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Eoliennes et microplastiques : attention à ces affirmations autour de la position de la Commission européenne - Featured image

28 Sep: Eoliennes et microplastiques : attention à ces affirmations autour de la position de la Commission européenne

L’énergie éolienne est considérée par le consensus scientifique comme un outil efficace pour limiter le réchauffement climatique, car elle n’émet pas directement de CO2. Mais, selon plusieurs publications sur les réseaux sociaux, la Commission européenne vient de reconnaître que les éoliennes nuisent à l’environnement en rejetant des microplastiques. Mais attention: si la Commission a bien mentionné les émissions de plastique liées aux éoliennes dans une réponse publiée mi-2026, elle n’a pas annoncé de changement de position ni qualifié ces émissions de dangereuses pour la santé et l’environnement. Sur le fond, les scientifiques interrogés par l’AFP estiment que l’émission de plastique par les éoliennes mérite d’être prise en compte, mais jugent improbable qu’elle remette en cause leur intérêt écologique.

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08 Août: Des journalistes de la VRT accusés à tort d’une mise en scène avec un jeune migrant à Ceuta

Des journalistes de la VRT accusés à tort d’une mise en scène avec un jeune migrant à Ceuta

Des images montrant une équipe de tournage de VRT NWS sur une plage de Ceuta ont été relayées sur les réseaux sociaux et par certaines chaînes françaises. Les commentaires suggèrent ou laissent planer le doute sur le fait que les journalistes auraient créé une mise en scène. C’est faux. L’équipe de la VRT était en train de tourner des plans de coupe d’un garçon interviewé et l’ont prévenu quand la caméra a arrêté de tourner.

© VRT / Chems, 15 ans, est filmé par la VRT dans le cadre d’un sujet sur la situation à Ceuta.

La rédaction de Faky a été interpellée ce jeudi 6 août 2026 via notre bouton « Alertez-nous » par un citoyen qui venait d’entendre et de voir une séquence intitulée : « Ceuta : une guerre de communication? » sur CNews et Europe1, dans l’émission Punchline codiffusée sur les deux chaînes.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Dans son intervention, le journaliste, Pierre Crépy, y décrit une « vidéo virale qui fait polémique depuis plusieurs jours », selon les mots de la présentatrice qui lance son intervention.

Dans la version télévisée, on peut voir cette vidéo en boucle pendant que celui-ci la décrit en donnant des éléments de géolocalisation.

Ces images montrent une équipe de tournage filmant un jeune garçon assis sur un rocher sur une plage. Elle communique ensuite avec lui, plusieurs membres lui faisant un signe de la main avec le pouce en l’air. Le garçon se lève alors et marche dans leur direction. Sur la bonnette du micro de la caméra, figure le logo de VRT NWS, la rédaction de la télévision et radio flamande publique belge.

La présentatrice de CNews et Europe1 interroge le journaliste : « Est-ce qu’on peut dire ou non que cette vidéo montre une mise en scène journalistique? ». La réponse de Pierre Crépy laisse planer le doute. « C’est difficile à dire », réplique-t-il. « En tout cas, les images nous le laissent penser, mais il faut être factuel. Il y a eu une enquête qui a été menée par un média espagnol qui s’appelle RTVE. Alors, de leur côté, ils ont pu contacter la radio-télévision flamande, donc VRT NWS, qui leur assure que toutes ces images ont été filmées dans le cadre d’un reportage, que ce ne sont que des images d’illustration qu’il a fallu communiquer avec le garçon, mais que la scène en elle-même était d’origine et qu’elle n’avait pas été trafiquée. Alors, il y a évidemment des doutes qui peuvent persister parce qu’on le voit, effectivement, les journalistes le remercient. Le garçon s’en va tout de suite comme si tout était déjà ordonné. Mais difficile de dire si c’est bien une mise en scène ou pas. »

« Une vidéo virale »

La vidéo montrée dans cette chronique a en effet circulé sur la toile avant que CNews et Europe1 n’en parlent. Elle a notamment été diffusée sur des comptes hispanophones liés à l’extrême droite.

L’un d’eux est le profil X de Revuelta, le lundi 3 août. Il s’agit d’une organisation de jeunesse qui était liée au parti d’extrême droite Vox lorsqu’elle a été fondée en 2023. Elle s’en est ensuite désolidarisé en 2025. Elle accompagne la vidéo de ce commentaire : « C’est ainsi que la télévision manipule les mineurs marocains à Ceuta pour susciter la compassion et justifier leur répartition dans toute l’Espagne. »

D’autres chaînes anti-immigration publient également la vidéo. Par exemple, le compte El Alcázar, qui se décrit comme proposant une « actualité politique depuis une perspective nationaliste. L’Espagne d’abord », avec ce commentaire : « RTVE a été prise en flagrant délit d’enregistrement de séances photo mettant en scène des mineurs à Ceuta afin de justifier l’invasion. »

Il est donc faux de dire qu’il s’agit d’une équipe de RTVE, la chaîne publique espagnole puisque le logo de la VRT est bien visible. La rédaction du média espagnol l’a confirmé.

D’autres comptes, francophones, ont également diffusé la vidéo avec ce genre de commentaires. Comme ici: « À Ceuta, en Espagne, des journalistes VRT (Belges flamands) ont été filmés en train de mettre en scène un mineur pour produire des images destinées à susciter la compassion  » Ou encore là: « Des journalistes ont été filmés en train de mettre en scène un mineur afin de le filmer et de susciter la compassion autour de la situation à Ceuta. »

Malgré la viralité de la vidéo, « aucun [de ces auteurs] ne contacte VRT NWS pour obtenir plus d’explications », explique le média public flamand dans un article publié le 5 août.

« Il ne faut d’ailleurs pas longtemps avant que le message ne soit également repris par des chaînes pro-russes dans le but d’attiser la polarisation », a enquêté la rédaction de la VRT, avec qui Faky, notre rédaction de fact-checking, collabore régulièrement.

Les images ont en effet été diffusées le 4 août par Pravda. Il s’agit d’un réseau russe qui mène des opérations d’influence sur plusieurs plateformes et dans diverses langues, manipule Wikipédia, les LLM (Large Language Models, modèles d’intelligence artificielle entraînés sur de très grands corpus de textes) et X pour amplifier les discours pro-Kremlin. La question de l’immigration y est souvent abordée car il s’agit d’un sujet qui provoque des tensions en Europe.

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Chems, 15 ans, s’abreuvait sur la plage

Dans ce même article, le média public flamand a donné le contexte de la scène. Il s’agit bien d’une de leur équipe en train de réaliser un reportage pour le journal télévisé destiné aux enfants de 9 à 12 ans, appelé Karrewiet. « Afin de rendre l’actualité aussi compréhensible que possible pour les jeunes, le journal fait généralement intervenir des jeunes », explique la rédaction de VRT NWS dans cet article.

Le reportage a été publié lundi 3 août 2026 avec comme titre « Deze Marokkaanse jongeren willen een beter leven in Europa » ou en français : « Ces jeunes Marocains aspirent à une vie meilleure en Europe ». On y découvre entre autre l’histoire de Chems, 15 ans dont « les parents ignorent où il se trouve » et que le garçon « n’arrive pas à joindre », explique la journaliste dans la voix off du reportage.

Chems est interviewé. « Mercredi, je suis parti et j’avais un téléphone avec moi. Je l’avais placé dans un sac plastique atour de mon cou. Mais le téléphone s’est cassé et je ne connais pas le numéro par cœur. » La journaliste décrit ensuite la situation sur place dans sa voix off. À aucun moment, il n’est dit que l’Espagne ou un autre pays de l’UE devrait accueillir les migrants, comme cela est suggéré sur les réseaux sociaux.

Dans cette séquence, au moment où Chems est présenté, à la 21e seconde, on le voit s’abreuver près de militaires espagnols. C’est pour avoir cette image d’introduction que l’équipe a filmé Chems sur la plage. C’est de là que sont issues les images virales. L’équipe se trouve sur la Playa del Trampolín où séjournent de nombreux réfugiés et où des soldats de l’unité d’infanterie espagnole « Regulares » distribuent de l’eau.

Roel Nollet, journaliste de VRT NWS était sur place. Il a réalisé le reportage. « Nous avons discuté avec les jeunes pour savoir pourquoi ils étaient venus à Ceuta de leur propre initiative « , explique-t-il. « Nous leur avons demandé leur autorisation pour les filmer alors qu’ils se rendaient au point d’eau sur la plage, ce que beaucoup de gens faisaient là-bas. »

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« Avant même qu’ils ne commencent à s’abreuver, nous leur avons demandé si nous pouvions les interviewer pour le journal télévisé des jeunes », continue Roel Nollet. « Nous avons réalisé l’interview avec Chems avant même qu’il ne commence à boire. Après notre entretien, il a voulu boire et nous lui avons demandé si nous pouvions filmer cette scène. »

« La première fois qu’il a bu, les images étaient floues ; nous lui avons donc demandé de boire une deuxième fois. Nous lui avons également demandé de continuer à marcher après, afin que nous puissions filmer cela aussi. »

Comme le montrent les images des rushes ci-dessous, après avoir bu, le garçon a continué à marcher un moment, puis s’est assis sur un rocher. « Nous ne lui avons absolument pas demandé de faire ça », précise le journaliste flamand. « Quand nous avons arrêté de filmer, nous avons levé le pouce pour lui signaler que c’était terminé et pour le remercier. »

Afin de prouver cette contextualisation, VRT NWS a fourni les rushes, autrement dit, les images brutes filmées à ce moment-là.

« Ces images ont été utilisées dans un reportage télévisé et sur les réseaux sociaux pour expliquer les événements survenus à Ceuta, en s’adressant tout particulièrement aux jeunes », réagit Luc van Bakel, rédacteur en chef chez VRT NWS. « Nous regrettons donc profondément que ce court extrait ait été délibérément sorti de son contexte sur les réseaux sociaux, dans le seul but d’attiser la polarisation. »

« Le récit n’a en aucun cas été influencé et toutes les personnes présentes sur la plage pouvaient demander de l’eau potable aux soldats, ce qu’elles ont d’ailleurs obtenu. Nous n’avons donc rien mis en scène qui ne se soit pas réellement passé à ce moment-là. »

Des plans de coupe

Si vous avez déjà participé à l’enregistrement d’un reportage, vous l’avez peut-être déjà vécu. Il s’agit en effet d’une pratique courante de la part d’une équipe de tournage d’un sujet du journal télévisé : demander à la personne interviewée de répéter un geste ou une activité réalisée à la base naturellement afin d’avoir une bonne prise ou plusieurs angles de vue de la scène, les équipes de tournage ayant très rarement plusieurs caméras avec elles. Les équipes ne demandent pas aux personnes interviewées de rejouer des actions qu’elles n’auraient pas effectué spontanément.

Conformément à la déontologie journalistique, les équipes préviennent ainsi quand la caméra commence à tourner et quand elle s’arrête, d’où le pouce levé de l’équipe de tournage.

Dans le montage du sujet, ces images permettent de faire apparaître la personne à l’image avant son interview. Et d’y poser un commentaire pour contextualiser sa prise de parole. Dans ce cas-ci, VRT NWS a introduit Chems avec le commentaire « Chems a 15 ans. Ses parents ne savent pas où il se trouve et il n’arrive pas à les joindre. » On appelle cela des plans de coupe. L’image de Chems assis sur la plage a également servi à conclure le sujet diffusé par la VRT.

En conclusion :

  • Les images diffusées et/ou décrites par CNews, Europe1 et sur les réseaux sociaux ne sont en aucun cas « une mise en scène » destinée à manipuler l’opinion dans une « guerre de l’information ».
  • Le reportage de VRT NWS décrit de manière factuelle ce qu’il se passe à Ceuta en ce moment dans un format destiné aux enfants de 9 à 12 ans.
  • À la fin de l’enregistrement, les journalistes font bien un signe de la main pour prévenir le jeune garçon, Chems, que la caméra est coupée, comme cela se fait habituellement en tournage mais cela n’est en aucun cas une preuve de mise en scène.

Note éditoriale: L’article a été modifié le 12 août 2026 pour préciser et nommer correctement ce qu’est un « Large Language Model », en description de ce que fait le réseau Pravda.

Non, les packs d’eau ne seront pas interdits à la vente à partir du 12 août 2026 à cause de l’Union européenne - Featured image

08 Juil: Non, les packs d’eau ne seront pas interdits à la vente à partir du 12 août 2026 à cause de l’Union européenne

Non, les packs d’eau ne seront pas interdits à la vente à partir du 12 août 2026 à cause de l’Union européenne

Des utilisateurs du réseau social X et une eurodéputée française indiquent que les bouteilles d’eau ne pourront plus être vendues par paquets avec emballage plastique à partir du mois d’août. Selon eux, un nouveau texte imposé par l’Union européenne contraindrait les supermarchés à vendre les bouteilles en plastique à la pièce. Un règlement européen prévoit effectivement de réduire les emballages à usage unique. Cependant, il n’est pas encore certain que les films plastiques actuellement utilisés disparaissent. Si c’était le cas, cette partie du règlement ne s’appliquerait de toute façon pas avant 2030.

© Getty Images / Image d’illustration représentant des packs d’eau dans un supermarché.

« Les packs d’eau groupés seront interdits par l’UE à partir du 12 août 2026. Vous devrez donc prendre vos bouteilles d’eau 1 par 1 au supermarché. C’est sûr qu’avec ça on va régler le problème de la canicule. Le texte de référence est le PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation – UE 2025/40) », indique un utilisateur sur le réseau social X.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Publié le 2 juillet 2026 par un compte définit comme « parodique », la publication de « KimJongUnique » a fait plus de 600.000 vues et a été partagée plus de 2000 fois depuis sa mise en ligne.

© Capture d’écran X / RTBF / Capture d’écran issue du réseau social X. La croix rouge a été ajoutée par la RTBF.

L’eurodéputée française Virginie Joron (Rassemblement National – Patriotes pour l’Europe) a également publié sur ses comptes Facebook et Instagram un texte qui indique que les packs d’eau allaient disparaître dans un peu plus d’un mois, en dénonçant une décision de l’Union européenne. La même publication, sur X cette fois, a accumulé plus de 195.000 « impressions » depuis sa mise en ligne le 1er juillet 2026.

« Canicule et besoin d’eau ? L’UE a encore fait fort ! Bruxelles va vous obliger à porter vos bouteilles d’eau une par une ? ! Le règlement PPWR entre en vigueur le 12 août 2026. Un des objectifs à terme : réduire les emballages groupés. Résultat concret : adieu les packs d’eau avec poignée, bonjour les bouteilles à transporter séparément. https://www.secoloditalia.it/…/lultima-genialata…/… Pour votre mal de dos, envoyez la facture de votre kiné à ceux qui ont voté pour ».

© Capture d’écran X / RTBF / Capture d’écran issue du réseau social X. La croix rouge a été ajoutée par la RTBF.

Le message de Mme Joron renvoie vers un article (version archivée ; version traduite automatiquement en français ici) du média italien « Secolo d’Italia », soutenu par l’extrême droite italienne, et titré : « La dernière idée « verte » de Bruxelles : adieu les packs d’eau, les bouteilles s’achèteront à l’unité ».

L’application d’une directive qui prend effet en 2030

Les différentes publications font référence au « PPWR ». Il s’agit de la « Packaging and Packaging Waste Regulation », soit le « Règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages ».

Ce règlement 2025/40 est un acte législatif contraignant adopté par l’Union européenne qui vise à « réduire au minimum les quantités d’emballages et de déchets générés tout en réduisant l’utilisation de matières premières primaires et en favorisant la transition vers une économie circulaire, durable et compétitive ». Il vise aussi a lutter contre les PFAS, ces polluants éternels présents dans certains emballages.

Le règlement européen s’inscrit également dans le cadre d’un accord entre les États membres pour fixer un objectif de réduction de 5% d’ici à 2030 par rapport à 2018 du volume total de déchets d’emballages dans l’UE, puis de 10% en 2035 et 15% d’ici à 2040. Cet accord prévoit globalement (dans l’article 5 du texte) que tous les emballages dans l’UE devront être recyclables à partir de 2030 et effectivement recyclés « à échelle » d’ici à 2035, « de façon à encourager l’essor d’une économie circulaire ».

Le règlement européen prévoit aussi différentes catégories afin de classer les déchets en fonction de leur recyclabilité :

  • A (recyclabilité supérieure ou égale à 95%)
  • B (supérieure à 80%)
  • C (supérieure ou égale à 70%)

« Les emballages d’une classe inférieure à la classe C devraient être considérés comme techniquement non recyclables et la mise sur le marché de ces emballages devrait être soumise à des restrictions », précise le texte.

Qu’en est-il des emballages en plastique des packs de bouteilles ?

Le film plastique souple, résistant et transparent qui maintient les bouteilles d’eau ou de soda en « pack » s’appelle un film de fardelage (ou film thermorétractable). Le plastique utilisé pour fabriquer ces films est composé de Polyéthylène Basse Densité et est dénommé généralement par ses initiales : PEBD.

Ce PEBD est actuellement utilisé par les industriels, essentiellement pour trois raisons :

  • **Pratique** : lors de l’emballage en usine, le film plastique est enroulé lâchement autour des bouteilles, puis le pack passe dans un tunnel chauffant. Sous l’effet de la chaleur, le plastique se rétracte (il rétrécit) de façon uniforme pour épouser et serrer fermement les bouteilles entre elles. Ce phénomène est appelé thermorétractabilité.
  • **Flexibilité et résistance** : le PEBD possède une structure moléculaire ramifiée (ses chaînes de polymères ont beaucoup de ramifications, contrairement au PEHD rigide des bouteilles de lait). Cela lui donne sa souplesse, sa capacité à s’étirer sans se déchirer facilement, et une excellente résistance aux chocs durant le transport.
  • **Transparence** : cela permet aux consommateurs de voir la marque et le produit à travers l’emballage.

Contrairement aux films fins de l’industrie agroalimentaire qui intègrent souvent des barrières dites « complexes » (comme du polyamide), le film de fardelage des packs d’eau est historiquement un plastique 100% pur PEBD. Par ailleurs, le PEBD est recyclable, mais son processus de recyclage est plus complexe que ceux du PET ou du PEHD. Accepté par exemple dans les sacs bleus de Bruxelles-Propreté, il est parfois refusé par d’autres programmes de collecte sélective.

Que dit précisément le règlement européen au sujet de ces emballages ?

Le règlement européen 2025/40 vise la disparition, à terme, des emballages à usage unique. L’annexe V de ce PPWR prévoit spécifiquement le cas des « Emballages groupés en plastique à usage unique ». Leur usage en est restreint s’ils sont « utilisés au point de vente » et « conçus comme des emballages pratiques permettant aux consommateurs d’acheter plusieurs exemplaires du produit ou les encourageant à le faire. » Concrètement, une grande surface ne pourra plus utiliser ce type de films pour rassembler plusieurs produits, afin d’en faire une promotion spécifique, par exemple.

« Les emballages groupés nécessaires pour faciliter la manipulation », comme ceux utilisés pour assembler des bouteilles et en faire packs d’eau, sont « exclus » de ces restrictions.

L’industrie du packaging se pose actuellement la question de l’interprétation de cette annexe V : un pack de six bouteilles d’eau maintenu par un film plastique est-il jugé comme « nécessaire pour faciliter manipulation » ?

Des acteurs industriels font valoir des arguments techniques contre cette éventuelle interdiction et une interprétation restrictive qui les contraindraient à se tourner vers d’autres solutions comme le carton, par exemple. Ils jugent que son utilisation pour faire des paquets de bouteilles serait moins pertinente pour des raisons d’hygiène ou de transfert d’odeurs avec le carton humide. Par ailleurs, ils estiment que l’interdiction de ces films de fardage serait contre-productive puisqu’elle pousserait à utiliser des matériaux jugés moins vertueux.

Pourtant, le sort définitif de cette partie de l’annexe V qui concerne ces films de fardelage pour le transport vers les magasins n’est pas à 100% figé d’ici 2030. La Commission européenne a publié un document d’orientation et une FAQ (Foire Aux Questions) afin de donner des précisions sur l’application du règlement et de son Annexe V. Elle y indique notamment qu’elle fournira des lignes directrices d’ici le mois de février 2027 concernant les questions liées à l’interprétation du texte sur l’utilisation de ces films plastiques pour le transport des packs de boissons et leur manipulation.

Pas de suppression des packs en 2026, mais des changements prévus d’ici à 2030

Concernant les délais d’application, le PPWR n’est pas un texte qui rentre entièrement en vigueur à une date unique. Le règlement intègre un calendrier échelonné, où chaque catégorie de mesure a sa propre date d’application inscrite explicitement dans l’article correspondant.

La date du 12 août 2026 mentionnée dans les publications analysées correspond à la date d’application générale du règlement. La mise en application officielle du règlement a eu lieu le 11 février 2025, et elle sera mise en œuvre dans tous les pays membres à partir de ce 12 août 2026. Cela concerne notamment les limites concernant les matériaux qui contiennent des PFAS. Ce qui devient réellement illégal à partir de cette date, ce sont les emballages alimentaires contenant des PFAS au-dessus des seuils fixés.

L’article 25 du PPWR, fixe cependant une date différente et volontairement plus tardive concernant l’utilisation de certains emballages mentionnés dans l’annexe V, comme les films de fardelage : le 1er janvier 2030.

D’autres changements prévus par le PPWR impacteront également les packs d’eau, tels qu’ils sont commercialisés actuellement, à cette échéance. Il s’agit cependant d’éléments invisibles à l’œil nu :

  • Pour l’éventuel film plastique qui pourra encore entourer les bouteilles pour le transport : d’ici 2030, la loi imposera qu’il contienne au moins 35% de PEBD recyclé (rPEBD).
  • Pour les bouteilles en plastique PET : ces bouteilles devront intégrer au moins 30% de PET recyclé (rPET) en 2030, puis 65% en 2040.

Par ailleurs, des alternatives comme les bacs de plastique solides avec des bouteilles consignées en plastique réutilisables ou en verre sont possibles dans le cas où ces plastiques seraient totalement proscrits. C’est d’ailleurs un système de « consigne » qui doit être mis en place à terme par les États membres, selon le règlement PPWR.

 

Le parallèle douteux entre "crédit social" chinois et euro numérique - Featured image

20 Mai: Le parallèle douteux entre « crédit social » chinois et euro numérique

L’Union européenne souhaite mettre rapidement en place l’euro numérique. Sur les réseaux sociaux, certains mettent en garde face au « traçage » liberticide qu’il permettrait, brandissant le contre-modèle du système du crédit social chinois. Une vidéo largement partagée montrant des personnes dormant dans la rue en Chine, prétend ainsi que leur situation découle de ce dispositif, qui les aurait privées d’accès à leurs ressources, et des internautes suggèrent que l’euro numérique pourrait avoir les mêmes effets en France. Mais le lien entre la vidéo relayée et le crédit social chinois est plus que douteux. Et ce dernier n’est par ailleurs pas comparable à l’euro numérique, qui offrira selon ses promoteurs de fortes garanties à ses futurs utilisateurs.  

La CEDH pourrait imposer la polygamie aux Etats européens ? C'est trompeur - Featured image

28 Nov: La CEDH pourrait imposer la polygamie aux Etats européens ? C’est trompeur

La Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) est souvent accusée par ses détracteurs de vouloir provoquer des changements sociétaux en Europe. Début novembre, de nombreux comptes sur les réseaux sociaux ont ainsi affirmé qu’elle pourrait imposer insidieusement la reconnaissance des unions polygames aux pays signataires de la Convention européenne des droits de l’Homme, à la faveur d’une affaire qui lui a récemment été soumise. Mais sa jurisprudence a plusieurs fois réaffirmé le droit des Etats à interdire la polygamie, ont expliqué à l’AFP deux juristes spécialisés. Par ailleurs, si un arrêt peut conduire le pays concerné à réexaminer la décision de ses juridictions dans une affaire précise, voire à modifier sa législation, la CEDH ne peut rien imposer.

Non, Giorgia Meloni n'a pas annoncé le retrait de l'Italie de l'Union européenne - Featured image

06 Nov: Non, Giorgia Meloni n’a pas annoncé le retrait de l’Italie de l’Union européenne

Les eurodéputés du parti de Giorgia Meloni, la présidente du Conseil italien, avaient voté en juillet 2025 contre la reconduction d’Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne – ce qui n’avait pas empêché sa réélection. Depuis, des publications très partagées sur les réseaux sociaux prétendent régulièrement, comme c’est à nouveau le cas début novembre 2025, que Giorgia Meloni avait annoncé le retrait de l’Italie de l’Union européenne et exigé la « démission » d’Ursula von der Leyen. Mais c’est faux : la dirigeante italienne n’a fait aucune déclaration publique allant dans ce sens et les procédures de retrait d’un pays de l’UE, de même qu’une démission de la tête de la Commission européenne, relèvent d’un processus légal spécifique.