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Un OVNI a bien survolé Téhéran dans la nuit du 19 au 20 septembre - Featured image

29 Sep: Un OVNI a bien survolé Téhéran dans la nuit du 19 au 20 septembre

Un OVNI a bien survolé Téhéran dans la nuit du 19 au 20 septembre

Des vidéos amateurs d’un OVNI ont été publiées et partagées largement sur les réseaux sociaux. Un internaute affirme avoir filmé un objet volant muni de lumières multicolores dans le ciel de Téhéran dans la nuit du 19 au 20 septembre. L’analyse des images permet d’affirmer qu’il ne s’agit pas d’images générées par IA. Par ailleurs d’autres images permettent de confirmer que cet objet volant non identifié a bien été repéré dans le ciel iranien, 50 ans après un cas emblématique signalé. Il pourrait s’agir d’un ou de plusieurs drones ou d’un cerf-volant équipé de LED.

© Capture d’écran X (Ali Sedaghati – @AliiiiiSeda) / Capture d’écran d’une vidéo diffusée sur X le 20 septembre 2026 montrant un OVNI dans le ciel de Téhéran filmé le 29 septembre à 19h24.

Les images d’un objet circulant dans le ciel de la capitale iranienne, muni d’un dispositif lumineux, cumule des millions de vues depuis leurs publications sur différentes plateformes en ligne. Après leur mise en ligne, ces images sont devenues rapidement virales en Iran et ont également été reprises par de nombreux internautes sur les réseaux sociaux.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

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« Une vidéo filmée à Téhéran montre un objet lumineux étrange dans le ciel, avec plusieurs lumières colorées semblant rester en suspension. Aucune communication officielle n’a permis de l’identifier. Drone, aéronef, dispositif de surveillance… plusieurs hypothèses circulent », indique la légende en français d’une vidéo publiée sur Instagram et Facebook ce 23 septembre 2026 par le compte « astronophilos ». Ensemble, c’est deux publications dépassent les 700.000 vues.

 

Des images d’un internaute iranien devenues virales

En faisant des recherches par images inversées nous avons retrouvé la même vidéo publiée par de nombreux comptes sur X. Certaines renvoyaient vers une publication d’un internaute iranien : Ali Sedaghati. Son nom apparaît en dessous de certaines publications, indiquant un repartage de ses images.

Ce 20 septembre 2026, cet utilisateur de X a bien publié des images d’un objet volant qui se présente sous la forme d’un arc de cercles équipé de lumières multicolores. Nous avons pu déterminer qu’il s’agit bien de la première personne a avoir partagé ces images en ligne. Il indique en être également l’auteur. « Téhéran, autoroute Azadi.(…) J’ai filmé des objets célestes inconnus. Vraiment je ne sais pas ce que c’est mais c’était près des nuages, ça avait des lumières particulières et ça flottait dans l’espace sans aucun bruit !!! S’il vous plaît, publiez-le pour que tout le monde voie », indique la traduction automatique fournie par X du texte, publié en persan par un dénommé Ali Sedaghati.

Cette publication, a cumulé plus de 7,5 millions depuis sa mise en ligne. Ces images ont généré des dizaines de millions de vues, uniquement sur X.

© Capture d’écran X

Des images qui n’ont pas été générées par IA

L’objet volant apparaît sous la forme d’un arc lumineux continu, dessinant un croissant ou un « V » inversé dans le ciel à la nuit tombée. La structure est visible sous la forme d’une succession de points lumineux très vifs (bleu, vert, rouge, violet) qui alternent de couleur de manière séquentielle.

Très vite, des internautes s’interrogent sur la réalité du contenu et se demandent si la vidéo a pu être générée à l’aide d’intelligence artificielle générative.

L’analyse des images par des journalistes spécialisés en investigation digitale et des tests réalisés avec des outils de détection d’IA permettent d’affirmer avec certitude que la vidéo n’a pas été générée à l’aide d’IA. L’outil Hive Moderation indique 17,1% de probabilité que la vidéo ait été générée par intelligence artificielle générative, un score faible. Par ailleurs, cet outil peut servir d’indicateur mais n’est pas infaillible. 

© Capture d’écran Hive Moderation / La vidéo de l’OVNI signalé à Téhéran n’est probablement pas générée par IA selon l’outil de détection Hive Moderation.

Par ailleurs, l’outil de détection de Google qui permet d’analyser les images générées par ses propres applications d’IA indique que le filigrane Synth ID de Google, un petit filigrane invisible à l’œil nu qui certifie qu’une image a été générée par IA, n’a pas été détecté. Signe que la vidéo n’a pas été créée par des outils comme Veo 3, l’outil de génération de vidéos par IA de Google.

Pas de démenti, ni de rapport officiel des autorités iraniennes

À l’aide de recherches en ligne et de l’outil de traduction automatique Deepl, nous avons été chercher des sources iraniennes fiables traitant du sujet.

L’agence de presse des étudiants iraniens (ISNA) a publié un article pour évoquer les images publiées et évoqué un autre objet lumineux aperçu dans le ciel, à proximité de l’autoroute qui mène à Azadegan, au sud de Téhéran.

« Aucune information indépendante n’a été diffusée concernant l’altitude, la vitesse, la trajectoire ou la nature de ces objets, et aucune identification officielle n’a été effectuée par les autorités militaires ou aéronautiques. Par conséquent, la certitude concernant ces images se limite à l’observation elle-même, et non à la nature de l’objet », a indiqué l’agence.

De son côté, le rapport de l’agence Fars News (proche du corps des Gardiens de la révolution) et relayé par un média local indique qu’aucune observation officielle n’a été faite : « Le suivi effectué par Fars auprès de l’Organisation de l’aviation civile concernant cette observation montre qu’aucun vol spécifique pouvant être attribué à cet objet n’a été observé sur les radars faisant l’objet de l’enquête, et l’organisation n’a fait aucun commentaire spécifique sur la nature de l’objet ». « Pour l’instant, nous ne pouvons donc que parler d’un objet lumineux non identifié dans le ciel de Téhéran ; rien de plus », conclut l’article.

Les deux publications évoquent également un lien avec des événements qui ont eu lieu il y a pile 50 ans.

50 ans jour pour jour après le signalement d’un OVNI au-dessus de Téhéran

Le 19 septembre 1976, un objet volant non identifié (OVNI) a été repéré au radar et à l’œil nu au-dessus de la capitale de l’Iran, par des civils et des militaires. Cet événement a fait l’objet de rapports, consignés notamment dans les archives de la NSA, l’agence de sécurité nationale des États-Unis. La CIA a également archivé un article du Washington Post du 19 janvier 1979 dédié au rapport sur ces faits.

Lors d’incidents distincts, deux chasseurs d’interception F-4 Phantom II de l’Armée de l’air iranienne ont signalé une perte de leurs instruments et de leurs moyens de communication à l’approche de l’objet. Ces fonctions ont été rétablies dès qu’ils se sont éloignés. L’un des appareils a également signalé une défaillance temporaire de ses systèmes d’armement alors que l’équipage s’apprêtait à ouvrir le feu. Un avion de ligne a également signalé une panne radio.

La publication de ces images d’un OVNI au-dessus de Téhéran est donc intervenue exactement pour le 50e anniversaire de cet « incident » de Téhéran en 1976. Une coïncidence temporelle qui oriente les explications vers l’action d’un amateur de modélisme.

Les pistes s’orientent vers des drones ou un cerf-volant habillé de lumières LED

Le média de vérification des faits iranien Factnameh a publié une enquête le 22 septembre 2026 pour tenter d’apporter des explications à l’apparition de cet OVNI.

L’analyse effectuée par le média iranien indépendant indique d’abord que « la faible qualité des images rend […] le diagnostic définitif difficile » mais confirme qu’il s’agit bien d’un OVNI, dans le sens strict de l’appellation à savoir, qu’il s’agit bien d’un Objet Volant Non Identifié (OVNI).

Ces phénomènes sont appelés de manière plus scientifique et large « UAP », en anglais, ou « PAN » en français pour « Phénomène Aérospatial Non identifié ». La Nasa a également adopté ce terme, soulignant qu’il n’existe actuellement aucune preuve crédible que ces phénomènes soient d’origine extraterrestre.

Par ailleurs, différentes théories ont été évoquées pour tenter d’expliquer le phénomène observé dans le ciel de Téhéran dans la nuit du 19 au 20 septembre 2026. Des spécialistes d’analyse des images évoquent en ligne la possibilité qu’il s’agisse d’un, ou plusieurs drones, d’un équipement de surveillance avancée ou d’un cerf-volant spécifique et de grande taille, équipé de LED. Une théorie qui confirmerait le clin d’œil d’un amateur, 50 ans après l’étrange apparition dans le ciel de la capitale iranienne.






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Ces images de l’éruption du volcan Anak Krakatau en Indonésie ont été générées par IA - Featured image

14 Sep: Ces images de l’éruption du volcan Anak Krakatau en Indonésie ont été générées par IA

Ces images de l’éruption du volcan Anak Krakatau en Indonésie ont été générées par IA

Une vidéo spectaculaire de l’éruption du volcan Anak Krakatau, en Indonésie, est devenue virale en quelques jours. Publiée par de nombreux comptes sur les réseaux sociaux comme des images réelles, la vidéo a pourtant été générée à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle générative afin de générer du clic sur les plateformes en ligne.

© Capture d’écran Instagram / Images générées par IA / Captures d’écran d’une vidéo virale générée par IA supposée montrer l’éruption du volcan Anak Krakatau, en septembre 2026, Indonésie.

Le volcan Anak Krakatau est entré en éruption samedi 5 septembre 2026. Son réveil s’est accompagné d’une coulée de lave et de détonations audibles jusqu’à 700 kilomètres. Conséquence directe de cette nouvelle éruption, des cendres dangereuses pour les moteurs des avions se sont propagées dans l’espace aérien. Les autorités indonésiennes ont donc été contraintes de faire fermer plusieurs aéroports. De nombreux voyageurs se sont retrouvés bloqués. Ce mardi 8 septembre, le trafic aérien à progressivement repris.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

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Sur les réseaux sociaux, des images impressionnantes de l’éruption circulent.

Une vidéo verticale, publiée ce 8 septembre 2026 sur Facebook, indique : « Éruption du volcan Anak Krakatoa en Indonésie ». On y voit un volcan s’activer et projeter des quantités importantes de lave dans les airs. À l’avant plan des voitures, des maisons et des habitants sont visibles. On entend un homme s’exprimer en anglais « Oh my god. It’s erupting. » soit, « Oh mon dieu ! Ça entre en éruption ! ».

Cette vidéo a été partagée par de nombreux comptes, sur d’autres réseaux sociaux. Sur TikTok, la même vidéo a été publiée et a dépassé les 15 millions de vues. Une recherche d’image inversée et des recherches sur d’autres réseaux sociaux à l’aide de mots-clés nous a permis de retrouver cette vidéo sur de nombreux comptes Instagram, X ou Youtube. Ensemble, ces publications ont cumulé des dizaines de millions de vues.

© Capture d’écran Instagram / La vidéo générée par IA du volcan Anak Krakatau circule largement sur les plateformes en ligne, ici sur Instagram.

Un volcan à l’activité sporadique, situé dans l’océan

Situé dans le détroit séparant les îles de Java et de Sumatra, à 150 km de Jakarta, le volcan Anak Krakatau connaît une activité sporadique depuis son émergence au début du siècle dernier.

Son éruption en 1883 a été particulièrement destructrice. Cette catastrophe a été l’une des plus meurtrières et des plus destructrices de l’histoire, avec un bilan estimé à plus de 36.000 morts, selon la BBC. Elle a également produit ce qui est largement considéré comme le son le plus fort jamais enregistré. Un son audible à des milliers de kilomètres de distance. L’éruption de 1883 a également dégagé quantité de cendres tellement significative qu’elle a fait baisser les températures dans le monde entier pendant des années.

Par ailleurs, ce volcan est situé sur l’île du même nom. Situé à environ 200 km à vol d’oiseau de Jakarta, ce morceau de terre dans la mer de Java ne compte aucun habitant. Une première contradiction factuelle avec les images montrant des maisons et des voitures à proximité du volcan.

© Reuters / Photo prise par un drone montrant des cendres au-dessus du cratère du volcan Anak Krakatau. Bandar Lampung, province de Lampung, Indonésie (6 septembre 2026)

© Reuters / 16 août 2026

© Getty Images / Vue satellite de Anak Krakatau, le 24 août 2005.

Des incohérences dans les images indiquent qu’il s’agit d’IA

D’autres incohérences, dans les images cette fois, indiquent des traces de manipulations synthétiques.

Au début de la vidéo, un homme se trouve devant une voiture. Après quelques secondes la voiture démarre rapidement et passe littéralement à travers la personne.

Plus tard, les câbles électriques qui se trouvent en avant-plan sont masqués par les coulées de laves qui se trouvent en arrière-plan. Un phénomène physiquement impossible.

Ces incohérences visuelles sont typiques des vidéos générées par IA.

Une vidéo générée par l’outil Seedance, propriété de la maison mère de TikTok

Par ailleurs, une analyse de la vidéo par le détecteur d’images générées par IA Hive Moderation revoie un taux de 99,9% de chance qu’elle ait été générée par un outil d’IA générative. Selon le détecteur en ligne, il s’agit de Seedance 2, un outil payant développé par ByteDance, la maison mère de TikTok basée en Chine.

© Capture d’écran Hive Moderation / L’outil de détection d’IA Hive Moderation indique que la vidéo est générée à l’aide d’intelligence artificielle et qu’elle a été créée par le moteur Seedance 2.

Les vidéos générées par Seedance affichent généralement une mention, le plus souvent en bas à droite des vidéos : « AI生成 » (qui signifie « Généré par IA » en chinois, la langue native du studio de ByteDance). Mais ces filigranes visibles dans l’image sont faciles à retirer, en coupant par exemple la partie où il se trouve ou via des logiciels de retouche d’images.

Pas de filigrane visible ou invisible présent dans les images

Par ailleurs, l’outil Seedance 2 est supposé intégrer un autre filigrane, invisible celui-ci, appelé C2PA. Ce protocole permet de certifier l’origine et l’historique des modifications d’un contenu numérique. Cependant, les plateformes de réseaux sociaux suppriment couramment ces métadonnées lors du téléchargement, faisant disparaître le filigrane.

Depuis le 2 août 2026, l’Union européenne impose notamment via l’application d’une partie de l’AI Act, que les fournisseurs d’IA ajoutent des signes lisibles par machine pour permettre la détection de contenu généré ou manipulé par l’IA. C’est notamment le cas des contenus générés par Veo 3.1, un outil de génération de vidéo à l’aide d’IA développé par Google.

La société a mis en place un protocole de détection de ces contenus appelé Synth ID qui permet d’avoir un degré de confiance élevé. À ce stade, l’outil est accessible à certains journalistes, chercheurs et professionnels des médias mais l’assistant d’IA Gemini, accessible au grand public, permet néanmoins de détecter ce filigrane. Il permet aussi aux plateformes de détecter les signaux et d’ajouter des labels indiquant qu’il s’agit d’IA. Dans le cas des images du volcan, aucune plateforme ne l’avait labellisé comme tel au moment d’écrire cet article.

Des images de catastrophes naturelles générées par IA pour attirer les clics

Incendies, inondations, tremblements de terre… Depuis que les caméras se sont démocratisées via les smartphones et que les moyens multimédias modernes permettent de capter de plus en plus d’images, les vidéos de catastrophes naturelles sont devenues des vecteurs de clics sur les réseaux sociaux.

Avec l’accessibilité des IA génératives, de nombreux utilisateurs utilisent ces outils pour surfer sur les événements tragiques et créer des vidéos sensationnalistes ou émouvantes afin de tenter de générer du clic et des profits.

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29 Juil: Attention à cette arnaque sur TikTok qui usurpe l’identité de prêtres pour vendre une prière

Le Vatican mise depuis plusieurs années sur sa présence numérique pour séduire les jeunes générations. Avec le soutien de l’Eglise, de nombreux prêtres et cardinaux ont ainsi investi le champ des réseaux sociaux, devenant pour certains des stars d’Internet. Surfant sur cette tendance, de nombreuses vidéos sur TikTok prétendent montrer des interviews de religieux révélant l’existence d’une prière secrète qui résoudrait les problèmes financiers. Mais ces vidéos, qui proviennent de vraies séquences, ont été modifiées par intelligence artificielle (IA). Elles usurpent l’identité de plusieurs personnalités religieuses pour renvoyer vers un lien payant, censée permettre d’accéder à cette prière.

Cette vidéo censée montrer le footballeur norvégien Erling Haaland se faire peur à lui-même a été altérée par IA - Featured image

07 Juil: Cette vidéo censée montrer le footballeur norvégien Erling Haaland se faire peur à lui-même a été altérée par IA

Depuis le début de la Coupe du monde 2026, le Norvégien Erling Haaland, auteur de sept buts durant la compétition, est l’une des figures qui concentre le plus d’attention médiatique. Quelques jours après l’ouverture du tournoi, une vidéo prétendant le montrer surpris par son propre reflet a largement circulé sur les réseaux sociaux. Mais la séquence, qui présente plusieurs incohérences visuelles, a été modifiée à l’aide de l’intelligence artificielle (IA). Elle a été réalisée à partir d’une vidéo publiée par un créateur de contenu chinois.

Un climatiseur mobile sans tuyau de sortie, ni unité extérieure à 138 euros ? Attention, à cette arnaque - Featured image

01 Juil: Un climatiseur mobile sans tuyau de sortie, ni unité extérieure à 138 euros ? Attention, à cette arnaque

Un climatiseur mobile sans tuyau de sortie, ni unité extérieure à 138 euros ? Attention, à cette arnaque

Sur plusieurs sites et applications d’information, des publicités vantent les mérites d’un climatiseur « révolutionnaire ». Un nouveau système qui permettrait de bénéficier de la climatisation sans installation lourde, sans unité extérieure et sans tuyaux d’évacuation. Le tout pour un prix bien en dessous de ceux affichés pour des climatiseurs mobiles d’entrée de gamme. Derrière les marques Coolizi, Jiuberry, Epicooler, CollingAce ou Breezo par exemple, se cachent pourtant des arnaques.

© Capture d’écran / L’image utilisée pour illustrer l’histoire de « Thomas » l’ingénieur à l’origine de Coolix a été générée à l’aide de l’IA.

Suite à la vague de chaleur qui a touché notre pays en cette fin de mois de juin, de nombreuses personnes se sont renseignées sur les systèmes qui permettent de refroidir leurs logements, de nombreuses personnes se sont renseignées sur les systèmes qui permettent de refroidir leurs logements. Très logiquement, suivant l’algorithme de leurs recherches, elles ont ensuite été exposées à des publicités pour des climatiseurs.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Dans ce contexte, des publicités faisant la promotion d’un « climatiseur sans unité extérieure qui fait fureur en France », accompagnées d’un visuel marquant, sont diffusées largement sur des sites et applications d’information en Belgique francophone et en France. Suite à la diffusion de l’une de ces publicités sur le site de la RTBF et sur son application RTBF Actus, plusieurs internautes ont signalé ces contenus.

© Capture d’écran RTBF / Captures d’écran de l’application RTBF Actus (30/06/2026)

Un publireportage basé sur « une belle histoire »

Dans l’article vers lequel les internautes sont renvoyés, l’histoire commence par « Thomas », un ingénieur décrit tantôt comme lyonnais, tantôt parisien. Cet ingénieur « bouleverse l’industrie du refroidissement » avec l’invention d’un climatiseur au concept simple qui vise à « aspirer l’air chaud, le refroidir rapidement et le rejeter ». « Sans compresseur, sans réfrigérant et sans la facture d’électricité qui les accompagne ».

Après la construction d’un « prototype fonctionnel », le résultat est décrit de la sorte : « Un refroidissement réel dans n’importe quelle pièce, en moins de deux minutes, sans machines encombrants (sic.), sans réfrigérant et sans installation coûteuse ».

Suivent alors des témoignages élogieux de personnes au sujet de ce « climatiseur révolutionnaire ». Exemple : « ‘J’ai installé le prototype dans mon salon alors qu’il faisait 35°C et j’ai appuyé sur le bouton », se souvient un certain M. Beaumont. « En deux minutes, le thermomètre affichait 17°C. J’ai refait le test quatre fois pour en être certain.' »

Enfin, la page décrit un produit appelé « Coolizi », avant de le proposer à la vente via un lien, en ces termes :

  • Refroidit n’importe quelle pièce de 35 °C à 17 °C en moins de 2 minutes – testé, reproductible, constant
  • Jusqu’à 90% de consommation électrique en moins qu’une climatisation classique –
  • Fonctionne pendant des heures avec une faible consommation
  • Aucune installation requise – branchez et appuyez sur un bouton
  • Silencieux (< 40 dB) – plus silencieux qu’une bibliothèque, utilisable la nuit
  • Ultra portable (moins de 1 kg) – facile à déplacer de la chambre au bureau

Des performances irréalistes d’après les principes de la thermodynamique

Francesco Contino, professeur à l’Ecole Polytechnique de l’UCLouvain, a analysé les caractéristiques affichées de l’appareil vendu. « Les propriétés techniques décrites sur le site concernant cet appareil sont aberrantes en termes scientifiques », explique l’expert des questions énergétiques. « Il y a des incohérences évidentes en matière de respect des principes de la thermodynamique qui indiquent que la fiche technique est certainement mensongère ». Parmi les éléments, il y a notamment :

  • **Des performances irréalistes** : passer de 35 degrés à 17 degrés (- 18 degrés) en moins de 2 minutes pour « n’importe quelle pièce » est physiquement impossible pour un appareil mobile de moins de 1 kg. Un climatiseur capable d’un tel exploit nécessiterait une puissance colossale, bien loin d’un modèle portable sans installation.
  • **Consommation électrique très faible** : l’affirmation « jusqu’à 90% de consommation électrique en moins » est un argument marketing classique pour des ventilateurs ou rafraîchisseurs d’air (qui utilisent de l’eau en plus), mais ces appareils ne sont pas des climatiseurs et ne peuvent pas faire chuter la température d’une pièce entière de manière significative.
  • **Absence de tuyau d’évacuation** : pour réellement refroidir une pièce, la chaleur doit être évacuée vers l’extérieur, comme c’est notamment le cas avec les climatiseurs mobiles qui possèdent un tuyau qui doit être posé à l’extérieur afin d’évacuer l’air chaud aspiré de la pièce. Un appareil « sans installation » qui ne fait que souffler de l’air (éventuellement humidifié) peut donner une sensation d’un air rafraîchi mais ne réduit pas la température ambiante globale.

Un vrai climatiseur portable est plus lourd, en raison notamment du compresseur, et nécessite toujours un tuyau d’évacuation pour l’air chaud extrait de la pièce.

Des techniques marketings bien rodées pour organiser une arnaque

Au-delà des performances irréalistes, le prix affiché de 138 euros par pièce, et encore moins élevé en cas d’achat groupé, est particulièrement compétitif pour un appareil avec les performances affichées. Les prix d’entrée de gamme d’un climatiseur portable équipés d’un tuyau d’évacuation et d’un compresseur, élément essentiel de l’appareil qui permet de faire circuler le fluide frigorigène et d’augmenter sa pression et sa température pour permettre le transfert de chaleur, se situent entre 200 et 300 euros.

Le site frauduleux joue également sur une série de techniques marketings pour pousser à l’achat et maximiser les profits. Des supports visuels utilisés ont été générés par avec l’aide de l’IA (1, 2).

© Capture d’écran en ligne / Des visuels générés par IA sont utilisés sur des sites pour vendre des « climatiseurs révolutionnaires ».

La publicité évoque une promotion de 60% sur le prix pour afficher un prix aussi compétitif. Pour un produit dont la « demande explose », cela n’a pas de sens en tenant compte du principe économique de la loi de l’offre et de la demande. Si un produit est très demandé, son prix aura tendance a augmenté plutôt qu’à baisser s’il est conforme et légitime. Il s’agit par ailleurs d’une technique manipulatrice documentée déjà largement mise en évidence par des associations de consommateurs sous la dénomination anglophone « dark patterns ».

Autre technique mise en œuvre, la baisse de prix en fonction du volume. Au moment de passer commande, le site vous propose des offres encore plus attractives. 137,99 euros si vous achetez une pièce, mais 249,99 euros pour deux (125 euros/pièce), 339,99 euros (120 euros/pièce) pour trois et 399,99 euros pour quatre pièces (100 euros/pièce). Le consommateur est incité à acheter en volume. Dans le cas d’une fraude, comme c’est le cas ici, les auteurs de l’arnaque maximisent leurs profits en poussant à l’achat sur le volume.

Enfin, une autre technique de vente classique éprouvée et appliquée ici, jouer sur la supposée rareté ou la pénurie du produit. « Il nous reste actuellement environ 3200 unités en stock. Une fois écoulées, il faudra attendre au moins 8 semaines avant la prochaine livraison », indique la page.

Un ventilateur mural basique, s’il arrive

En faisant une recherche en ligne sur les noms des produits vendus, nous avons retrouvé une publication d’un site dédié au signalement des arnaques. Sur ce site, un article publié le 26 juin 2026 détaille une enquête menée sur un « réseau de faux climatiseurs qui écume la canicule 2026 ». Parmi les marques citées, nous retrouvons le « Coolizi ».

Dans cette publication, l’auteur explique que « Coolizi, Coolzy, Breezo, Cooling Ace, Jiuberry » sont « cinq marques de climatiseurs portables qui ne sont en réalité qu’une seule et même boutique, cachée derrière des sociétés écrans à Hong Kong et aux États-Unis » et que les produits sont en réalité expédiés depuis Guangzhou, en Chine.

Il explique également que les publireportages qui font la promotion de ces « innovations françaises » utilisent le même texte, quasiment mot pour mot et que seule des détails et la marque change.

Une autre enquête publiée par le site Clubic, évoque de son côté un autre climatiseur : « l’Epicooler ». Basé sur les mêmes caractéristiques, l’article détaille le procédé frauduleux en ligne des marques et l’utilisation d’images générées par IA. Concernant les personnes qui ont commandé ces climatiseurs, plusieurs d’entre elles indiquent qu’elles rencontrent de nombreux problèmes au niveau de la commande et dans le processus de livraison. Clubic indique : « Ceux qui reçoivent finalement un colis finissent par recevoir un ventilateur mural basique. »

Des espaces publicitaires concédés par les médias

Mais comment les publicités de ces produits frauduleux se retrouvent sur des plateformes comme celles de la RTBF ?

Une part importante de la publicité en ligne est aujourd’hui commercialisée via des plateformes d’achat et de vente automatisées. Les éditeurs de médias y mettent à disposition une partie de leurs espaces publicitaires, qui sont ensuite vendus en temps réel à des annonceurs au sein d’un écosystème de publicité programmatique.

Dans ce modèle, les médias qui commercialisent des espaces publicitaires n’entretiennent pas de relation directe avec chacun des annonceurs présents sur ces places de marché automatisées. « Malgré les mécanismes de contrôle mis en œuvre par les plateformes publicitaires et les éditeurs, certaines campagnes trompeuses peuvent exceptionnellement être diffusées avant d’être détectées puis retirées »,, indique Christophe Chantrenne, responsable des plateformes digitales de la RTBF.

En ce qui concerne les publicités renvoyant vers la page « Coolizi » depuis RTBF Actus, M. Chantenne indique qu’elles « ont été signalées et retirées des plateformes concernées ».

Encadré

Que faire si j’ai été victime de la fraude ?

Si vous avez été victime d’une de ces arnaques au climatiseur, vous pouvez contester la transaction que vous avez effectué via le site « Ma Carte ». 

Il s’agit de la possibilité de faire appel au « chargeback » ou à la rétrofacturation. Si vous avez acheté quelque chose en ligne avec Visa et que le produit a été livré en mauvais état, ne correspondait pas à ce que vous aviez acheté ou n’a pas été livré, et que le commerçant ne vous offre pas de solution, vous pourriez récupérer votre argent. 

Vous devez introduire votre contestation de paiement, généralement dans un délai de 30 à 90 jours suivant la transaction ou la date de livraison prévue.

Si vous avez utilisé la plateforme Paypal, vous pouvez ouvrir un litige.

Vous pouvez aussi signaler la fraude via la plateforme « Consumer Connect » du SPF Finances.

Coupe du monde : ces images de jeunes femmes dans les stades sont générées par IA - Featured image

18 Juin: Coupe du monde : ces images de jeunes femmes dans les stades sont générées par IA

Coupe du monde : ces images de jeunes femmes dans les stades sont générées par IA

Des images de jeunes femmes présentes dans les stades lors des matchs de la Coupe du monde circulent de façon virale sur les réseaux sociaux. Ces vidéos, générées avec de l’intelligence artificielle, se basent sur des stéréotypes de la « femme sexy ». Créés à l’aide de logiciels très accessibles, ces contenus servent des intérêts économiques à travers une industrie basée sur des fausses influenceuses entièrement générées par IA et de contenus pour adultes payants.

© Capture d’écran Instagram

La vidéo d’une supportrice brésilienne, présente au stade lors du match entre le Maroc et le Brésil terminé sur un partage (1-1) ce 14 juin 2026 cumule des millions de vues sur plusieurs plateformes en ligne. Si la scène est devenue virale, c’est notamment en raison du contexte des images. Un homme est filmé, les yeux rivés sur le décolleté de sa voisine : une supportrice qui porte un t-shirt aux couleurs brésiliennes.

Le commentaire en anglais indique : « Eh bien, on dirait qu’on a surpris quelqu’un là. Et maintenant il l’a joue cool après avoir réalisé qu’il était sur le grand écran. Hahaha. Retour à l’action dans ce match à un partout entre le Brésil et le Maroc ».

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Sur Instagram, la vidéo a été reprise par de nombreux comptes, à l’échelle mondiale.

Le 16 juin, un compte francophone dédié au football a publié des captures de la vidéo avec le commentaire suivant : « Un fan brésilien était tellement concentré sur ce qui se passait à côté de lui pendant le match qu’il n’avait pas réalisé que les caméras le diffusaient en direct à l’échelle mondiale. Tout allait bien jusqu’à ce qu’il lève les yeux et se voie sur l’écran géant. La panique sur son visage en disait long : à ce moment-là, il s’est souvenu que des millions de personnes le regardaient. » Cette publication a été « likée » par plus de 5200 personnes.

Ce contenu a notamment été réutilisé par des comptes en espagnol. Un « reel » reprenant la même séquence a cumulé plus de 3,4 millions de « vues » depuis sa mise en ligne le 15 juin. Sur X aussi, la vidéo est devenue virale avec 9,5 millions de « vues ». Au total, ce sont des centaines de publications qui ont été générées à partir de cette vidéo, totalisant des centaines de millions de vues sur Facebook, Reddit ou encore Youtube et TikTok.

Une vidéo générée par IA

En analysant la vidéo virale, plusieurs incohérences apparaissent :

  • Alors que les images défilent, le chrono reste figé à 54 : 19.
  • Le logo de ESPN apparaît à l’image alors que [le match n’a pas été diffusé par cette chaîne](https://www.espn.com/soccer/story/_/id/49026946/fifa-world-cup-2026-brazil-vs-morocco-kickoff-how-watch-stats-team-news).
  • La voix du commentateur est robotique et « métallique », typique des sons générés par les IA génératives.

Nous avons également analysé la vidéo avec le détecteur de vidéos générées à l’aide de l’intelligence artificielle générative, Hive Moderation. Le résultat de l’outil indique « 99,9% de probabilités que le contenu soit un deepfake ou généré par IA ».

© Capture d’écran Hive Moderation / Le détecteur Hive Moderation indique 99,9% de probabilités que le contenu soit un deepfake ou généré par IA.

Le logiciel identifie également que le contenu a très probablement été créé à l’aide du logiciel Seedance 2.0. Cet outil permet, moyennant paiement, de générer une courte vidéo à partir d’une description, un prompt. Il permet aussi de se baser sur une image existante, réelle ou générée par IA, pour fabriquer la vidéo. 

La publication originale est issue du compte d’une fausse « influenceuse »

Parmi les publications analysées, nous avons également retrouvé sur Instagram la vidéo originale. Celle-ci a été publiée le 15 juin 2026 par une utilisatrice appelée « Chiara Cleo ». Ce « reel » a fait à lui seul 36,5 millions de « vues » depuis sa mise en ligne et recueilli plus de 580 mille « J’aime ».

Les autres images affichées sur son profil correspondent au physique de la « supportrice brésilienne » de la vidéo. L’analyse de plusieurs publications indique que cette personne n’existe pas. Toutes les photos et vidéos analysées (Exemples : 1, 2, 3) relèvent la présence de l’utilisation d’outil d’IA générative. Il s’agit d’une « influenceuse IA » : une personne a imaginé cette influenceuse, elle a créée ensuite des comptes sur les réseaux sociaux et alimente ses plateformes à partir de contenus synthétiques.

La majorité des contenus proposés par « Chiara Cleo » la montre légèrement vêtue, se promenant dans des lieux publics ou tenant des propos avec des sous-entendus à caractère ouvertement sexuel. La première « story à la une« , renvoie vers un lien. Il s’agit d’une « page d’atterrissage » qui renvoie ensuite vers une page « fanvue ».

Fanvue est une plateforme de contenus à caractère érotique et sexuel). Comparable à OnlyFans ou MYM, cette plateforme d’abonnement et de monétisation se distingue par l’intégration des outils d’intelligence artificielle et la possibilité de monétiser des contenus via des faux profils et contenus, entièrement générés par IA.

331.000 utilisateurs d’Instagram suivent « Chiara Cleo » et les commentaires en dessous des vidéos indiquent clairement que de nombreux utilisateurs imaginent qu’il s’agit d’une personne réelle.

Un modèle économique basé sur l’utilisation du corps des femmes et de l’IA

Il existe aujourd’hui tout un secteur d’agences qui créent des « influenceuses » entièrement ou partiellement synthétiques. Ces fausses influenceuses animent leurs comptes Instagram et/ou TikTok pour construire une audience, puis monétisent leurs contenus via des plateformes comme Fanvue ou des programmes d’affiliation à des plateformes de caméras en « live ». Elles utilisnet également des outils de redirections de liens pour contourner les mesures de protection mises en place par les plateformes. 

Le cas de « Chiara Cleo » n’est pas unique. Lors de nos recherches, nous avons rencontré des dizaines de vidéos de jeunes femmes présentées dans des stades de la Coupe du monde 2026.

© Capture d’écran réseaux sociaux / Des images de jeunes femmes présentes dans les stades de la Coupe du monde 2026 et générées à l’aide d’IA sont diffusées largement sur les réseaux sociaux.

La tendance de ces images de femmes dans les stades générées par IA a démarré au début de mai 2026.

Cette « trend » née en Corée du Sud a démarré après la diffusion d’une vidéo montrant une jeune femme assistant à un match de baseball, comme l’indique le média « 20 minutes ». La vidéo a rapidement été détectée comme ayant été créé avec de l’IA à l’aide du filigrane « KingAI3.0 » intégré à l’image. Le commentaire l’accompagnant, à savoir « La femme coréenne lambda », a également été dénoncé comme étant sexiste. 

© Capture d’écran X / Une publication générale par IA publiée sur X le 2 mai 2026 est à l’origine d’une tendance virale sur les réseaux sociaux.

Depuis, les techniques pour recréer ces contenus potentiellement viraux se partagent sur les réseaux. Certains influenceurs vendent même des packs avec les « prompts » et les tuyaux pour recréer ce type de contenus. À l’aide d’outils accessibles au grand public, comme CapCut, il suffit de reprendre une vidéo existante, de fournir l’image d’une personne, réelle ou pas pour ensuite obtenir une vidéo similaire.

Toutes ces vidéos n’ont donc pas forcément été générées à partir de modèles artificiels. Certaines utilisatrices utilisent leurs propres images et l’IA pour se représenter dans un stade afin de montrer leur soutien à leur pays.

L’utilisation et la sexualisation de l’image de la femme, comme présentée dans ces vidéos générée à l’aide de l’IA et l’exploitation commerciale qui en est parfois faite par des hommes, alimentent la question des standards de beauté et l’impact qu’ils peuvent avoir sur la perception que les femmes peuvent avoir d’elles-mêmes, notamment chez les plus jeunes. 

L’histoire virale de cette dame bloquée dans le tuyau d’un parc aquatique est fausse - Featured image

05 Juin: L’histoire virale de cette dame bloquée dans le tuyau d’un parc aquatique est fausse

L’histoire virale de cette dame bloquée dans le tuyau d’un parc aquatique est fausse

La vidéo d’une femme bloquée à l’envers dans le tuyau d’un toboggan d’un parc aquatique a fait des millions de vues depuis sa mise en ligne. L’histoire qui accompagne les images explique qu’elle aurait déjoué la surveillance des lieux mais les faits décrits sont incohérents et n’ont pas de source factuelle. Par ailleurs, les images virales de cette dame en surpoids bloquée et prise en charge par les pompiers ont été générées par de l’intelligence artificielle.

© Capture d’écran Instagram / Capture d’écran d’une vidéo générée par IA montrant une dame bloquée dans le toboggan d’un parc aquatique.

Une dame se retrouve bloquée, la tête à l’envers, dans le tuyau de l’une des attractions d’un parc aquatique. Sur les images, une femme en maillot, visiblement en surpoids, est assistée par un homme habillé et équipé à la manière d’un technicien.

Ces images et l’histoire qui les accompagne sont devenues virales et ont généré des millions de vues en quelques jours.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Une vidéo publiée le 25 mai 2026 sur Instagram a dépassé les 4,2 millions de vues depuis sa mise en ligne. Ce « reel » est accompagné d’une légende en anglais qui décrit dans un long texte comment une dame aurait déjoué la sécurité d’un parc aquatique en Floride pour se glisser dans un toboggan, avant d’y rester bloquée la tête à l’envers pour ensuite être assistée par des pompiers et enfin être extraite de la structure. La vidéo montre la femme en détresse et pousser des cris alors qu’un homme tente de lui venir en aide sous le regard des passants.

Sur TikTok les mêmes images sont légendées en français : « Dégouté Tobogan fermé cet aprem Piscine ». La vidéo a accumulé plus de 254.000 vues depuis sa mise en ligne le 27 mai.

Un contenu repris sur plusieurs plateformes, dans plusieurs langues

Une recherche par image inversée permet de constater que ce contenu a été largement repris par d’autres utilisateurs Instagram. C’est le cas notamment de cette publication (1,6 million de vues) par un compte indien en anglais (ici) ou d’autres comptes qui publient en espagnol (ici, ici ou ici avec 625.000 vues pour cet autre « reel »).

D’autres versions existent également sur X avec 2,9 millions de vues pour cette publication qui reprend les images et indique en commentaire : « Si vous avez besoin d’un coup de pouce pour résister au rayon des biscuits, voilà peut-être ce qu’il vous faut. »

Sur Facebook, la version de l’histoire accompagnée des mêmes images se passe cette fois à Marietta, une ville de l’Ohio aux États-Unis. Une différence notable avec les autres vidéos qui évoquent un incident qui se serait produit en Floride.

Une histoire incohérente et sans fondement

L’histoire décrite dans la publication la plus ancienne et la plus virale, publiée par le compte « Thrustwhatyousee », détaille les événements de cette façon, en anglais :

« C’était un après-midi très animé au parc aquatique en Floride. L’endroit résonnait du clapotis de l’eau, des cris des enfants et des sifflets du personnel qui veillait à ce que tout le monde respecte les règles. Le grand toboggan aquatique était l’attraction principale, mais son accès était strictement contrôlé : le personnel se trouvait uniquement en haut, et un seul utilisateur à la fois était autorisé. »

© Capture d’écran Instagram / Capture d’écran d’une publication virale générée par IA.

Dans la description ci-dessus, il est indiqué que les mesures de sécurité précisent que « un seul utilisateur à la fois était autorisé ». C’est bien le cas pour la dame bloquée dans les images présentées en lien, donc il n’y a pas de raison que la dame se soit vu refuser l’accès à l’attraction pour cette raison. Aucun autre élément factuel n’est précisé, comme le nom du parc aquatique concerné ni sa localisation précise.

Par ailleurs, un événement comme celui-là aurait été mentionné par la presse locale, au minimum. Une recherche sur les mot-clés correspondant en anglais à « femme à l’envers dans un toboggan » dans Google actualités ne donne pourtant aucun résultat en lien avec les incidents et les détails de la vidéo.

Des images générées par IA

Plusieurs autres éléments incohérents dans les images indiquent que ces dernières ont été générées par des outils d’intelligence artificielle.

  • La dame n’a pas de maillot de bain au niveau du bas.
  • L’outil utilisé par l’agent semble coller au tuyau mais il est impossible de déterminer s’il rentre dans le tube, ni son utilité.
  • Sur la vidéo, de l’eau coule en bas du tuyau, mais elle ne passe pas autour du corps de la dame et ne s’accumule pas autour de ses épaules et de sa tête, comme on pourrait s’y attendre. Par ailleurs, l’eau qui passe semble ensuite figée.
  • Ni la bouche, ni la tête de la dame ne bougent lorsqu’elle soupire en disant  » Oh, my god ! »,
  • Sa poitrine et son ventre ne bougent pas non plus lorsqu’on entend qu’elle tente de respirer fortement pour reprendre son souffle.
  • Les personnes en bas de l’attraction ont des formes inconsistantes pour des êtres humains

Par ailleurs, l’outil d’analyse des images générées par IA, Hive Moderation, indique un taux de probabilité de 99,9% qu’elle ait été générée à l’aide d’IA et une probabilité élevée que la vidéo ait été générée via l’outil IA de création Seedance 2.0.

© Capture d’écran Hive Moderation / L’outil de détection de contenus générés à l’aide d’IA évalue la vidéo comme étant à 99,9% probablement générée par de l’intelligence artificielle.

Enfin, d’autres versions des images existent, notamment sur Youtube. Dans un « short », la même scène a été réutilisée mais le maillot de la dame a changé de couleur et le monsieur qui lui vient en aide n’est plus équipé à la manière d’un pompier. Preuve que les images sont inauthentiques et manipulées.

© Capture d’écran Youtube (G) / Instagram (D) / Des images générées par IA d’une dame bloquée dans un tuyau circulent sur les réseaux sociaux.

L’histoire de cette dame bloquée dans le tuyau de l’attraction d’un parc aquatique n’a donc aucun fondement factuel. Le récit est construit autour d’images sensationnalistes d’une femme visiblement en surpoids. Le contenu est généré par des outils de création de vidéos à l’aide d’IA. Pourtant, les publications analysées sur les différentes plateformes ne le mentionnent généralement pas.

Ces contenus deviennent potentiellement rapidement viraux et visent à recueillir des likes, des partages et des vues par des utilisateurs sur les réseaux sociaux à des fins pécuniaires.

Peter Magyar, nouveau Premier ministre hongrois et cible de la désinformation prorusse - Featured image

29 Avr: Peter Magyar, nouveau Premier ministre hongrois et cible de la désinformation prorusse

Principal adversaire du Premier ministre hongrois Viktor Orban et vainqueur des élections législatives de 2026, le conservateur Peter Magyar a été la cible de plusieurs campagnes de désinformation pendant et après le scrutin. Des internautes ont notamment diffusé une vidéo contenant de graves accusations contre le candidat, émanant prétendument d’une autobiographie de l’ancienne ministre de la Justice et ex-femme de Peter Magyar, Judit Varga. Mais il s’agissait d’une supercherie : l’ancienne ministre n’a jamais publié ce livre, et le site web à l’origine de l’infox a été créé pour l’occasion, suivant une méthode bien identifiée associée à des acteurs prorusses.