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L’homme suspecté d’avoir la variole du singe dans le métro de Madrid dément la rumeur

L’homme suspecté d’avoir la variole du singe dans le métro de Madrid dément la rumeur - Featured image

Author(s): Grégoire Ryckmans et Romane Bonnemé

La photographie montrant les jambes d’un homme couvertes de boutons dans le métro de Madrid, indiquant qu’il était infecté par la variole du singe, est devenue virale sur les réseaux sociaux et a été largement reprise dans la presse belge et internationale. Cependant, l’homme pris en photo a affirmé auprès d’un média espagnol ne pas être atteint de la variole du singe mais de neurofibromatose, une maladie génétique et non-contagieuse.

L’inquiétante révélation d’un médecin dans le métro de Madrid“, “SVP, Soyez prudents…“. Ces publications alarmantes faisant suite à la publication de la photo d’un homme dont les jambes étaient couvertes de boutons dans le métro de Madrid sont devenues virales sur les réseaux sociaux tout comme dans certains médias, notamment belges (ici ou ).

Le 15 juillet dernier, un médecin vénézuélien, Arturo M. Henriques , a publié une photo sur son compte Twitter d’un homme, croisé dans le métro madrilène, a priori porteur du virus de la variole du singe aux vues des nombreuses éruptions cutanées qu’il présentait. Des symptômes similaires à ceux décrits par les spécialistes du virus.

Selon les dires du Docteur Henriques, l’homme en question lui aurait “confirmé qu’il était infecté et que son médecin lui avait dit que ce n’était pas nécessaire de s’isoler. Il lui avait juste dit de porter un masque“. Ensuite, l’homme aurait alors rejeté les mises en garde du professionnel de santé en affirmant “qu’il s’en foutait“.

L’homme photographié explique être atteint de neurofibromatose

Interrogé par 20minutos, la version espagnole du quotidien d’information généraliste européen “20 Minutes”, le protagoniste suspecté d’avoir la variole du singe en raison des boutons apparents sur ses jambes nie catégoriquement avoir eu une quelconque conversation avec le médecin.

L’homme, identifié par l’acronyme M.A.R.M. explique souffrir de la neurofibromatose, une maladie génétique qu’il a depuis sa naissance et qui provoque des plaies sur ses membres.

En faisant quelques recherches sur internet au sujet de la neurofibromatose, nous apprenons rapidement qu’elle porte également le nom de “maladie de Recklinghausen”. Les affections cutanées visibles sur certaines photos publiées en ligne de personnes atteintes de cette maladie montrent effectivement des similarités avec celles présentes sur les jambes de l’homme photographié dans le métro madrilène.

L’homme a également expliqué au quotidien espagnol que de nombreuses personnes l’abordent dans le métro pour lui poser des questions sur sa santé. Il y raconte aussi qu’il explique aux personnes qui l’interrogent qu’il souffre d’une maladie qui provoque la croissance de tumeurs sur les nerfs et que celle-ci n’est pas contagieuse. “Pour cette raison, je peux dire que je n’ai jamais parlé à ce soi-disant médecin“, se défend-il.

Des incohérences pointées dans le témoignage original

En outre, M.A.R.M. pointe également des incohérences dans les déclarations faites à divers médias par son interlocuteur présumé.

En effet, celui qui se présente comme un docteur aurait daté leur rencontre du matin. “C’est impossible, car je prends le premier métro qui part de Villaverde Alto et je suis toujours assis, donc il n’a pas pu prendre une photo de moi debout à 6h20 du matin“, explique-t-il.

De même, M.A.R.M. se définit comme une personne très précautionneuse, qui utilise tous les équipements de protection nécessaires et qui a fait toutes les doses de vaccination contre le coronavirus.

Le témoignage du médecin sur ce prétendu malade de la variole du singe semble être monté de toutes pièces. Cette personne semble en effet, ni  avoircontracté le virus du “monkeypox”, ni avoir parlé avec Arturo M. Henriques. Ce dernier a d’ailleurs fermé ce 2 août son compte Twitter, où il avait partagé quelques heures plus tôt la conversation que, selon sa version, il avait eue dans le métro avec ce jeune homme.

Interrogé par le journal El Mundo, M. Henriques affirme pourtant avoir bien parlé à M.A.R.M. et que c’est lui-même qui lui a dit qu’il était infecté par la variole du singe. “Je voulais seulement être un bon citoyen et maintenant je suis attaqué“, se défend le médecin dans le quotidien qui a remis l’affaire entre les mains de son avocat.