l’assistant d’IA Gemini, accessible au grand public, permet néanmoins de détecter ce filigrane. Il permet aussi aux plateformes de détecter les signaux et d’ajouter des labels indiquant qu’il s’agit d’IA. Dans le cas des images du volcan, aucune plateforme ne l’avait labellisé comme tel au moment d’écrire cet article.
Des images de catastrophes naturelles générées par IA pour attirer les clics
Incendies, inondations, tremblements de terre… Depuis que les caméras se sont démocratisées via les smartphones et que les moyens multimédias modernes permettent de capter de plus en plus d’images, les vidéos de catastrophes naturelles sont devenues des vecteurs de clics sur les réseaux sociaux.
Avec l’accessibilité des IA génératives, de nombreux utilisateurs utilisent ces outils pour surfer sur les événements tragiques et créer des vidéos sensationnalistes ou émouvantes afin de tenter de générer du clic et des profits.
Les vermifuges ou autres antihelminthiques sont des médicaments utilisés pour détruire et expulser les vers ou les parasites intestinaux. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes -et en particulier des naturopathes- recommandent de se déparasiter plusieurs fois par an ou à chaque saison, de manière préventive. Cependant, en l’absence de symptômes, les adultes n’ont pas besoin de « cures » automatiques régulières, comme l’ont expliqué plusieurs experts à l’AFP.
Selon les premiers rapports d’experts, les crues soudaines qui ont touché la frontière entre le Népal et le Tibet le 26 août 2026, engloutissant des villages entiers et faisant de très nombreuses victimes, ont pour origine l’effondrement de roches et d’un glacier dans l’Himalaya. Dans ce contexte, une vidéo censée montrer un avion de combat frappant un barrage avec un missile est largement partagée sur les réseaux sociaux et présentée comme une preuve que les inondations seraient la conséquence d’un « sabotage ». Mais c’est faux: ces images circulent en ligne depuis mai 2026 et ont été générées à l’aide de l’intelligence artificielle (IA).
Croissance à 0%, inflation, faillites record, chômage en hausse : les chiffres de l’Arizona avancés par Paul Magnette sont-ils corrects ?
Le président du Parti socialiste était l’invité de Matin Première, ce lundi 31 août. Au micro de Laurent Mathieu, il a dressé un bilan particulièrement sombre de la santé économique du pays et de la Wallonie, imputable selon lui aux recettes politiques qui ne fonctionnent pas du gouvernement De Wever. Il a ainsi pointé la croissance, l’inflation, les taux d’intérêt, le nombre de faillites, le taux de création de PME, le taux d’emploi et le nombre de chômeurs en Wallonie. Après vérification, la plupart des chiffres cités sont justes (croissance, inflation, taux d’intérêt, nombre de faillites, taux d’emploi), mais d’autres données sont imprécises (taux de création de PME) ou tout à fait fausses comme le nombre de demandeurs d’emploi en hausse en Wallonie.

© RTBF / Paul Magnette, invité de Matin Première, ce lundi 31 août 2026.
Au lendemain de la rentrée du Parti socialiste, son président, Paul Magnette, était l’invité de Matin Première, ce lundi 31 août. Au micro de Laurent Mathieu, il a pointé le bilan économique de l’Arizona qu’il qualifie d' »échec total ». « La croissance est à 0%, l’inflation est à 4%, les taux d’intérêt augmentent, on n’a jamais eu autant de faillites, le taux de création de PME n’a jamais été aussi bas, le taux d’emploi n’augmente pas et on a même 35.000 chômeurs en plus en Wallonie ».
Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF
« La croissance est à 0%”
Selon les dernières prévisions de la Banque nationale de Belgique, « sur la base des hypothèses actuelles, la croissance économique en Belgique ralentirait considérablement, tombant à un niveau quasi nul au deuxième trimestre de 2026, avant de repartir assez rapidement à la hausse. En glissement annuel, la croissance du PIB s’établirait à 0,6% cette année, contre 1% l’an dernier. »
Autrement dit, lors du dernier trimestre écoulé, la croissance économique était bien à un niveau « quasi nul », mais la croissance étant généralement évoquée sur une base annuelle, elle devrait s’établir pour l’année en cours à 0,6%.
La déclaration de Paul Magnette est donc plutôt vraie, légèrement exagérée.
“L’inflation est à 4%”
L’inflation selon l’indice européen des prix à la consommation harmonisé, est publiée mensuellement par Statbel, l’office de statistique officiel de la Belgique. Lors de son dernier rapport en août 2026, il la situait à 3,6% par rapport à aout 2026 contre 3,3% en juin et 4,0% en mai. En début d’année, elle était plutôt autour de 2% avec un bond à 4,2% en avril.
Selon les dernières prévisions de la Banque nationale de Belgique, l’inflation totale devrait atteindre 3,4% en moyenne sur l’année 2026.
L’affirmation de Paul Magnette est donc plutôt vraie, légèrement surévaluée.
“Les taux d’intérêt augmentent”
Il n’existe pas de taux d’intérêt officiel ou légal en Belgique. Cela implique donc qu’il n’y a pas une seule et unique source de référence qui permette d’établir que les taux sont à la hausse ou à la baisse. D’ailleurs, les taux d’intérêt peuvent désigner plusieurs réalités différentes.
Pour les entreprises et les particuliers, il s’agit des taux d’intérêt auxquels ils empruntent auprès de leur banque. Pour l’État, il s’agit des taux proposés par les candidats à l’acquisition de parts de la dette belge sur le marché obligataire.
Ces différents taux ne sont pas forcément identiques, mais ils se suivent puisqu’ils dépendent tous, d’une manière ou d’une autre, des « taux directeurs » fixés par la Banque centrale européenne (BCE) qui s’élevaient, lors de leur dernière mise à jour en juillet dernier à 2,25% ce qui concerne le taux de dépôt, qui sert de référence. Ce taux a été augmenté, pour la première fois depuis juillet 2025, en juin dernier en raison des craintes sur l’inflation liée à la guerre au Moyen-Orient.
Le taux précédent était de 2%, mais il était avant cela en baisse constante depuis son record de 4% en septembre 2023, au plus fort de l’inflation liée à la guerre en Ukraine et la reprise économique post-Covid.
De manière générale, lorsque ce taux directeur augmente, les taux sur le marché hypothécaire pour les particuliers ou obligataire pour les États augmentent, et c’est d’ailleurs la raison d’être de ces taux directeurs.
En ce qui concerne les taux constatés par les particuliers auprès de leur banque, l’une des références est le baromètre des taux du site immotheke-finotheker qui renseigne un taux de 4,26% pour un emprunt de 250.000 euros à taux fixe pendant 25 ans, avec apport de 20% du montant. Ce taux-là augmente sans discontinuer depuis mars 2025, et est au plus haut depuis avril 2012.
Enfin, le taux auquel la Belgique emprunte sur le marché des obligations (c’est le nom donné aux parts de la dette belge) a augmenté en août 2026 à 3,8% sur dix ans, son niveau le plus élevé depuis 2012. Là encore, l’explication provient d’une inflation élevée générée notamment par des craintes autour de la situation géopolitique au Moyen-Orient, et l’augmentation des taux directeurs de la Banque centrale Européenne, expliquait alors Jean Deboutte, directeur de l’Agence fédérale de la dette.
Paul Magnette a donc raison lorsqu’il indique que les taux d’intérêt augmentent.
“On n’a jamais eu autant de faillites”
Le nombre de faillites en Belgique est enregistré chaque mois par Statbel pour les trois régions du pays. Un décompte annuel est ensuite réalisé en fin d’année. Ce décompte annuel ne montre évidemment pas de chiffre record pour 2026 car l’année est en cours. Il montre néanmoins que, depuis l’année 2000, le record du nombre de faillites annuelles date de 2013 avec 11.740 faillites déclarées dans le pays. Les chiffres de l’année 2025 ont frôlé ce record, mais ne l’ont pas battu avec 11.685 faillites.
Pour l’année 2026, le nombre de 6947 faillites déjà référencées pour les sept premiers mois ne permet pas à lui seul de savoir si l’année en cours battra le record. Pour le déterminer, nous pouvons comparer le nombre de faillites sur les douze derniers mois et répéter cet exercice jusqu’aux données les plus anciennes en janvier 2000.
Cette méthode recense un total de 11.861 sur les douze derniers mois, juste en dessous du record d’avril 2026 (de 11.918 faillites sur les douze derniers mois). En 2013, le nombre le plus haut sur douze mois a été en décembre 2013 avec 11.740 faillites enregistrées.
Paul Magnette a donc raison lorsqu’il dit qu' »on n’a jamais eu autant de faillites », en Belgique, selon les données disponibles.
“Le taux de création de PME n’a jamais été aussi bas”
Le taux de création de PME représente le nombre de créations de PME « rapportées au nombre de PME assujetties à la TVE actives au 31 décembre de la précédente année », rapporte le SPF Economie sur son site. Autrement dit, s’il y a eu 110 PME créées cette année contre 100 au 31 décembre de l’année dernière, le taux de création est de 10%.
Le SPF calcule ce taux sur base des chiffres absolus de Statbel et indique pour la dernière année disponible (2024) un taux de 9,7% de création de PME. Depuis 2014, c’est le deuxième taux le plus faible après 2015 (9,5%). Toutes les autres années, ce taux était entre 10% et 11,6%.
En conclusion, le dernier chiffre disponible (2024) n’est pas forcément assez récent pour pouvoir donner une vue précise de la situation actuelle. Ce chiffre n’est pas non plus imputable à l’Arizona puisque le gouvernement De Wever a prêté serment en février 2025. Enfin, la période de 10 ans proposée par le SPF Economie est un peu courte pour conclure que ce taux n’a « jamais été aussi bas ».
Les données disponibles ne permettent donc pas de confirmer complètement l’affirmation de Paul Magnette selon laquelle ce « taux de création de PME n’a jamais été aussi bas », et si c’est le cas, cela ne peut pas être imputé au gouvernement fédéral actuel comme le sont toutes les autres affirmations.
Invité à réagir, le PS indique que même si « les chiffres les plus récents datent effectivement de 2024, […] on constate une tendance qui s’accentue ces derniers mois. Le rapport annuel PME de GraydonCreditSafe-UCM-Unizo publié en mars 2026 montre que le taux de création nette d’entreprises est toujours en diminution. Si les données ne permettent pas encore de le vérifier avec certitude, on ne peut pas affirmer que cette déclaration est fausse étant donné le contexte de récession décrit (tel que le nombre de faillites qui augmente, la baisse de la consommation des ménages qui s’aggrave avec les mesures prises telles que les sauts d’index). Tout au plus, on peut dire qu’il s’agit d’une tendance qui n’est pas encore documentée. »
“Le taux d’emploi n’augmente pas”
La mesure du taux d’emploi, c’est-à-dire le ratio entre le nombre de personnes qui travaillent et le nombre de personnes en âge de travailler est généralement estimé par l’enquête sur les forces de travail trimestrielle publiée par Statbel. En Belgique, le dernier taux, lors du 1er trimestre de 2026 pour la population de 20-64 ans était de 72,8%.
Lors de l’entrée en fonction du gouvernement Arizona, en février 2025, il était de 72,6%. Il a ensuite augmenté à 73,3% pour se stabiliser depuis trois trimestres autour de 72,7%-72,8%.
Avant cela, sur la période post-Covid 2021-2024, le taux d’emploi avait globalement augmenté de 70% à 72%.
L’affirmation de Paul Magnette selon laquelle le taux d’emploi n’augmente pas est donc vraie.
“On a même 35.000 chômeurs en plus en Wallonie”
Contacté, l’entourage de Paul Magnette indique avoir consulté les chiffres du Forem, l’Office wallon de la formation professionnelle et de l’emploi, entre 2024, dernière année d’action du précédent gouvernement wallon et 2026.
Le tableau interactif du Forem renseigne 232.490 demandeurs d’emploi en moyenne en 2024 contre 267.221 en moyenne sur l’année 2026, qui est toujours en cours. La différence est de 34.731 demandeurs d’emploi, très proche du chiffre de 35.000 cité par Paul Magnette.

© RTBF / Capture d’écran montrant une différence d’environ 35.000 demandeurs d’emploi en Wallonie entre 2024 et 2026.
Cette méthode pose cependant deux problèmes.
D’une part, le chômage est cyclique, il augmente à peu près chaque année à la même période (en juillet, lorsque les jeunes sortent de l’école ou de formation et s’inscrivent au Forem) pour baisser à peu près chaque année à la même période (souvent au mois de novembre). En conséquence, on ne peut pas comparer une année complète (2024) avec une année incomplète (2026). On ne peut pas non plus comparer deux mois différents de deux années différentes, par exemple février 2025, mois d’arrivée de l’Arizona et juillet 2026, chiffres les plus récents.
Pour contourner cet écueil, il faudrait comparer le dernier chiffre disponible (juillet 2026 : 260.484 demandeurs d’emploi) avec le même mois de 2024 (242.079 demandeurs d’emploi). La différence n’est plus que de 18.405 demandeurs d’emploi.
D’autre part, les chiffres du Forem ont subi un changement de méthodologie suite à une décision du gouvernement wallon précédent, dans lequel figurait le PS et dont la ministre de l’Emploi était Christie Morreale (PS). À travers le décret relatif à l’accompagnement orienté coaching et solutions des chercheurs d’emploi du 12 novembre 2021, tous les demandeurs d’emploi doivent désormais être inscrits au Forem, ce qui n’était pas forcément le cas avant. L’objectif de cette réforme était d’avoir une vue plus réaliste, fidèle et complète de la population à la recherche d’un emploi.
Cela concerne par exemple des jeunes qui ne touchent pas le chômage, des exclus du chômage repris au CPAS, des personnes migrantes qui arrivent dans le pays et qui n’ont pas droit au chômage. Toutes ces personnes, par le passé, n’étaient pas obligées d’être inscrites au Forem, et étaient parfois automatiquement retirées des décomptes après trois mois. Aujourd’hui, elles sont inscrites et reprises dans la catégorie « Demandeurs d’emploi libres inoccupés » sans pour autant qu’on puisse en déduire qu’il y a plus de demandeurs d’emploi qu’avant.
Ce décret est entré en vigueur en décembre 2021. Et depuis lors, c’est bien cette catégorie de demandeurs d’emploi libres qui a explosé : 12.273 personnes en janvier 2022, 112.787 aujourd’hui, en partie avant les vagues d’exclusion du chômage qui sont venues grossir ce groupe, en partie après.
Car à cette réforme s’est ajoutée la réforme du chômage du gouvernement fédéral excluant les demandeurs d’emploi de plus de deux ans et les jeunes en stage d’insertion, ce qui a drastiquement fait baisser deux catégories (les demandeurs d’emplois demandeurs d’allocation, et les jeunes demandeurs d’emploi en stage d’insertion) mais qui a continué à alimenter la catégorie des demandeurs d’emploi libres inoccupés.
Autrement dit, en raison de ces deux réformes, les comparaisons statistiques sont impossibles.
La comparaison la plus pertinente, car elle évite l’effet de ceux des réformes, et la plus récente, consistera à comparer le dernier mois avant les premiers effets de la réforme du chômage (février 2026) avec d’autres mois de février, et sans tenir compte du nombre de demandeurs d’emploi sans les libres inoccupés.
- Février 2024 : 170.758
- Février 2025 : 172.719
- Février 2026 : 171.215
Cette comparaison donne alors des chiffres tout à fait stables, avec moins de 500 demandeurs d’emploi en plus en deux ans.
Paul Magnette a donc tort lorsqu’il indique qu’il y a 35.000 demandeurs d’emploi en plus en Wallonie. Et si le chiffre existe bel et bien sur le site du Forem, il ne tient pas compte des ruptures statistiques provoquées par la réforme de l’inscription au Forem et l’exclusion du chômage après deux ans.
Contacté, le PS conteste cette analyse et indique que « si l’on compare la moyenne des sept premiers mois de 2024 et la moyenne des sept premiers mois de 2026, on constate qu’il y avait 227.583 demandeurs d’emploi en 2024 contre 267.221 en 2026, soit une progression de 39.638 demandeurs d’emploi ».
Or ce calcul est à nouveau influencé par l’obligation d’inscription de tous les demandeurs d’emploi qui fausse les comparaisons. « Nous prenons en compte le nombre total de demandeurs d’emploi pour évaluer la situation sur le marché du travail car cela permet de neutraliser les changements réglementaires qui maquillent les chiffres du chômage sans que ces personnes ne soient réellement retournées à l’emploi », conteste le PS pour qui « On ne peut pas dire que le chiffre est faux. On peut tout au plus dire qu’il n’est pas possible de vérifier si, sans la réforme du chômage, il y aurait eu davantage ou moins de chômeurs indemnisés. »
Le PS maintient donc sa présentation des chiffres du chômage en Wallonie, malgré les ruptures statistiques expliquées.
En conclusion
Paul Magnette a globalement raison sur la plupart des sept points factuels évoqués sur La Première ce lundi matin. La croissance est bien proche de 0%, l’inflation proche des 4%, les taux d’intérêt qui augmentent, le nombre de faillites à un record, et le taux d’emploi qui n’augmente pas.
En revanche, les données disponibles ne permettent pas de trancher définitivement le fait que le taux de création de PME est au plus bas, ni de confirmer une augmentation de 35.000 demandeurs d’emploi en Wallonie. Sur ce dernier point, les comparaisons prudentes évitant les ruptures statistiques montrent plutôt un nombre de chômeurs stable en Wallonie, contrairement à ce qu’indique Paul Magnette.