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Non, le média allemand DW n'a pas couvert une pétition raciste, après l’élimination de la Mannschaft en Coupe du monde - Featured image

17 Juil: Non, le média allemand DW n’a pas couvert une pétition raciste, après l’élimination de la Mannschaft en Coupe du monde

L’Allemagne, qui n’avait plus franchi les phases de groupe en Coupe du Monde depuis son sacre de 2014, espérait cette année décrocher une cinquième étoile. Mais la Mannschaft a été éliminée en seizièmes de finale le 29 juin par le Paraguay, à l’issue d’une séance de tirs au but, provoquant déception et frustration chez ses supporters. Au lendemain de cette élimination, de nombreuses publications sur les réseaux sociaux affirmaient que la chaîne publique allemande Deutsche Welle (DW) aurait rapporté le lancement d’une pétition de supporters réclamant l’exclusion des joueurs supposés africains et musulmans de l’équipe nationale. Mais c’est faux: la DW a démenti avoir fait état d’une telle pétition et l’AFP n’en trouvé aucune trace crédible en ligne.

Les voitures rejettent-elles plus de chaleur que les climatiseurs, comme l’affirme François Gemenne ? - Featured image

09 Juil: Les voitures rejettent-elles plus de chaleur que les climatiseurs, comme l’affirme François Gemenne ?

Les voitures rejettent-elles plus de chaleur que les climatiseurs, comme l’affirme François Gemenne ?

Le climatologue François Gemenne a affirmé sur la chaîne de télévision française LCI que la circulation automobile génère davantage de chaleur que les systèmes de climatisation. Si les flux routiers s’avèrent effectivement plus émetteurs, la réalité est à nuancer selon le type de voiture, l’urbanisme et le nombre de climatiseurs en service.

© Getty Images et JOEL SAGET / AFP

© Getty Images et JOEL SAGET / AFP

© Getty Images et JOEL SAGET / AFP / Montage RTBF (François Gemenne, à gauche et voiture garée devant une climatisation en Argentine, à droite)

À peine retombée la plus intense vague de chaleur jamais enregistrée en Europe occidentale, les débats télévisés s’enflammaient encore ce dimanche 28 juin 2026 autour des conséquences d’un phénomène appelé, de toute évidence, à se répéter.

Ce fut notamment le cas sur la chaîne française LCI qui a organisé une discussion autour de cette question : « La canicule s’achève, le pire à venir à l’hôpital ? ». Sur le plateau, le spécialiste de la gouvernance du climat et des migrations, François Gemenne, a répondu en dénonçant notamment « le débat absurde sur la climatisation ».

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

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Selon le directeur de l’Observatoire Hugo à l’université de Liège, « sur les rejets de chaleur locaux, les voitures rejettent plus de chaleur que les climatiseurs ». Avant de poursuivre que si la climatisation a de « petits impacts sur l’environnement », elle a « d’énormes bénéfices sur la santé publique ».

L’affirmation du climatologue François Gemenne selon laquelle les voitures – en prenant en compte leur emplacement, leur carrosserie ou leur moteur – dégagent plus de chaleur que la climatisation est-elle exacte ?

Chaleur émise par les voitures à l’arrêt

Pour vérifier cette affirmation, il faut d’abord analyser l’empreinte thermique des véhicules. Sollicité par la RTBF, François Gemenne indique que ses conclusions concernant la chaleur émise par les voitures reposent notamment sur les données d’une étude mexicaine parue en 2022.

Les chercheurs ont modélisé différentes configurations de « canyons urbains » orientés nord-sud ou est-ouest, afin de mesurer la hausse des températures sur les façades liée au nombre de véhicules (0, 10 ou 20) immobilisés à un feu rouge. Les résultats montrent que l’orientation des rues et le vent jouent un rôle déterminant.

Ainsi, dans une rue est-ouest (ombragée toute la journée) et sans vent, l’arrêt des voitures fait grimper le thermomètre d’environ 1 °C (passant de 32 à 33 °C). En revanche, le phénomène s’emballe dans une rue nord-sud, beaucoup plus ensoleillée : à l’abri du vent, la présence des véhicules y fait bondir la température de 3,5 °C (de 38 à 41,5 °C), marquant un impact bien plus sévère.

Suivant ces conclusions, François Gemenne confirme que son « raisonnement est de dire que globalement, dans une ville comme Paris, qui est une ville très dense, peu climatisée mais très embouteillée, les rejets de chaleur engendrés par les véhicules sont très clairement supérieurs aux rejets de chaleur engendrés par les climatiseurs ». Avant d’ajouter que « c’est pareil pour Bruxelles, qui est également une ville très embouteillée et peu climatisée ».

Vague de chaleur : la canicule aurait engendré une surmortalité de 39% en Belgique, selon les premières analyses

Vague de chaleur : la canicule aurait engendré une surmortalité de 39% en Belgique, selon les premières analyses

Le climatologue nuance toutefois en précisant que cette étude est une modélisation sur l’impact sur une façade des rejets de chaleur des voitures immobilisées à un feu rouge sur pendant une période donnée et donc une version mathématique du terrain qui n’est jamais une réplique parfaite de la réalité.

L’urbaniste Clément Gaillard, spécialisé dans l’adaptation au changement climatique, abonde en ce sens. Cette étude mexicaine comporte des limites puisqu’elle porte sur une échelle « micro », qui varie d’une ville à l’autre, ou d’un quartier à l’autre, selon sa configuration. Autrement dit, outre l’orientation de la rue, la chaleur émise par les voitures « va beaucoup dépendre [sa] largeur : plus une rue est étroite plus ça va poser problème », précise l’expert.

 

Noire ou blanche

La configuration urbaine n’est pas la seule variable qui joue sur le niveau de chaleur émise par les voitures, toujours à l’arrêt. En effet, leurs couleurs et leurs matériaux sont des facteurs déterminants dans ces niveaux de chaleur.

Ainsi, une étude portugaise citée par François Gemenne, menée à Lisbonne, a montré que les véhicules noirs provoquaient une surchauffe très localisée, à quelques dizaines de centimètres du véhicule. Selon ces chercheurs, cette couleur a un niveau d’émissivité de 0,95 (soit la capacité d’un corps ou d’une surface à absorber et à émettre l’énergie rayonnée, comprise entre 0 (réflecteur parfait, donc aucun rayonnement propre) et 1 (émetteur et absorbeur parfait). À l’inverse, les voitures blanches ont un niveau d’émissivité de 0,85 et les voitures argentées de 0,80. Et donc, plus la carrosserie est de couleur claire, moins elle émet de chaleur.

En plus de la couleur, les matériaux qui constituent les voitures dégagent plus ou moins de chaleur. Ainsi, l’acier qui constitue la plus grande partie de la carrosserie a une conductivité thermique comprise 14,6 et 16 watts par mètre kelvin (W/m-K). Mais c’est surtout l’aluminium, deuxième matériau d’une carrosserie présent sur le capot ou le coffre, qui dégage le plus de chaleur avec une conductivité thermique comprise entre 225 et 235 W/m-K, selon cette étude. En résumé, les matériaux d’une voiture, à commencer par l’acier et l’aluminium renvoient énormément de chaleur du soleil préalablement absorbée.

Tableau 1. Propriétés radiatives et thermiques des peintures automobiles, des matériaux de construction automobile et de l’asphalte. Les pourcentages indiqués après les couleurs représentent leur proportion dans le parc automobile européen.
Catégorie Type / Matériau Albédo (α) / Densité (kg/m³) Émissivité (ε) / Capacité thermique (J/kg·K) Conductivité thermique (k) (W/m·K)
Peinture automobile Blanc (17,4 %) 0,75 – 0,85 0,85
Noir (19,9 %) 0,05 – 0,10 0,95
Argent (7,5 %) 0,50 – 0,60 0,80
Gris (24,0 %) 0,30 – 0,45 0,85
Bleu (16,9 %) 0,25 – 0,40 0,85
Asphalte Propriétés radiatives ~0,05 – 0,20 0,90 – 0,95
Matériel Acier 7500 468 – 502 14.6 – 16
Plastiques 1000 1250 0,1 – 0,5
Aluminium 2700 887 – 921 225 – 235
Caoutchouc 1000 1966 – 2005 0,08
Verre 2500 792 0,8 – 1
Asphalte 2500 ~920 0,7 – 1,0

Sources : M. Matias, G. Mills, T. Silva, C. Girotti, A. Lopes

Thermiques vs électriques

Si la couleur, les matériaux et l’orientation de la rue au feu rouge comptent, le type de moteur reste le facteur déterminant dans les émissions de chaleur du véhicule une fois le contact mis. C’est ce qu’indique François Gemenne lors de l’échange avec notre rédaction : « Il est certain que les voitures électriques ne rejettent pas de chaleur, comme les voitures qui ont un moteur à combustion ».

Une étude de 2014 publiée dans Nature concluait déjà que l’adoption des véhicules électriques présente un potentiel majeur pour l’atténuation des îlots de chaleur urbains grâce à des rejets thermiques inférieurs à ceux des véhicules non électriques. Ces chercheurs prenaient l’exemple de la ville de Pékin où les véhicules électriques ne généraient alors que 19,8% de la charge thermique des véhicules non électriques.

Selon eux, si tous les véhicules de Pékin étaient remplacés par des véhicules électriques, la ville serait environ 1 °C plus fraîche en été.

Une voiture [thermique] c’est essentiellement une machine à faire de l’air chaud

Clément Gaillard, urbaniste

Plus d’une décennie plus tard, le constat est le même. Selon l’étude portugaise citée ci-dessus qui date de 2025, les gaz d’une voiture thermique sont expulsés à une température d’environ 400 °C et la température de fonctionnement du moteur est d’environ 95 °C.

Clément Gaillard explique ainsi qu’en ce qui concerne les véhicules thermiques, « il n’y a que 20% de l’énergie produite qui se transforme en énergie pour faire avancer la voiture. Le reste, 80%, c’est de la chaleur. Une voiture [thermique] c’est essentiellement une machine à faire de l’air chaud ». À l’inverse, poursuit l’urbaniste, « le rendement d’un moteur électrique est proche de 100%. Il est presque parfait. »

Ainsi, plus le parc automobile d’une ville sera électrifié, moins la chaleur émise par les véhicules sera importante. C’est d’ailleurs ce que pointe François Gemenne lors de son échange avec notre rédaction : « on peut faire l’hypothèse par exemple que, à Bruxelles, les rejets de chaleur des voitures seraient un peu moins importants parce que le parc automobile belge est davantage électrique que le parc automobile français. »

En effet, selon les données de Ecoscore.be, transmises par l’administration bruxelloise, les véhicules électriques représentent 5,3% du parc automobile de Bruxelles. Tandis qu’à Paris, cette part avoisine les 4%.

Le bitume bout

Voitures électriques ou thermiques, une fois en mouvement elles convertissent de la même manière l’énergie cinétique en chaleur et leurs pneus frottent tout autant sur le bitume, créant aussi de la chaleur.

L’infographie ci-dessous détaille les différents effets d’absorption ou de réflexion de la chaleur par les voitures.

Impact des véhicules sur les environnements urbains (d’après Chapman & Thornes et Prusa et al.) © RTBF

Par ailleurs, peu importe le type de motorisation, une voiture a besoin d’équipements urbains pour rouler, à commencer par de vastes étendues d’asphalte chauffées par le soleil. Indispensables, ces voiries ont un impact clef sur les températures en ville. Selon l’étude portugaise citée ci-dessus, l’asphalte a un niveau d’émissivité élevé, de l’ordre de 0,90-0,95. Et donc aussi important qu’une voiture avec une carrosserie noire.

Toutefois, il semble difficilement imaginable aujourd’hui de supprimer les routes dans une ville, estime Clément Gaillard. Car « si elles servent effectivement à faire rouler des voitures, elles servent aussi aux camions qui nous livrent pour qu’on puisse manger, aux véhicules de secours quand on ne va pas bien, ou ceux de la police quand on a un problème… ». Avant d’ajouter que si c’est uniquement pour ces usages de première nécessité, alors ces voiries sont peut-être surdimensionnées : « on n’a pas besoin d’avoir des quatre voies ou des trois voies dans les rues pour cela ».

Comment adapter nos villes au changement climatique ? Testez par vous-même

Comment adapter nos villes au changement climatique ? Testez par vous-même

Outre la réduction de la surface bitumée en ville, il existe d’autres solutions pour réduire la chaleur rejetée par ces voiries exclusivement dédiées au passage des véhicules, comme la végétalisation des rues, la mise en place de points d’eau ou le développement de mobilité douce.

Chaleur des climatiseurs

Une fois l’émission de chaleur des véhicules décrite et expliquée, il convient de s’intéresser à la seconde partie de l’affirmation de François Gemenne qui la compare avec celle des climatiseurs. La première étant plus importante que la seconde, selon lui.

Aujourd’hui, la littérature académique est unanime : si les climatiseurs rafraîchissent bien les intérieurs, il est indéniable qu’ils réchauffent les rues, entre + 0,5 °C et + 2,3 °C selon les études.

C’est donc moins que la chaleur émise par les voitures, en prenant par exemple, l’étude mexicaine citée ci-dessus qui calculait une hausse de la température entre 1 °C et 3,5 °C selon l’orientation de la rue. Toutefois, les méthodologies de calcul diffèrent. Deux études reposant sur des méthodologies différentes ne permettent pas d’aboutir à une conclusion rigoureuse.

Pour aller plus loin, il convient de regarder quelles sont les projections du nombre de climatiseurs installés à l’avenir et l’endroit où ils sont disposés.

Climatiseurs et cheminées

Une étude française de 2020 a modélisé les conséquences d’une généralisation de la climatisation à l’horizon 2100. Selon ces auteurs, en cas de canicule extrême comparable à celle de 2003, la chaleur rejetée par les appareils entraînerait une hausse moyenne de la température extérieure supérieure à 0,25 °C sur l’ensemble de l’agglomération parisienne, avec des pointes nocturnes pouvant atteindre + 2,4 °C dans les secteurs les plus densément bâtis situés hors de la capitale française intra-muros.

Citer [notre étude] comme référence des ordres de grandeur parisiens, c’est donc citer un plancher, pas un plafond

Vincent Viguié, économiste

Sauf que pour l’un de ces coauteurs, Vincent Viguié, « la méthodologie employée [dans cette étude] sous-estime l’augmentation des températures, la résolution spatiale du modèle lissant les effets locaux les plus intenses ». Le chercheur estime que « citer [notre étude] comme référence des ordres de grandeur parisiens, c’est donc citer un plancher, pas un plafond ».

Selon une analyse du Réseau de Transport d’Électricité français, un logement sur deux devrait être équipé d’un climatiseur d’ici 2035, soit deux fois plus qu’aujourd’hui. En Belgique, la trajectoire sera la même : notre pays a connu une hausse de 17% des ventes de climatiseurs durant l’été 2025 par rapport à l’année précédente.

Les installateurs de climatisation dépassés par les demandes

Les installateurs de climatisation dépassés par les demandes

Pour limiter les effets de la chaleur des climatiseurs dans les rues, Clément Gaillard fait une analogie avec les cheminées : « si on a développé tout un savoir-faire pour faire évacuer la fumée [des habitations] vers le haut, c’était une manière de ne pas trop nuire à la ville. »

Une étude publiée en septembre 2025 dans la revue Science arrive au même constat : lorsque les rejets de chaleur sont positionnés au niveau de la toiture, l’air chauffé qui en résulte reste en altitude et se trouve balayé plus vite par le vent, ce qui limite son effet sur le bâtiment lui-même. Ce type d’installation permettrait donc de limiter certains inconvénients associés aux climatiseurs installés en façade.

Clim en hauteur = moins de chaleur

Puisque les véhicules électriques émettent moins de chaleur dans les rues que les thermiques, tout comme les climatiseurs placés en hauteur plutôt qu’en façade, quelle serait la meilleure solution pour diminuer la chaleur en ville : convertir le parc automobile en véhicules électriques, ou déplacer les climatiseurs sur les toits ?

C’est la question que se sont posée des chercheurs basés à Singapour, une ville où 80% des espaces sont climatisés. Dans leur étude, appliquant la même méthodologie aux émissions de chaleur des véhicules et à celles des climatiseurs, ils arrivent à une conclusion simple : placer 25% des climatiseurs sur les toitures permettrait de réduire 2,5 fois plus la température que de remplacer complètement des véhicules thermiques par des véhicules électriques.

Selon eux, si le passage à un parc automobile 100% électrique permettrait de faire baisser la température de l’air de maximum 0,6 °C, le déplacement d’un quart des climatiseurs vers les toits entraînerait une baisse de 1,5 °C.

 

Question d’échelle

Finalement, entre voiture et climatiseur, lequel pèse le plus lourd dans la surchauffe urbaine ? Tout est encore une question d’échelle, pointe l’urbaniste Clément Gaillard : l’étude mexicaine à laquelle fait notamment référence François Gemenne met en évidence un rôle dominant des véhicules thermiques sur certains axes routiers, tandis que celle de Singapour souligne le poids majeur et l’impact positif des systèmes de climatisation installés sur les toitures afin de limiter le réchauffement des rues.

Cette étude singapourienne ne vise pas tant à trancher la question de savoir s’il faut continuer à installer des climatiseurs, leur déploiement restera nécessaire pour des raisons de santé publique, mais plutôt à déterminer comment le faire pour maintenir des températures supportables dans les rues. Sans oublier que la décarbonation du parc automobile demeure, elle aussi, un levier supplémentaire pour réduire la chaleur urbaine.

Selon les données disponibles, et en tenant compte de la réalité actuelle de villes comme Paris ou Bruxelles, il est plutôt exact d’affirmer que les voitures rejettent plus de chaleur que les climatiseurs. Ce constat doit être nuancé selon les modèles de véhicules, la configuration des villes ou le taux d’équipement des ménages en air conditionné.

Non, les packs d’eau ne seront pas interdits à la vente à partir du 12 août 2026 à cause de l’Union européenne - Featured image

08 Juil: Non, les packs d’eau ne seront pas interdits à la vente à partir du 12 août 2026 à cause de l’Union européenne

Non, les packs d’eau ne seront pas interdits à la vente à partir du 12 août 2026 à cause de l’Union européenne

Des utilisateurs du réseau social X et une eurodéputée française indiquent que les bouteilles d’eau ne pourront plus être vendues par paquets avec emballage plastique à partir du mois d’août. Selon eux, un nouveau texte imposé par l’Union européenne contraindrait les supermarchés à vendre les bouteilles en plastique à la pièce. Un règlement européen prévoit effectivement de réduire les emballages à usage unique. Cependant, il n’est pas encore certain que les films plastiques actuellement utilisés disparaissent. Si c’était le cas, cette partie du règlement ne s’appliquerait de toute façon pas avant 2030.

© Getty Images / Image d’illustration représentant des packs d’eau dans un supermarché.

« Les packs d’eau groupés seront interdits par l’UE à partir du 12 août 2026. Vous devrez donc prendre vos bouteilles d’eau 1 par 1 au supermarché. C’est sûr qu’avec ça on va régler le problème de la canicule. Le texte de référence est le PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation – UE 2025/40) », indique un utilisateur sur le réseau social X.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Publié le 2 juillet 2026 par un compte définit comme « parodique », la publication de « KimJongUnique » a fait plus de 600.000 vues et a été partagée plus de 2000 fois depuis sa mise en ligne.

© Capture d’écran X / RTBF / Capture d’écran issue du réseau social X. La croix rouge a été ajoutée par la RTBF.

L’eurodéputée française Virginie Joron (Rassemblement National – Patriotes pour l’Europe) a également publié sur ses comptes Facebook et Instagram un texte qui indique que les packs d’eau allaient disparaître dans un peu plus d’un mois, en dénonçant une décision de l’Union européenne. La même publication, sur X cette fois, a accumulé plus de 195.000 « impressions » depuis sa mise en ligne le 1er juillet 2026.

« Canicule et besoin d’eau ? L’UE a encore fait fort ! Bruxelles va vous obliger à porter vos bouteilles d’eau une par une ? ! Le règlement PPWR entre en vigueur le 12 août 2026. Un des objectifs à terme : réduire les emballages groupés. Résultat concret : adieu les packs d’eau avec poignée, bonjour les bouteilles à transporter séparément. https://www.secoloditalia.it/…/lultima-genialata…/… Pour votre mal de dos, envoyez la facture de votre kiné à ceux qui ont voté pour ».

© Capture d’écran X / RTBF / Capture d’écran issue du réseau social X. La croix rouge a été ajoutée par la RTBF.

Le message de Mme Joron renvoie vers un article (version archivée ; version traduite automatiquement en français ici) du média italien « Secolo d’Italia », soutenu par l’extrême droite italienne, et titré : « La dernière idée « verte » de Bruxelles : adieu les packs d’eau, les bouteilles s’achèteront à l’unité ».

L’application d’une directive qui prend effet en 2030

Les différentes publications font référence au « PPWR ». Il s’agit de la « Packaging and Packaging Waste Regulation », soit le « Règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages ».

Ce règlement 2025/40 est un acte législatif contraignant adopté par l’Union européenne qui vise à « réduire au minimum les quantités d’emballages et de déchets générés tout en réduisant l’utilisation de matières premières primaires et en favorisant la transition vers une économie circulaire, durable et compétitive ». Il vise aussi a lutter contre les PFAS, ces polluants éternels présents dans certains emballages.

Le règlement européen s’inscrit également dans le cadre d’un accord entre les États membres pour fixer un objectif de réduction de 5% d’ici à 2030 par rapport à 2018 du volume total de déchets d’emballages dans l’UE, puis de 10% en 2035 et 15% d’ici à 2040. Cet accord prévoit globalement (dans l’article 5 du texte) que tous les emballages dans l’UE devront être recyclables à partir de 2030 et effectivement recyclés « à échelle » d’ici à 2035, « de façon à encourager l’essor d’une économie circulaire ».

Le règlement européen prévoit aussi différentes catégories afin de classer les déchets en fonction de leur recyclabilité :

  • A (recyclabilité supérieure ou égale à 95%)
  • B (supérieure à 80%)
  • C (supérieure ou égale à 70%)

« Les emballages d’une classe inférieure à la classe C devraient être considérés comme techniquement non recyclables et la mise sur le marché de ces emballages devrait être soumise à des restrictions », précise le texte.

Qu’en est-il des emballages en plastique des packs de bouteilles ?

Le film plastique souple, résistant et transparent qui maintient les bouteilles d’eau ou de soda en « pack » s’appelle un film de fardelage (ou film thermorétractable). Le plastique utilisé pour fabriquer ces films est composé de Polyéthylène Basse Densité et est dénommé généralement par ses initiales : PEBD.

Ce PEBD est actuellement utilisé par les industriels, essentiellement pour trois raisons :

  • **Pratique** : lors de l’emballage en usine, le film plastique est enroulé lâchement autour des bouteilles, puis le pack passe dans un tunnel chauffant. Sous l’effet de la chaleur, le plastique se rétracte (il rétrécit) de façon uniforme pour épouser et serrer fermement les bouteilles entre elles. Ce phénomène est appelé thermorétractabilité.
  • **Flexibilité et résistance** : le PEBD possède une structure moléculaire ramifiée (ses chaînes de polymères ont beaucoup de ramifications, contrairement au PEHD rigide des bouteilles de lait). Cela lui donne sa souplesse, sa capacité à s’étirer sans se déchirer facilement, et une excellente résistance aux chocs durant le transport.
  • **Transparence** : cela permet aux consommateurs de voir la marque et le produit à travers l’emballage.

Contrairement aux films fins de l’industrie agroalimentaire qui intègrent souvent des barrières dites « complexes » (comme du polyamide), le film de fardelage des packs d’eau est historiquement un plastique 100% pur PEBD. Par ailleurs, le PEBD est recyclable, mais son processus de recyclage est plus complexe que ceux du PET ou du PEHD. Accepté par exemple dans les sacs bleus de Bruxelles-Propreté, il est parfois refusé par d’autres programmes de collecte sélective.

Que dit précisément le règlement européen au sujet de ces emballages ?

Le règlement européen 2025/40 vise la disparition, à terme, des emballages à usage unique. L’annexe V de ce PPWR prévoit spécifiquement le cas des « Emballages groupés en plastique à usage unique ». Leur usage en est restreint s’ils sont « utilisés au point de vente » et « conçus comme des emballages pratiques permettant aux consommateurs d’acheter plusieurs exemplaires du produit ou les encourageant à le faire. » Concrètement, une grande surface ne pourra plus utiliser ce type de films pour rassembler plusieurs produits, afin d’en faire une promotion spécifique, par exemple.

« Les emballages groupés nécessaires pour faciliter la manipulation », comme ceux utilisés pour assembler des bouteilles et en faire packs d’eau, sont « exclus » de ces restrictions.

L’industrie du packaging se pose actuellement la question de l’interprétation de cette annexe V : un pack de six bouteilles d’eau maintenu par un film plastique est-il jugé comme « nécessaire pour faciliter manipulation » ?

Des acteurs industriels font valoir des arguments techniques contre cette éventuelle interdiction et une interprétation restrictive qui les contraindraient à se tourner vers d’autres solutions comme le carton, par exemple. Ils jugent que son utilisation pour faire des paquets de bouteilles serait moins pertinente pour des raisons d’hygiène ou de transfert d’odeurs avec le carton humide. Par ailleurs, ils estiment que l’interdiction de ces films de fardage serait contre-productive puisqu’elle pousserait à utiliser des matériaux jugés moins vertueux.

Pourtant, le sort définitif de cette partie de l’annexe V qui concerne ces films de fardelage pour le transport vers les magasins n’est pas à 100% figé d’ici 2030. La Commission européenne a publié un document d’orientation et une FAQ (Foire Aux Questions) afin de donner des précisions sur l’application du règlement et de son Annexe V. Elle y indique notamment qu’elle fournira des lignes directrices d’ici le mois de février 2027 concernant les questions liées à l’interprétation du texte sur l’utilisation de ces films plastiques pour le transport des packs de boissons et leur manipulation.

Pas de suppression des packs en 2026, mais des changements prévus d’ici à 2030

Concernant les délais d’application, le PPWR n’est pas un texte qui rentre entièrement en vigueur à une date unique. Le règlement intègre un calendrier échelonné, où chaque catégorie de mesure a sa propre date d’application inscrite explicitement dans l’article correspondant.

La date du 12 août 2026 mentionnée dans les publications analysées correspond à la date d’application générale du règlement. La mise en application officielle du règlement a eu lieu le 11 février 2025, et elle sera mise en œuvre dans tous les pays membres à partir de ce 12 août 2026. Cela concerne notamment les limites concernant les matériaux qui contiennent des PFAS. Ce qui devient réellement illégal à partir de cette date, ce sont les emballages alimentaires contenant des PFAS au-dessus des seuils fixés.

L’article 25 du PPWR, fixe cependant une date différente et volontairement plus tardive concernant l’utilisation de certains emballages mentionnés dans l’annexe V, comme les films de fardelage : le 1er janvier 2030.

D’autres changements prévus par le PPWR impacteront également les packs d’eau, tels qu’ils sont commercialisés actuellement, à cette échéance. Il s’agit cependant d’éléments invisibles à l’œil nu :

  • Pour l’éventuel film plastique qui pourra encore entourer les bouteilles pour le transport : d’ici 2030, la loi imposera qu’il contienne au moins 35% de PEBD recyclé (rPEBD).
  • Pour les bouteilles en plastique PET : ces bouteilles devront intégrer au moins 30% de PET recyclé (rPET) en 2030, puis 65% en 2040.

Par ailleurs, des alternatives comme les bacs de plastique solides avec des bouteilles consignées en plastique réutilisables ou en verre sont possibles dans le cas où ces plastiques seraient totalement proscrits. C’est d’ailleurs un système de « consigne » qui doit être mis en place à terme par les États membres, selon le règlement PPWR.

 

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22 Juin: Non, la BBC n’a pas révélé que « 70.000 mercenaires français » combattent en Ukraine

Les acteurs de la désinformation prorusse prennent régulièrement pour cible l’Ukraine et ses alliés depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022, usant de modes opératoires récurrents destinés à diffuser et amplifier au maximum de fausses informations sur les réseaux sociaux. Des comptes relayant régulièrement ce type de propagande ont ainsi diffusé mi-juin 2026 des publications affirmant que « 70 000 mercenaires français » combattraient aux côtés de l’Ukraine, en s’appuyant sur une supposée déclaration du ministère des Affaires étrangères. Mais c’est faux, et les publications diffusées usurpent l’identité de médias français et britanniques. 

Coupe du monde : ces images de jeunes femmes dans les stades sont générées par IA - Featured image

18 Juin: Coupe du monde : ces images de jeunes femmes dans les stades sont générées par IA

Coupe du monde : ces images de jeunes femmes dans les stades sont générées par IA

Des images de jeunes femmes présentes dans les stades lors des matchs de la Coupe du monde circulent de façon virale sur les réseaux sociaux. Ces vidéos, générées avec de l’intelligence artificielle, se basent sur des stéréotypes de la « femme sexy ». Créés à l’aide de logiciels très accessibles, ces contenus servent des intérêts économiques à travers une industrie basée sur des fausses influenceuses entièrement générées par IA et de contenus pour adultes payants.

© Capture d’écran Instagram

La vidéo d’une supportrice brésilienne, présente au stade lors du match entre le Maroc et le Brésil terminé sur un partage (1-1) ce 14 juin 2026 cumule des millions de vues sur plusieurs plateformes en ligne. Si la scène est devenue virale, c’est notamment en raison du contexte des images. Un homme est filmé, les yeux rivés sur le décolleté de sa voisine : une supportrice qui porte un t-shirt aux couleurs brésiliennes.

Le commentaire en anglais indique : « Eh bien, on dirait qu’on a surpris quelqu’un là. Et maintenant il l’a joue cool après avoir réalisé qu’il était sur le grand écran. Hahaha. Retour à l’action dans ce match à un partout entre le Brésil et le Maroc ».

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

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Sur Instagram, la vidéo a été reprise par de nombreux comptes, à l’échelle mondiale.

Le 16 juin, un compte francophone dédié au football a publié des captures de la vidéo avec le commentaire suivant : « Un fan brésilien était tellement concentré sur ce qui se passait à côté de lui pendant le match qu’il n’avait pas réalisé que les caméras le diffusaient en direct à l’échelle mondiale. Tout allait bien jusqu’à ce qu’il lève les yeux et se voie sur l’écran géant. La panique sur son visage en disait long : à ce moment-là, il s’est souvenu que des millions de personnes le regardaient. » Cette publication a été « likée » par plus de 5200 personnes.

Ce contenu a notamment été réutilisé par des comptes en espagnol. Un « reel » reprenant la même séquence a cumulé plus de 3,4 millions de « vues » depuis sa mise en ligne le 15 juin. Sur X aussi, la vidéo est devenue virale avec 9,5 millions de « vues ». Au total, ce sont des centaines de publications qui ont été générées à partir de cette vidéo, totalisant des centaines de millions de vues sur Facebook, Reddit ou encore Youtube et TikTok.

Une vidéo générée par IA

En analysant la vidéo virale, plusieurs incohérences apparaissent :

  • Alors que les images défilent, le chrono reste figé à 54 : 19.
  • Le logo de ESPN apparaît à l’image alors que [le match n’a pas été diffusé par cette chaîne](https://www.espn.com/soccer/story/_/id/49026946/fifa-world-cup-2026-brazil-vs-morocco-kickoff-how-watch-stats-team-news).
  • La voix du commentateur est robotique et « métallique », typique des sons générés par les IA génératives.

Nous avons également analysé la vidéo avec le détecteur de vidéos générées à l’aide de l’intelligence artificielle générative, Hive Moderation. Le résultat de l’outil indique « 99,9% de probabilités que le contenu soit un deepfake ou généré par IA ».

© Capture d’écran Hive Moderation / Le détecteur Hive Moderation indique 99,9% de probabilités que le contenu soit un deepfake ou généré par IA.

Le logiciel identifie également que le contenu a très probablement été créé à l’aide du logiciel Seedance 2.0. Cet outil permet, moyennant paiement, de générer une courte vidéo à partir d’une description, un prompt. Il permet aussi de se baser sur une image existante, réelle ou générée par IA, pour fabriquer la vidéo. 

La publication originale est issue du compte d’une fausse « influenceuse »

Parmi les publications analysées, nous avons également retrouvé sur Instagram la vidéo originale. Celle-ci a été publiée le 15 juin 2026 par une utilisatrice appelée « Chiara Cleo ». Ce « reel » a fait à lui seul 36,5 millions de « vues » depuis sa mise en ligne et recueilli plus de 580 mille « J’aime ».

Les autres images affichées sur son profil correspondent au physique de la « supportrice brésilienne » de la vidéo. L’analyse de plusieurs publications indique que cette personne n’existe pas. Toutes les photos et vidéos analysées (Exemples : 1, 2, 3) relèvent la présence de l’utilisation d’outil d’IA générative. Il s’agit d’une « influenceuse IA » : une personne a imaginé cette influenceuse, elle a créée ensuite des comptes sur les réseaux sociaux et alimente ses plateformes à partir de contenus synthétiques.

La majorité des contenus proposés par « Chiara Cleo » la montre légèrement vêtue, se promenant dans des lieux publics ou tenant des propos avec des sous-entendus à caractère ouvertement sexuel. La première « story à la une« , renvoie vers un lien. Il s’agit d’une « page d’atterrissage » qui renvoie ensuite vers une page « fanvue ».

Fanvue est une plateforme de contenus à caractère érotique et sexuel). Comparable à OnlyFans ou MYM, cette plateforme d’abonnement et de monétisation se distingue par l’intégration des outils d’intelligence artificielle et la possibilité de monétiser des contenus via des faux profils et contenus, entièrement générés par IA.

331.000 utilisateurs d’Instagram suivent « Chiara Cleo » et les commentaires en dessous des vidéos indiquent clairement que de nombreux utilisateurs imaginent qu’il s’agit d’une personne réelle.

Un modèle économique basé sur l’utilisation du corps des femmes et de l’IA

Il existe aujourd’hui tout un secteur d’agences qui créent des « influenceuses » entièrement ou partiellement synthétiques. Ces fausses influenceuses animent leurs comptes Instagram et/ou TikTok pour construire une audience, puis monétisent leurs contenus via des plateformes comme Fanvue ou des programmes d’affiliation à des plateformes de caméras en « live ». Elles utilisnet également des outils de redirections de liens pour contourner les mesures de protection mises en place par les plateformes. 

Le cas de « Chiara Cleo » n’est pas unique. Lors de nos recherches, nous avons rencontré des dizaines de vidéos de jeunes femmes présentées dans des stades de la Coupe du monde 2026.

© Capture d’écran réseaux sociaux / Des images de jeunes femmes présentes dans les stades de la Coupe du monde 2026 et générées à l’aide d’IA sont diffusées largement sur les réseaux sociaux.

La tendance de ces images de femmes dans les stades générées par IA a démarré au début de mai 2026.

Cette « trend » née en Corée du Sud a démarré après la diffusion d’une vidéo montrant une jeune femme assistant à un match de baseball, comme l’indique le média « 20 minutes ». La vidéo a rapidement été détectée comme ayant été créé avec de l’IA à l’aide du filigrane « KingAI3.0 » intégré à l’image. Le commentaire l’accompagnant, à savoir « La femme coréenne lambda », a également été dénoncé comme étant sexiste

© Capture d’écran X / Une publication générale par IA publiée sur X le 2 mai 2026 est à l’origine d’une tendance virale sur les réseaux sociaux.

Depuis, les techniques pour recréer ces contenus potentiellement viraux se partagent sur les réseaux. Certains influenceurs vendent même des packs avec les « prompts » et les tuyaux pour recréer ce type de contenus. À l’aide d’outils accessibles au grand public, comme CapCut, il suffit de reprendre une vidéo existante, de fournir l’image d’une personne, réelle ou pas pour ensuite obtenir une vidéo similaire.

Toutes ces vidéos n’ont donc pas forcément été générées à partir de modèles artificiels. Certaines utilisatrices utilisent leurs propres images et l’IA pour se représenter dans un stade afin de montrer leur soutien à leur pays.

L’utilisation et la sexualisation de l’image de la femme, comme présentée dans ces vidéos générée à l’aide de l’IA et l’exploitation commerciale qui en est parfois faite par des hommes, alimentent la question des standards de beauté et l’impact qu’ils peuvent avoir sur la perception que les femmes peuvent avoir d’elles-mêmes, notamment chez les plus jeunes. 

Endiguer l'épidémie d'Ebola, une tâche difficile freinée par la désinformation - Featured image

16 Juin: Endiguer l’épidémie d’Ebola, une tâche difficile freinée par la désinformation

Le retour de l’épidémie d’Ebola depuis mi-mai en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda s’accompagne d’une résurgence des fausses informations autour de cette maladie virale. Dans les zones infectées fleurissent les narratifs complotistes, qui prétendent par exemple que le virus aurait été sciemment introduit par le gouvernement, les ONG ou bien encore des acteurs étrangers pour servir leurs propres intérêts. D’autres rumeurs affirment à tort que l’épidémie aurait touché le Libéria, le Ghana et la Sierra Léone, que telle plante pourrait guérir la maladie ou bien nient carrément l’existence même du virus. Ces récits, largement relayés sur les réseaux sociaux, fragilisent la confiance du public et entravent très concrètement le travail des équipes engagées sur le terrain. Ce qui empêche in fine d’endiguer correctement l’épidémie. 

Les Engagés ont-ils trahi leurs promesses de campagne sur la revalorisation salariale des profs et les deux périodes supplémentaires devant la classe ? - Featured image

12 Juin: Les Engagés ont-ils trahi leurs promesses de campagne sur la revalorisation salariale des profs et les deux périodes supplémentaires devant la classe ?

Les Engagés ont-ils trahi leurs promesses de campagne sur la revalorisation salariale des profs et les deux périodes supplémentaires devant la classe ?

Une publication en ligne dénonce le décalage entre le programme électoral des Engagés et les mesures votées au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles concernant l’enseignement. Parmi ces mesures, on retrouve l’ajout de deux périodes face à la classe pour les enseignants du secondaire supérieur, sans contrepartie financière. Le décalage entre les propositions des Engagés dans leur programme avec le texte voté est manifeste. Si le sentiment d’avoir été trompé est bien réel pour certains électeurs, cet écart entre le programme et les faits ne s’apparente cependant pas, selon les politologues, à une « trahison » mais davantage à une « confrontation avec le réel ».

© © Tous droits réservés / Des personnes se rassemblent pour une manifestation d’enseignants devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à Bruxelles, le jeudi 4 juin 2026.

Le vote du décret-programme en Fédération Wallonie-Bruxelles et particulièrement les mesures qui prévoient la réforme de l’enseignement suscitent la colère d’une partie du corps enseignant, d’élèves, de parents et de l’opposition. Le gouvernement MR-Les Engagés espère économiser 500 millions d’euros d’ici 2029 pour réduire le déficit budgétaire de la FWB.

Le 26 mai, plusieurs centaines de directions d’écoles de l’enseignement libre ont manifesté devant le siège des Engagés pour dénoncer les décisions du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles concernant l’enseignement. Un mouvement de grogne actif notamment du côté de l’enseignement libre, dont les liens avec l’ancien parti social-chrétien, PSC (devenu cdH, puis Les Engagés) sont historiques, qui illustre le sentiment que certains électeurs qui ont voté pour Les Engagés en 2024 se sentent aujourd’hui trahis.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

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C’est dans ce contexte que le compte « Profpascontent » a publié un « carrousel » (ndlr : une suite de plusieurs visuels à faire défiler sur les réseaux sociaux), sur son compte Instagam et sur Facebook, le 4 juin 2026. Une publication partagée par le compte « marsattackfwb », du nom du collectif d’acteurs de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles (profs, directions, parents et élèves) Mars Attack, né en mars 2026 pour contester les réformes budgétaires et scolaires de la majorité MR- Les Engagés.

La publication, constituée de dix visuels a accumulé plus de 8300 « J’aime » et près de 1000 partages depuis sa mise en ligne. La première image reprend le texte : « Désolé J’ai fait une erreur J’ai voté pour Les Engagés en 2024 ».

La légende de la publication débute par ce texte : « J’ai voté Les Engagés en 2024. Aujourd’hui, je m’en excuse. Pas parce que j’ai été déçu par une ambiance ou un changement de ton. Mais parce que j’avais fait le travail : j’avais lu leur programme. Noir sur blanc. Et aujourd’hui, je le relis, ligne par ligne, en face de ce que cette majorité MR – Les Engagés fait vraiment. Le résultat dans ce carrousel ». Plus loin on peut lire au sujet des Engagés : « Le parti du « courage de changer » fait aujourd’hui exactement l’inverse de ce qu’il m’avait promis. »

Parmi les dix visuels, nous avons choisi de vérifier plusieurs informations liées aux augmentations de salaire et aux deux périodes supplémentaires face à la classe. L’un des points clés du décret programme.

Deux heures devant la classe, prestées sans salaire supplémentaire

La cinquième visualisation de la publication analysée indique :

« PROMIS :

© Capture d’écran Instagram / Extrait d’un carrousel publié par les comptes Instagram de « Mars Attacks » et de « profpascontent ».

Ce texte fait référence à la partie du décret programme qui prévoit que les professeurs du secondaire supérieur (4e, 5e et 6e années) devront prester deux périodes supplémentaires de cours par semaine de 50 minutes dès la rentrée de l’année scolaire 2026-2027. Leur horaire va donc passer de 20 à 22 périodes de 50 minutes devant la classe. Soit une augmentation du temps de travail face à des élèves de 10%. Un accroissement du temps de travail qui engendre également du temps de travail supplémentaire, en préparation, accompagnement et corrections selon les opposants à la réforme et cela sans revalorisation salariale prévue en lien avec cette charge horaire supplémentaire.

Des mesures d’économies annoncées en octobre 2025 et votées ce 5 juin 2026 par la majorité

Cette disposition fait partie des mesures validées lors d’un vote au Parlement de la Fédération Wallonnie Bruxelles (FWB) par ce vote du décret-programme. Il s’agit de l’augmentation de la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur sans compensation salariale.

Ces mesures s’inscrivent dans le plan d’économies annoncé en octobre 2025 par la majorité MR- Les Engagés pour réduire le déficit chronique de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elles visent à faire quelque 500 millions d’euros d’économies, sur un budget global de 15 milliards d’euros environ d’ici 2029 afin de réduire le déficit à 1,2 milliard par an, au lieu d’1,6 milliard actuellement.

Parmi les partis qui ont voté en faveur de ce décret programme le 5 juin 2026, on retrouve l’ensemble des députés Engagés, à l’exception de l’abstention de Mathilde Vandorpe.

Que disait le programme des Engagés en 2024 ?

Mais que contenait le programme des Engagés pour les élections de 2024 concernant l’enseignement et, en particulier, les propositions qui visaient le salaire et le temps de travail des enseignants ?

Le « Programme national pour les élections 2024 » des Engagés est un document de 701 pages. Parmi ces 701 pages, deux chapitres sont spécifiquement orientés « Enseignement ». Un volet « enseignement obligatoire » et un volet « enseignement supérieur et recherche », pour un total de plus de 63 pages consacrées de près ou de loin à l’enseignement.

Une revalorisation de salaire de 10% pour tous les enseignants ?

Dans un chapitre intitulé « Lutter contre la pénurie et revaloriser la fonction des enseignants », section 1.2 « Mieux rémunérer les enseignants et modifier leur statut » (ndlr : page 329-330) le programme des Engagés de 2024 indique : « Afin qu’une revalorisation salariale soit soutenable budgétairement et afin de lutter contre la pénurie, celle-ci devra être associée avec une augmentation des périodes consacrées à l’encadrement des élèves ».

Après avoir évoqué les enjeux liés aux statuts des professeurs et leur « nécessaire modernisation », le programme indique :

« En ce qui concerne l’enseignement, dans l’attente de cette modernisation et au vu du souhait de revalorisation salariale, nous souhaitons laisser le choix aux enseignants entre le statut de nomination actuel et un statut alternatif comprenant les éléments suivants :

– Un engagement sur base d’un contrat à durée indéterminée pour les enseignements qui ne sont pas déjà nommés.

– Une revalorisation salariale de minimum 10%.

– Une augmentation du temps en classe de deux périodes consacrées à l’encadrement ou au soutien des élèves, sauf en début et en fin de carrière. »

Le projet de nouveau statut « CDI », pas abouti

Le projet écrit par Les Engagés envisageait de permettre aux enseignants d’opter pour un statut « alternatif » à la nomination. Ce projet de changement de statut, vise à remplacer celui de la nomination par un CDI. Dans le programme des Engagés, ce nouveau statut « CDI » serait accompagné d’une augmentation salariale de « minimum 10% » en lien avec une augmentation « du temps en classe de deux périodes ».

Contactés par nos soins, Les Engagés indiquent : « Il n’a pas été prévu dans le programme d’augmenter de facto le salaire de tous les enseignants de 10%, mais bien de ceux qui seraient engagés en CDI. Aujourd’hui, le projet de « CDI enseignants » n’est pas encore finalisé. Cette augmentation n’est donc pas à l’ordre du jour. »

Les discussions autour du changement de statut se confrontent à d’autres contraintes budgétaires. Selon l’avant-projet de décret, un basculement généralisé vers le CDI ferait fortement augmenter les cotisations patronales supportées par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le surcoût pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d’euros, selon Trends/Tendances. Les discussions à ce sujet sont actuellement en suspens, en l’absence de solutions concrètes. Les 10% d’augmentation salariale prévue dans ce cadre sont donc, à ce stade, gelés.

Deux périodes supplémentaires devant la classe pour les enseignants du secondaire supérieur

Concernant les deux heures supplémentaires, comme l’indique la publication sur Instagram, le décret-programme prévoit en effet le passage de 20 périodes à 22 périodes de 50 minutes supplémentaires devant la classe à partir de la rentrée 2026 pour les professeurs du secondaire supérieur.

Les enseignants de l’enseignement spécialisé ne sont pas concernés par cette augmentation du temps de travail. Par ailleurs, les enseignants qui entament leur première année d’enseignement (qui prestent plus d’un mi-temps) et ceux de plus de 60 ans peuvent bénéficier d’un aménagement équivalent sous forme de missions pédagogiques ou d’accompagnement.

Diminution de salaire prévue au prorata et augmentation de 5% pour les diplômés en quatre ans

Concernant le « retrait de 9% sur le salaire » évoqué dans le texte en cas de refus de prester les deux périodes devant la classe prévues, le décret-programme une réduction automatique de la rémunération au prorata. Si un professeur refuse de dispenser deux heures sur les 22 devenues obligatoires, il ne s’agit dès lors plus d’un temps plein.

Le salaire brut sera mécaniquement réduit à hauteur des heures non effectuées, soit une diminution mathématique d’environ 9,1% du salaire brut (2/22), puisqu’il manquerait deux heures sur 22 par rapport au salaire complet lié à un temps plein.

Enfin, l’augmentation salariale de 5% évoquée dans la publication pour « une poignée de jeunes enseignants » ne figure pas dans le nouveau décret-programme. Elle correspond aux revalorisations déjà prévues dans le cadre de la réforme de la formation initiale (master en quatre ans au lieu de trois ans d’études), un dossier distinct.

Le nouveau barème, acté le 30 janvier 2026, « s’appliquera aux titulaires d’un master en enseignement entrant dans la profession à partir de la rentrée 2027 ». Elle concernera donc, à terme, l’ensemble des enseignants qui sont dorénavant formés en quatre ans.

Un décalage justifié par la « nécessité de pérenniser notre système éducatif »

Le décret-programme voté ce 5 juin ne correspond effectivement pas au projet des Engagés de 2024. L’ambition de permettre volontairement aux enseignants de prester deux périodes supplémentaires devant la classe en échange d’une revalorisation d’au minimum 10% de salaire et de l’abandon du statut de la nomination n’est pas aboutie à ce stade.

Le passage de 20 à 22 périodes devant la classe pour les professeurs du secondaire supérieur sans augmentation salariale en contrepartie ne figure pas dans le programme. S’il envisageait une augmentation de deux heures de cours, c’était dans un cadre précis qui prévoyait, en contrepartie, une revalorisation salariale.

Du côté des Engagés, ce décalage est expliqué par la situation budgétaire. Le parti indique à la RTBF que « les décisions qui ont été prises ne l’ont pas été de gaieté de cœur. On est conscient qu’elles demandent un effort et qu’elles ne sont pas faciles ».

Les Engagés indiquent assumer ces mesures parce qu’elles sont « nécessaires pour pérenniser notre système éducatif ». « Le déficit est passé de 300 millions d’euros en 2019 à près de 1,5 milliard aujourd’hui. Sans intervention, la dette pourrait atteindre 21 milliards d’euros à l’horizon 2029. Dans un budget consacré pour plus de la moitié à l’enseignement obligatoire, essentiellement composé de dépenses salariales, les marges de manœuvre sont extrêmement limitées ». Pour le parti : « Stabiliser les finances de la Fédération n’est donc pas un choix de confort, mais une nécessité pour préserver durablement sa capacité à financer ses missions essentielles. »

Les Engagés ont-ils trahi leurs électeurs ?

Ce décalage entre le programme et les mesures votées par Les Engagés peut-il être considéré comme une trahison par les électeurs ?

Les programmes des partis sont parfois en décalage avec les mesures votées une fois au pouvoir pour plusieurs raisons : « Cela peut être de la trahison, cela peut être dû au fait qu’on promet une chose mais qu’on sait très bien qu’on ne va pas la tenir. Cela peut être la dimension qui impose de faire des compromis avec son ou ses partenaires de coalition, et on n’obtient donc pas nécessairement tout ce que l’on souhaitait. Cela peut être aussi lié la confrontation au réel », explique Jean Faniel, directeur général du CRISP (Centre de recherche et d’information socio-politiques).

Concernant le jeu des coalitions, résultat de notre système électoral proportionnel, il impose notamment de trouver des accords avec d’autres partis pour former des majorités. Aucun parti n’exécute donc son programme à la lettre.

Les élus ont une certaine autonomie par rapport à leurs programmes

« En Belgique, le mandat impératif n’existe pas. On ne confie pas aux élus un mandat auquel ils doivent se tenir sans avoir la possibilité d’avoir une certaine autonomie, une certaine indépendance, une prise de distance par rapport à leurs promesses », indique Jean Faniel.

Soit dans le cas présent parce que le parti doit faire des compromis, des concessions. Soit parce que la situation évolue et qu’il se confronte au réel.

« Dans le cas des Engagés, notamment par la voix de la ministre présidente et ministre du budget Elisabeth Degryse, il y a également l’idée de la confrontation au réel. C’est-à-dire qu’on aimerait bien faire plein de choses, mais on n’a pas les sous pour le faire », indique encore le docteur en sciences politiques. « Donc en termes d’analyse politique, on peut difficilement parler de trahison. On peut néanmoins constater qu’il y a des écarts avec ce qui a été promis, ou qui en tout cas était souhaité, ou annoncé dans le programme du parti. »

« Après, évidemment, on peut aussi entrer dans les détails. Il y a notamment un contre-rapport qui a été fait par des économistes qui montrent que la situation de la communauté française sur le plan budgétaire n’est pas aussi catastrophique que ce qui est annoncé par le monde politique », indique Jean Faniel. Ce contre-rapport estime que le diagnostic « d’insoutenabilité » des finances de la FWB repose sur une lecture contestable de la situation budgétaire de l’entité.

Des écarts réels entre le programme et les mesures votées

En dépit des nuances factuelles qui accompagnent la publication de « Mars Attacks » et « profpascontent », l’analyse des positions entre le programme des Engagés et ce que le parti a voté en matière d’augmentation de travail et des salaires dans l’enseignement montre effectivement des écarts. Ces écarts alimentent le sentiment de certains électeurs d’avoir été « trahis ».

Cependant, en Belgique, le mandat impératif n’existe pas et les élus ont une certaine autonomie et de l’indépendance par rapport aux programmes présentés lors des campagnes électorales. Par ailleurs, la constitution de coalitions impose de faire des concessions par rapport au projet présenté devant les électeurs.

Enfin, la « confrontation au réel », à savoir ici la situation budgétaire difficile de la FWB, impose parfois aux partis de revoir leurs copies. Dans ce contexte, chaque électeur est à même de se positionner sur la pertinence des choix ou des renoncements effectués par le parti pour lequel il a voté.