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Non, les packs d’eau ne seront pas interdits à la vente à partir du 12 août 2026 à cause de l’Union européenne - Featured image

08 Juil: Non, les packs d’eau ne seront pas interdits à la vente à partir du 12 août 2026 à cause de l’Union européenne

Non, les packs d’eau ne seront pas interdits à la vente à partir du 12 août 2026 à cause de l’Union européenne

Des utilisateurs du réseau social X et une eurodéputée française indiquent que les bouteilles d’eau ne pourront plus être vendues par paquets avec emballage plastique à partir du mois d’août. Selon eux, un nouveau texte imposé par l’Union européenne contraindrait les supermarchés à vendre les bouteilles en plastique à la pièce. Un règlement européen prévoit effectivement de réduire les emballages à usage unique. Cependant, il n’est pas encore certain que les films plastiques actuellement utilisés disparaissent. Si c’était le cas, cette partie du règlement ne s’appliquerait de toute façon pas avant 2030.

© Getty Images / Image d’illustration représentant des packs d’eau dans un supermarché.

« Les packs d’eau groupés seront interdits par l’UE à partir du 12 août 2026. Vous devrez donc prendre vos bouteilles d’eau 1 par 1 au supermarché. C’est sûr qu’avec ça on va régler le problème de la canicule. Le texte de référence est le PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation – UE 2025/40) », indique un utilisateur sur le réseau social X.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Publié le 2 juillet 2026 par un compte définit comme « parodique », la publication de « KimJongUnique » a fait plus de 600.000 vues et a été partagée plus de 2000 fois depuis sa mise en ligne.

© Capture d’écran X / RTBF / Capture d’écran issue du réseau social X. La croix rouge a été ajoutée par la RTBF.

L’eurodéputée française Virginie Joron (Rassemblement National – Patriotes pour l’Europe) a également publié sur ses comptes Facebook et Instagram un texte qui indique que les packs d’eau allaient disparaître dans un peu plus d’un mois, en dénonçant une décision de l’Union européenne. La même publication, sur X cette fois, a accumulé plus de 195.000 « impressions » depuis sa mise en ligne le 1er juillet 2026.

« Canicule et besoin d’eau ? L’UE a encore fait fort ! Bruxelles va vous obliger à porter vos bouteilles d’eau une par une ? ! Le règlement PPWR entre en vigueur le 12 août 2026. Un des objectifs à terme : réduire les emballages groupés. Résultat concret : adieu les packs d’eau avec poignée, bonjour les bouteilles à transporter séparément. https://www.secoloditalia.it/…/lultima-genialata…/… Pour votre mal de dos, envoyez la facture de votre kiné à ceux qui ont voté pour ».

© Capture d’écran X / RTBF / Capture d’écran issue du réseau social X. La croix rouge a été ajoutée par la RTBF.

Le message de Mme Joron renvoie vers un article (version archivée ; version traduite automatiquement en français ici) du média italien « Secolo d’Italia », soutenu par l’extrême droite italienne, et titré : « La dernière idée « verte » de Bruxelles : adieu les packs d’eau, les bouteilles s’achèteront à l’unité ».

L’application d’une directive qui prend effet en 2030

Les différentes publications font référence au « PPWR ». Il s’agit de la « Packaging and Packaging Waste Regulation », soit le « Règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages ».

Ce règlement 2025/40 est un acte législatif contraignant adopté par l’Union européenne qui vise à « réduire au minimum les quantités d’emballages et de déchets générés tout en réduisant l’utilisation de matières premières primaires et en favorisant la transition vers une économie circulaire, durable et compétitive ». Il vise aussi a lutter contre les PFAS, ces polluants éternels présents dans certains emballages.

Le règlement européen s’inscrit également dans le cadre d’un accord entre les États membres pour fixer un objectif de réduction de 5% d’ici à 2030 par rapport à 2018 du volume total de déchets d’emballages dans l’UE, puis de 10% en 2035 et 15% d’ici à 2040. Cet accord prévoit globalement (dans l’article 5 du texte) que tous les emballages dans l’UE devront être recyclables à partir de 2030 et effectivement recyclés « à échelle » d’ici à 2035, « de façon à encourager l’essor d’une économie circulaire ».

Le règlement européen prévoit aussi différentes catégories afin de classer les déchets en fonction de leur recyclabilité :

  • A (recyclabilité supérieure ou égale à 95%)
  • B (supérieure à 80%)
  • C (supérieure ou égale à 70%)

« Les emballages d’une classe inférieure à la classe C devraient être considérés comme techniquement non recyclables et la mise sur le marché de ces emballages devrait être soumise à des restrictions », précise le texte.

Qu’en est-il des emballages en plastique des packs de bouteilles ?

Le film plastique souple, résistant et transparent qui maintient les bouteilles d’eau ou de soda en « pack » s’appelle un film de fardelage (ou film thermorétractable). Le plastique utilisé pour fabriquer ces films est composé de Polyéthylène Basse Densité et est dénommé généralement par ses initiales : PEBD.

Ce PEBD est actuellement utilisé par les industriels, essentiellement pour trois raisons :

  • **Pratique** : lors de l’emballage en usine, le film plastique est enroulé lâchement autour des bouteilles, puis le pack passe dans un tunnel chauffant. Sous l’effet de la chaleur, le plastique se rétracte (il rétrécit) de façon uniforme pour épouser et serrer fermement les bouteilles entre elles. Ce phénomène est appelé thermorétractabilité.
  • **Flexibilité et résistance** : le PEBD possède une structure moléculaire ramifiée (ses chaînes de polymères ont beaucoup de ramifications, contrairement au PEHD rigide des bouteilles de lait). Cela lui donne sa souplesse, sa capacité à s’étirer sans se déchirer facilement, et une excellente résistance aux chocs durant le transport.
  • **Transparence** : cela permet aux consommateurs de voir la marque et le produit à travers l’emballage.

Contrairement aux films fins de l’industrie agroalimentaire qui intègrent souvent des barrières dites « complexes » (comme du polyamide), le film de fardelage des packs d’eau est historiquement un plastique 100% pur PEBD. Par ailleurs, le PEBD est recyclable, mais son processus de recyclage est plus complexe que ceux du PET ou du PEHD. Accepté par exemple dans les sacs bleus de Bruxelles-Propreté, il est parfois refusé par d’autres programmes de collecte sélective.

Que dit précisément le règlement européen au sujet de ces emballages ?

Le règlement européen 2025/40 vise la disparition, à terme, des emballages à usage unique. L’annexe V de ce PPWR prévoit spécifiquement le cas des « Emballages groupés en plastique à usage unique ». Leur usage en est restreint s’ils sont « utilisés au point de vente » et « conçus comme des emballages pratiques permettant aux consommateurs d’acheter plusieurs exemplaires du produit ou les encourageant à le faire. » Concrètement, une grande surface ne pourra plus utiliser ce type de films pour rassembler plusieurs produits, afin d’en faire une promotion spécifique, par exemple.

« Les emballages groupés nécessaires pour faciliter la manipulation », comme ceux utilisés pour assembler des bouteilles et en faire packs d’eau, sont « exclus » de ces restrictions.

L’industrie du packaging se pose actuellement la question de l’interprétation de cette annexe V : un pack de six bouteilles d’eau maintenu par un film plastique est-il jugé comme « nécessaire pour faciliter manipulation » ?

Des acteurs industriels font valoir des arguments techniques contre cette éventuelle interdiction et une interprétation restrictive qui les contraindraient à se tourner vers d’autres solutions comme le carton, par exemple. Ils jugent que son utilisation pour faire des paquets de bouteilles serait moins pertinente pour des raisons d’hygiène ou de transfert d’odeurs avec le carton humide. Par ailleurs, ils estiment que l’interdiction de ces films de fardage serait contre-productive puisqu’elle pousserait à utiliser des matériaux jugés moins vertueux.

Pourtant, le sort définitif de cette partie de l’annexe V qui concerne ces films de fardelage pour le transport vers les magasins n’est pas à 100% figé d’ici 2030. La Commission européenne a publié un document d’orientation et une FAQ (Foire Aux Questions) afin de donner des précisions sur l’application du règlement et de son Annexe V. Elle y indique notamment qu’elle fournira des lignes directrices d’ici le mois de février 2027 concernant les questions liées à l’interprétation du texte sur l’utilisation de ces films plastiques pour le transport des packs de boissons et leur manipulation.

Pas de suppression des packs en 2026, mais des changements prévus d’ici à 2030

Concernant les délais d’application, le PPWR n’est pas un texte qui rentre entièrement en vigueur à une date unique. Le règlement intègre un calendrier échelonné, où chaque catégorie de mesure a sa propre date d’application inscrite explicitement dans l’article correspondant.

La date du 12 août 2026 mentionnée dans les publications analysées correspond à la date d’application générale du règlement. La mise en application officielle du règlement a eu lieu le 11 février 2025, et elle sera mise en œuvre dans tous les pays membres à partir de ce 12 août 2026. Cela concerne notamment les limites concernant les matériaux qui contiennent des PFAS. Ce qui devient réellement illégal à partir de cette date, ce sont les emballages alimentaires contenant des PFAS au-dessus des seuils fixés.

L’article 25 du PPWR, fixe cependant une date différente et volontairement plus tardive concernant l’utilisation de certains emballages mentionnés dans l’annexe V, comme les films de fardelage : le 1er janvier 2030.

D’autres changements prévus par le PPWR impacteront également les packs d’eau, tels qu’ils sont commercialisés actuellement, à cette échéance. Il s’agit cependant d’éléments invisibles à l’œil nu :

  • Pour l’éventuel film plastique qui pourra encore entourer les bouteilles pour le transport : d’ici 2030, la loi imposera qu’il contienne au moins 35% de PEBD recyclé (rPEBD).
  • Pour les bouteilles en plastique PET : ces bouteilles devront intégrer au moins 30% de PET recyclé (rPET) en 2030, puis 65% en 2040.

Par ailleurs, des alternatives comme les bacs de plastique solides avec des bouteilles consignées en plastique réutilisables ou en verre sont possibles dans le cas où ces plastiques seraient totalement proscrits. C’est d’ailleurs un système de « consigne » qui doit être mis en place à terme par les États membres, selon le règlement PPWR.

 

Un climatiseur mobile sans tuyau de sortie, ni unité extérieure à 138 euros ? Attention, à cette arnaque - Featured image

01 Juil: Un climatiseur mobile sans tuyau de sortie, ni unité extérieure à 138 euros ? Attention, à cette arnaque

Un climatiseur mobile sans tuyau de sortie, ni unité extérieure à 138 euros ? Attention, à cette arnaque

Sur plusieurs sites et applications d’information, des publicités vantent les mérites d’un climatiseur « révolutionnaire ». Un nouveau système qui permettrait de bénéficier de la climatisation sans installation lourde, sans unité extérieure et sans tuyaux d’évacuation. Le tout pour un prix bien en dessous de ceux affichés pour des climatiseurs mobiles d’entrée de gamme. Derrière les marques Coolizi, Jiuberry, Epicooler, CollingAce ou Breezo par exemple, se cachent pourtant des arnaques.

© Capture d’écran / L’image utilisée pour illustrer l’histoire de « Thomas » l’ingénieur à l’origine de Coolix a été générée à l’aide de l’IA.

Suite à la vague de chaleur qui a touché notre pays en cette fin de mois de juin, de nombreuses personnes se sont renseignées sur les systèmes qui permettent de refroidir leurs logements, de nombreuses personnes se sont renseignées sur les systèmes qui permettent de refroidir leurs logements. Très logiquement, suivant l’algorithme de leurs recherches, elles ont ensuite été exposées à des publicités pour des climatiseurs.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Dans ce contexte, des publicités faisant la promotion d’un « climatiseur sans unité extérieure qui fait fureur en France », accompagnées d’un visuel marquant, sont diffusées largement sur des sites et applications d’information en Belgique francophone et en France. Suite à la diffusion de l’une de ces publicités sur le site de la RTBF et sur son application RTBF Actus, plusieurs internautes ont signalé ces contenus.

© Capture d’écran RTBF / Captures d’écran de l’application RTBF Actus (30/06/2026)

Un publireportage basé sur « une belle histoire »

Dans l’article vers lequel les internautes sont renvoyés, l’histoire commence par « Thomas », un ingénieur décrit tantôt comme lyonnais, tantôt parisien. Cet ingénieur « bouleverse l’industrie du refroidissement » avec l’invention d’un climatiseur au concept simple qui vise à « aspirer l’air chaud, le refroidir rapidement et le rejeter ». « Sans compresseur, sans réfrigérant et sans la facture d’électricité qui les accompagne ».

Après la construction d’un « prototype fonctionnel », le résultat est décrit de la sorte : « Un refroidissement réel dans n’importe quelle pièce, en moins de deux minutes, sans machines encombrants (sic.), sans réfrigérant et sans installation coûteuse ».

Suivent alors des témoignages élogieux de personnes au sujet de ce « climatiseur révolutionnaire ». Exemple : « ‘J’ai installé le prototype dans mon salon alors qu’il faisait 35°C et j’ai appuyé sur le bouton », se souvient un certain M. Beaumont. « En deux minutes, le thermomètre affichait 17°C. J’ai refait le test quatre fois pour en être certain.' »

Enfin, la page décrit un produit appelé « Coolizi », avant de le proposer à la vente via un lien, en ces termes :

  • Refroidit n’importe quelle pièce de 35 °C à 17 °C en moins de 2 minutes – testé, reproductible, constant
  • Jusqu’à 90% de consommation électrique en moins qu’une climatisation classique –
  • Fonctionne pendant des heures avec une faible consommation
  • Aucune installation requise – branchez et appuyez sur un bouton
  • Silencieux (< 40 dB) – plus silencieux qu’une bibliothèque, utilisable la nuit
  • Ultra portable (moins de 1 kg) – facile à déplacer de la chambre au bureau

Des performances irréalistes d’après les principes de la thermodynamique

Francesco Contino, professeur à l’Ecole Polytechnique de l’UCLouvain, a analysé les caractéristiques affichées de l’appareil vendu. « Les propriétés techniques décrites sur le site concernant cet appareil sont aberrantes en termes scientifiques », explique l’expert des questions énergétiques. « Il y a des incohérences évidentes en matière de respect des principes de la thermodynamique qui indiquent que la fiche technique est certainement mensongère ». Parmi les éléments, il y a notamment :

  • **Des performances irréalistes** : passer de 35 degrés à 17 degrés (- 18 degrés) en moins de 2 minutes pour « n’importe quelle pièce » est physiquement impossible pour un appareil mobile de moins de 1 kg. Un climatiseur capable d’un tel exploit nécessiterait une puissance colossale, bien loin d’un modèle portable sans installation.
  • **Consommation électrique très faible** : l’affirmation « jusqu’à 90% de consommation électrique en moins » est un argument marketing classique pour des ventilateurs ou rafraîchisseurs d’air (qui utilisent de l’eau en plus), mais ces appareils ne sont pas des climatiseurs et ne peuvent pas faire chuter la température d’une pièce entière de manière significative.
  • **Absence de tuyau d’évacuation** : pour réellement refroidir une pièce, la chaleur doit être évacuée vers l’extérieur, comme c’est notamment le cas avec les climatiseurs mobiles qui possèdent un tuyau qui doit être posé à l’extérieur afin d’évacuer l’air chaud aspiré de la pièce. Un appareil « sans installation » qui ne fait que souffler de l’air (éventuellement humidifié) peut donner une sensation d’un air rafraîchi mais ne réduit pas la température ambiante globale.

Un vrai climatiseur portable est plus lourd, en raison notamment du compresseur, et nécessite toujours un tuyau d’évacuation pour l’air chaud extrait de la pièce.

Des techniques marketings bien rodées pour organiser une arnaque

Au-delà des performances irréalistes, le prix affiché de 138 euros par pièce, et encore moins élevé en cas d’achat groupé, est particulièrement compétitif pour un appareil avec les performances affichées. Les prix d’entrée de gamme d’un climatiseur portable équipés d’un tuyau d’évacuation et d’un compresseur, élément essentiel de l’appareil qui permet de faire circuler le fluide frigorigène et d’augmenter sa pression et sa température pour permettre le transfert de chaleur, se situent entre 200 et 300 euros.

Le site frauduleux joue également sur une série de techniques marketings pour pousser à l’achat et maximiser les profits. Des supports visuels utilisés ont été générés par avec l’aide de l’IA (1, 2).

© Capture d’écran en ligne / Des visuels générés par IA sont utilisés sur des sites pour vendre des « climatiseurs révolutionnaires ».

La publicité évoque une promotion de 60% sur le prix pour afficher un prix aussi compétitif. Pour un produit dont la « demande explose », cela n’a pas de sens en tenant compte du principe économique de la loi de l’offre et de la demande. Si un produit est très demandé, son prix aura tendance a augmenté plutôt qu’à baisser s’il est conforme et légitime. Il s’agit par ailleurs d’une technique manipulatrice documentée déjà largement mise en évidence par des associations de consommateurs sous la dénomination anglophone « dark patterns ».

Autre technique mise en œuvre, la baisse de prix en fonction du volume. Au moment de passer commande, le site vous propose des offres encore plus attractives. 137,99 euros si vous achetez une pièce, mais 249,99 euros pour deux (125 euros/pièce), 339,99 euros (120 euros/pièce) pour trois et 399,99 euros pour quatre pièces (100 euros/pièce). Le consommateur est incité à acheter en volume. Dans le cas d’une fraude, comme c’est le cas ici, les auteurs de l’arnaque maximisent leurs profits en poussant à l’achat sur le volume.

Enfin, une autre technique de vente classique éprouvée et appliquée ici, jouer sur la supposée rareté ou la pénurie du produit. « Il nous reste actuellement environ 3200 unités en stock. Une fois écoulées, il faudra attendre au moins 8 semaines avant la prochaine livraison », indique la page.

Un ventilateur mural basique, s’il arrive

En faisant une recherche en ligne sur les noms des produits vendus, nous avons retrouvé une publication d’un site dédié au signalement des arnaques. Sur ce site, un article publié le 26 juin 2026 détaille une enquête menée sur un « réseau de faux climatiseurs qui écume la canicule 2026 ». Parmi les marques citées, nous retrouvons le « Coolizi ».

Dans cette publication, l’auteur explique que « Coolizi, Coolzy, Breezo, Cooling Ace, Jiuberry » sont « cinq marques de climatiseurs portables qui ne sont en réalité qu’une seule et même boutique, cachée derrière des sociétés écrans à Hong Kong et aux États-Unis » et que les produits sont en réalité expédiés depuis Guangzhou, en Chine.

Il explique également que les publireportages qui font la promotion de ces « innovations françaises » utilisent le même texte, quasiment mot pour mot et que seule des détails et la marque change.

Une autre enquête publiée par le site Clubic, évoque de son côté un autre climatiseur : « l’Epicooler ». Basé sur les mêmes caractéristiques, l’article détaille le procédé frauduleux en ligne des marques et l’utilisation d’images générées par IA. Concernant les personnes qui ont commandé ces climatiseurs, plusieurs d’entre elles indiquent qu’elles rencontrent de nombreux problèmes au niveau de la commande et dans le processus de livraison. Clubic indique : « Ceux qui reçoivent finalement un colis finissent par recevoir un ventilateur mural basique. »

Des espaces publicitaires concédés par les médias

Mais comment les publicités de ces produits frauduleux se retrouvent sur des plateformes comme celles de la RTBF ?

Une part importante de la publicité en ligne est aujourd’hui commercialisée via des plateformes d’achat et de vente automatisées. Les éditeurs de médias y mettent à disposition une partie de leurs espaces publicitaires, qui sont ensuite vendus en temps réel à des annonceurs au sein d’un écosystème de publicité programmatique.

Dans ce modèle, les médias qui commercialisent des espaces publicitaires n’entretiennent pas de relation directe avec chacun des annonceurs présents sur ces places de marché automatisées. « Malgré les mécanismes de contrôle mis en œuvre par les plateformes publicitaires et les éditeurs, certaines campagnes trompeuses peuvent exceptionnellement être diffusées avant d’être détectées puis retirées »,, indique Christophe Chantrenne, responsable des plateformes digitales de la RTBF.

En ce qui concerne les publicités renvoyant vers la page « Coolizi » depuis RTBF Actus, M. Chantenne indique qu’elles « ont été signalées et retirées des plateformes concernées ».

Encadré

Que faire si j’ai été victime de la fraude ?

Si vous avez été victime d’une de ces arnaques au climatiseur, vous pouvez contester la transaction que vous avez effectué via le site « Ma Carte »

Il s’agit de la possibilité de faire appel au « chargeback » ou à la rétrofacturation. Si vous avez acheté quelque chose en ligne avec Visa et que le produit a été livré en mauvais état, ne correspondait pas à ce que vous aviez acheté ou n’a pas été livré, et que le commerçant ne vous offre pas de solution, vous pourriez récupérer votre argent. 

Vous devez introduire votre contestation de paiement, généralement dans un délai de 30 à 90 jours suivant la transaction ou la date de livraison prévue.

Si vous avez utilisé la plateforme Paypal, vous pouvez ouvrir un litige.

Vous pouvez aussi signaler la fraude via la plateforme « Consumer Connect » du SPF Finances.

Les Engagés ont-ils trahi leurs promesses de campagne sur la revalorisation salariale des profs et les deux périodes supplémentaires devant la classe ? - Featured image

12 Juin: Les Engagés ont-ils trahi leurs promesses de campagne sur la revalorisation salariale des profs et les deux périodes supplémentaires devant la classe ?

Les Engagés ont-ils trahi leurs promesses de campagne sur la revalorisation salariale des profs et les deux périodes supplémentaires devant la classe ?

Une publication en ligne dénonce le décalage entre le programme électoral des Engagés et les mesures votées au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles concernant l’enseignement. Parmi ces mesures, on retrouve l’ajout de deux périodes face à la classe pour les enseignants du secondaire supérieur, sans contrepartie financière. Le décalage entre les propositions des Engagés dans leur programme avec le texte voté est manifeste. Si le sentiment d’avoir été trompé est bien réel pour certains électeurs, cet écart entre le programme et les faits ne s’apparente cependant pas, selon les politologues, à une « trahison » mais davantage à une « confrontation avec le réel ».

© © Tous droits réservés / Des personnes se rassemblent pour une manifestation d’enseignants devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à Bruxelles, le jeudi 4 juin 2026.

Le vote du décret-programme en Fédération Wallonie-Bruxelles et particulièrement les mesures qui prévoient la réforme de l’enseignement suscitent la colère d’une partie du corps enseignant, d’élèves, de parents et de l’opposition. Le gouvernement MR-Les Engagés espère économiser 500 millions d’euros d’ici 2029 pour réduire le déficit budgétaire de la FWB.

Le 26 mai, plusieurs centaines de directions d’écoles de l’enseignement libre ont manifesté devant le siège des Engagés pour dénoncer les décisions du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles concernant l’enseignement. Un mouvement de grogne actif notamment du côté de l’enseignement libre, dont les liens avec l’ancien parti social-chrétien, PSC (devenu cdH, puis Les Engagés) sont historiques, qui illustre le sentiment que certains électeurs qui ont voté pour Les Engagés en 2024 se sentent aujourd’hui trahis.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

C’est dans ce contexte que le compte « Profpascontent » a publié un « carrousel » (ndlr : une suite de plusieurs visuels à faire défiler sur les réseaux sociaux), sur son compte Instagam et sur Facebook, le 4 juin 2026. Une publication partagée par le compte « marsattackfwb », du nom du collectif d’acteurs de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles (profs, directions, parents et élèves) Mars Attack, né en mars 2026 pour contester les réformes budgétaires et scolaires de la majorité MR- Les Engagés.

La publication, constituée de dix visuels a accumulé plus de 8300 « J’aime » et près de 1000 partages depuis sa mise en ligne. La première image reprend le texte : « Désolé J’ai fait une erreur J’ai voté pour Les Engagés en 2024 ».

La légende de la publication débute par ce texte : « J’ai voté Les Engagés en 2024. Aujourd’hui, je m’en excuse. Pas parce que j’ai été déçu par une ambiance ou un changement de ton. Mais parce que j’avais fait le travail : j’avais lu leur programme. Noir sur blanc. Et aujourd’hui, je le relis, ligne par ligne, en face de ce que cette majorité MR – Les Engagés fait vraiment. Le résultat dans ce carrousel ». Plus loin on peut lire au sujet des Engagés : « Le parti du « courage de changer » fait aujourd’hui exactement l’inverse de ce qu’il m’avait promis. »

Parmi les dix visuels, nous avons choisi de vérifier plusieurs informations liées aux augmentations de salaire et aux deux périodes supplémentaires face à la classe. L’un des points clés du décret programme.

Deux heures devant la classe, prestées sans salaire supplémentaire

La cinquième visualisation de la publication analysée indique :

« PROMIS :

© Capture d’écran Instagram / Extrait d’un carrousel publié par les comptes Instagram de « Mars Attacks » et de « profpascontent ».

Ce texte fait référence à la partie du décret programme qui prévoit que les professeurs du secondaire supérieur (4e, 5e et 6e années) devront prester deux périodes supplémentaires de cours par semaine de 50 minutes dès la rentrée de l’année scolaire 2026-2027. Leur horaire va donc passer de 20 à 22 périodes de 50 minutes devant la classe. Soit une augmentation du temps de travail face à des élèves de 10%. Un accroissement du temps de travail qui engendre également du temps de travail supplémentaire, en préparation, accompagnement et corrections selon les opposants à la réforme et cela sans revalorisation salariale prévue en lien avec cette charge horaire supplémentaire.

Des mesures d’économies annoncées en octobre 2025 et votées ce 5 juin 2026 par la majorité

Cette disposition fait partie des mesures validées lors d’un vote au Parlement de la Fédération Wallonnie Bruxelles (FWB) par ce vote du décret-programme. Il s’agit de l’augmentation de la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur sans compensation salariale.

Ces mesures s’inscrivent dans le plan d’économies annoncé en octobre 2025 par la majorité MR- Les Engagés pour réduire le déficit chronique de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elles visent à faire quelque 500 millions d’euros d’économies, sur un budget global de 15 milliards d’euros environ d’ici 2029 afin de réduire le déficit à 1,2 milliard par an, au lieu d’1,6 milliard actuellement.

Parmi les partis qui ont voté en faveur de ce décret programme le 5 juin 2026, on retrouve l’ensemble des députés Engagés, à l’exception de l’abstention de Mathilde Vandorpe.

Que disait le programme des Engagés en 2024 ?

Mais que contenait le programme des Engagés pour les élections de 2024 concernant l’enseignement et, en particulier, les propositions qui visaient le salaire et le temps de travail des enseignants ?

Le « Programme national pour les élections 2024 » des Engagés est un document de 701 pages. Parmi ces 701 pages, deux chapitres sont spécifiquement orientés « Enseignement ». Un volet « enseignement obligatoire » et un volet « enseignement supérieur et recherche », pour un total de plus de 63 pages consacrées de près ou de loin à l’enseignement.

Une revalorisation de salaire de 10% pour tous les enseignants ?

Dans un chapitre intitulé « Lutter contre la pénurie et revaloriser la fonction des enseignants », section 1.2 « Mieux rémunérer les enseignants et modifier leur statut » (ndlr : page 329-330) le programme des Engagés de 2024 indique : « Afin qu’une revalorisation salariale soit soutenable budgétairement et afin de lutter contre la pénurie, celle-ci devra être associée avec une augmentation des périodes consacrées à l’encadrement des élèves ».

Après avoir évoqué les enjeux liés aux statuts des professeurs et leur « nécessaire modernisation », le programme indique :

« En ce qui concerne l’enseignement, dans l’attente de cette modernisation et au vu du souhait de revalorisation salariale, nous souhaitons laisser le choix aux enseignants entre le statut de nomination actuel et un statut alternatif comprenant les éléments suivants :

– Un engagement sur base d’un contrat à durée indéterminée pour les enseignements qui ne sont pas déjà nommés.

– Une revalorisation salariale de minimum 10%.

– Une augmentation du temps en classe de deux périodes consacrées à l’encadrement ou au soutien des élèves, sauf en début et en fin de carrière. »

Le projet de nouveau statut « CDI », pas abouti

Le projet écrit par Les Engagés envisageait de permettre aux enseignants d’opter pour un statut « alternatif » à la nomination. Ce projet de changement de statut, vise à remplacer celui de la nomination par un CDI. Dans le programme des Engagés, ce nouveau statut « CDI » serait accompagné d’une augmentation salariale de « minimum 10% » en lien avec une augmentation « du temps en classe de deux périodes ».

Contactés par nos soins, Les Engagés indiquent : « Il n’a pas été prévu dans le programme d’augmenter de facto le salaire de tous les enseignants de 10%, mais bien de ceux qui seraient engagés en CDI. Aujourd’hui, le projet de « CDI enseignants » n’est pas encore finalisé. Cette augmentation n’est donc pas à l’ordre du jour. »

Les discussions autour du changement de statut se confrontent à d’autres contraintes budgétaires. Selon l’avant-projet de décret, un basculement généralisé vers le CDI ferait fortement augmenter les cotisations patronales supportées par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le surcoût pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d’euros, selon Trends/Tendances. Les discussions à ce sujet sont actuellement en suspens, en l’absence de solutions concrètes. Les 10% d’augmentation salariale prévue dans ce cadre sont donc, à ce stade, gelés.

Deux périodes supplémentaires devant la classe pour les enseignants du secondaire supérieur

Concernant les deux heures supplémentaires, comme l’indique la publication sur Instagram, le décret-programme prévoit en effet le passage de 20 périodes à 22 périodes de 50 minutes supplémentaires devant la classe à partir de la rentrée 2026 pour les professeurs du secondaire supérieur.

Les enseignants de l’enseignement spécialisé ne sont pas concernés par cette augmentation du temps de travail. Par ailleurs, les enseignants qui entament leur première année d’enseignement (qui prestent plus d’un mi-temps) et ceux de plus de 60 ans peuvent bénéficier d’un aménagement équivalent sous forme de missions pédagogiques ou d’accompagnement.

Diminution de salaire prévue au prorata et augmentation de 5% pour les diplômés en quatre ans

Concernant le « retrait de 9% sur le salaire » évoqué dans le texte en cas de refus de prester les deux périodes devant la classe prévues, le décret-programme une réduction automatique de la rémunération au prorata. Si un professeur refuse de dispenser deux heures sur les 22 devenues obligatoires, il ne s’agit dès lors plus d’un temps plein.

Le salaire brut sera mécaniquement réduit à hauteur des heures non effectuées, soit une diminution mathématique d’environ 9,1% du salaire brut (2/22), puisqu’il manquerait deux heures sur 22 par rapport au salaire complet lié à un temps plein.

Enfin, l’augmentation salariale de 5% évoquée dans la publication pour « une poignée de jeunes enseignants » ne figure pas dans le nouveau décret-programme. Elle correspond aux revalorisations déjà prévues dans le cadre de la réforme de la formation initiale (master en quatre ans au lieu de trois ans d’études), un dossier distinct.

Le nouveau barème, acté le 30 janvier 2026, « s’appliquera aux titulaires d’un master en enseignement entrant dans la profession à partir de la rentrée 2027 ». Elle concernera donc, à terme, l’ensemble des enseignants qui sont dorénavant formés en quatre ans.

Un décalage justifié par la « nécessité de pérenniser notre système éducatif »

Le décret-programme voté ce 5 juin ne correspond effectivement pas au projet des Engagés de 2024. L’ambition de permettre volontairement aux enseignants de prester deux périodes supplémentaires devant la classe en échange d’une revalorisation d’au minimum 10% de salaire et de l’abandon du statut de la nomination n’est pas aboutie à ce stade.

Le passage de 20 à 22 périodes devant la classe pour les professeurs du secondaire supérieur sans augmentation salariale en contrepartie ne figure pas dans le programme. S’il envisageait une augmentation de deux heures de cours, c’était dans un cadre précis qui prévoyait, en contrepartie, une revalorisation salariale.

Du côté des Engagés, ce décalage est expliqué par la situation budgétaire. Le parti indique à la RTBF que « les décisions qui ont été prises ne l’ont pas été de gaieté de cœur. On est conscient qu’elles demandent un effort et qu’elles ne sont pas faciles ».

Les Engagés indiquent assumer ces mesures parce qu’elles sont « nécessaires pour pérenniser notre système éducatif ». « Le déficit est passé de 300 millions d’euros en 2019 à près de 1,5 milliard aujourd’hui. Sans intervention, la dette pourrait atteindre 21 milliards d’euros à l’horizon 2029. Dans un budget consacré pour plus de la moitié à l’enseignement obligatoire, essentiellement composé de dépenses salariales, les marges de manœuvre sont extrêmement limitées ». Pour le parti : « Stabiliser les finances de la Fédération n’est donc pas un choix de confort, mais une nécessité pour préserver durablement sa capacité à financer ses missions essentielles. »

Les Engagés ont-ils trahi leurs électeurs ?

Ce décalage entre le programme et les mesures votées par Les Engagés peut-il être considéré comme une trahison par les électeurs ?

Les programmes des partis sont parfois en décalage avec les mesures votées une fois au pouvoir pour plusieurs raisons : « Cela peut être de la trahison, cela peut être dû au fait qu’on promet une chose mais qu’on sait très bien qu’on ne va pas la tenir. Cela peut être la dimension qui impose de faire des compromis avec son ou ses partenaires de coalition, et on n’obtient donc pas nécessairement tout ce que l’on souhaitait. Cela peut être aussi lié la confrontation au réel », explique Jean Faniel, directeur général du CRISP (Centre de recherche et d’information socio-politiques).

Concernant le jeu des coalitions, résultat de notre système électoral proportionnel, il impose notamment de trouver des accords avec d’autres partis pour former des majorités. Aucun parti n’exécute donc son programme à la lettre.

Les élus ont une certaine autonomie par rapport à leurs programmes

« En Belgique, le mandat impératif n’existe pas. On ne confie pas aux élus un mandat auquel ils doivent se tenir sans avoir la possibilité d’avoir une certaine autonomie, une certaine indépendance, une prise de distance par rapport à leurs promesses », indique Jean Faniel.

Soit dans le cas présent parce que le parti doit faire des compromis, des concessions. Soit parce que la situation évolue et qu’il se confronte au réel.

« Dans le cas des Engagés, notamment par la voix de la ministre présidente et ministre du budget Elisabeth Degryse, il y a également l’idée de la confrontation au réel. C’est-à-dire qu’on aimerait bien faire plein de choses, mais on n’a pas les sous pour le faire », indique encore le docteur en sciences politiques. « Donc en termes d’analyse politique, on peut difficilement parler de trahison. On peut néanmoins constater qu’il y a des écarts avec ce qui a été promis, ou qui en tout cas était souhaité, ou annoncé dans le programme du parti. »

« Après, évidemment, on peut aussi entrer dans les détails. Il y a notamment un contre-rapport qui a été fait par des économistes qui montrent que la situation de la communauté française sur le plan budgétaire n’est pas aussi catastrophique que ce qui est annoncé par le monde politique », indique Jean Faniel. Ce contre-rapport estime que le diagnostic « d’insoutenabilité » des finances de la FWB repose sur une lecture contestable de la situation budgétaire de l’entité.

Des écarts réels entre le programme et les mesures votées

En dépit des nuances factuelles qui accompagnent la publication de « Mars Attacks » et « profpascontent », l’analyse des positions entre le programme des Engagés et ce que le parti a voté en matière d’augmentation de travail et des salaires dans l’enseignement montre effectivement des écarts. Ces écarts alimentent le sentiment de certains électeurs d’avoir été « trahis ».

Cependant, en Belgique, le mandat impératif n’existe pas et les élus ont une certaine autonomie et de l’indépendance par rapport aux programmes présentés lors des campagnes électorales. Par ailleurs, la constitution de coalitions impose de faire des concessions par rapport au projet présenté devant les électeurs.

Enfin, la « confrontation au réel », à savoir ici la situation budgétaire difficile de la FWB, impose parfois aux partis de revoir leurs copies. Dans ce contexte, chaque électeur est à même de se positionner sur la pertinence des choix ou des renoncements effectués par le parti pour lequel il a voté.

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