Les Engagés ont-ils trahi leurs promesses de campagne sur la revalorisation salariale des profs et les deux périodes supplémentaires devant la classe ?
Une publication en ligne dénonce le décalage entre le programme électoral des Engagés et les mesures votées au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles concernant l’enseignement. Parmi ces mesures, on retrouve l’ajout de deux périodes face à la classe pour les enseignants du secondaire supérieur, sans contrepartie financière. Le décalage entre les propositions des Engagés dans leur programme avec le texte voté est manifeste. Si le sentiment d’avoir été trompé est bien réel pour certains électeurs, cet écart entre le programme et les faits ne s’apparente cependant pas, selon les politologues, à une « trahison » mais davantage à une « confrontation avec le réel ».

© © Tous droits réservés / Des personnes se rassemblent pour une manifestation d’enseignants devant le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles à Bruxelles, le jeudi 4 juin 2026.
Le vote du décret-programme en Fédération Wallonie-Bruxelles et particulièrement les mesures qui prévoient la réforme de l’enseignement suscitent la colère d’une partie du corps enseignant, d’élèves, de parents et de l’opposition. Le gouvernement MR-Les Engagés espère économiser 500 millions d’euros d’ici 2029 pour réduire le déficit budgétaire de la FWB.
Le 26 mai, plusieurs centaines de directions d’écoles de l’enseignement libre ont manifesté devant le siège des Engagés pour dénoncer les décisions du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles concernant l’enseignement. Un mouvement de grogne actif notamment du côté de l’enseignement libre, dont les liens avec l’ancien parti social-chrétien, PSC (devenu cdH, puis Les Engagés) sont historiques, qui illustre le sentiment que certains électeurs qui ont voté pour Les Engagés en 2024 se sentent aujourd’hui trahis.
Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF
C’est dans ce contexte que le compte « Profpascontent » a publié un « carrousel » (ndlr : une suite de plusieurs visuels à faire défiler sur les réseaux sociaux), sur son compte Instagam et sur Facebook, le 4 juin 2026. Une publication partagée par le compte « marsattackfwb », du nom du collectif d’acteurs de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles (profs, directions, parents et élèves) Mars Attack, né en mars 2026 pour contester les réformes budgétaires et scolaires de la majorité MR- Les Engagés.
La publication, constituée de dix visuels a accumulé plus de 8300 « J’aime » et près de 1000 partages depuis sa mise en ligne. La première image reprend le texte : « Désolé J’ai fait une erreur J’ai voté pour Les Engagés en 2024 ».
La légende de la publication débute par ce texte : « J’ai voté Les Engagés en 2024. Aujourd’hui, je m’en excuse. Pas parce que j’ai été déçu par une ambiance ou un changement de ton. Mais parce que j’avais fait le travail : j’avais lu leur programme. Noir sur blanc. Et aujourd’hui, je le relis, ligne par ligne, en face de ce que cette majorité MR – Les Engagés fait vraiment. Le résultat dans ce carrousel ». Plus loin on peut lire au sujet des Engagés : « Le parti du « courage de changer » fait aujourd’hui exactement l’inverse de ce qu’il m’avait promis. »
Parmi les dix visuels, nous avons choisi de vérifier plusieurs informations liées aux augmentations de salaire et aux deux périodes supplémentaires face à la classe. L’un des points clés du décret programme.
Deux heures devant la classe, prestées sans salaire supplémentaire
La cinquième visualisation de la publication analysée indique :
« PROMIS :

© Capture d’écran Instagram / Extrait d’un carrousel publié par les comptes Instagram de « Mars Attacks » et de « profpascontent ».
Ce texte fait référence à la partie du décret programme qui prévoit que les professeurs du secondaire supérieur (4e, 5e et 6e années) devront prester deux périodes supplémentaires de cours par semaine de 50 minutes dès la rentrée de l’année scolaire 2026-2027. Leur horaire va donc passer de 20 à 22 périodes de 50 minutes devant la classe. Soit une augmentation du temps de travail face à des élèves de 10%. Un accroissement du temps de travail qui engendre également du temps de travail supplémentaire, en préparation, accompagnement et corrections selon les opposants à la réforme et cela sans revalorisation salariale prévue en lien avec cette charge horaire supplémentaire.
Des mesures d’économies annoncées en octobre 2025 et votées ce 5 juin 2026 par la majorité
Cette disposition fait partie des mesures validées lors d’un vote au Parlement de la Fédération Wallonnie Bruxelles (FWB) par ce vote du décret-programme. Il s’agit de l’augmentation de la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur sans compensation salariale.
Ces mesures s’inscrivent dans le plan d’économies annoncé en octobre 2025 par la majorité MR- Les Engagés pour réduire le déficit chronique de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elles visent à faire quelque 500 millions d’euros d’économies, sur un budget global de 15 milliards d’euros environ d’ici 2029 afin de réduire le déficit à 1,2 milliard par an, au lieu d’1,6 milliard actuellement.
Parmi les partis qui ont voté en faveur de ce décret programme le 5 juin 2026, on retrouve l’ensemble des députés Engagés, à l’exception de l’abstention de Mathilde Vandorpe.
Que disait le programme des Engagés en 2024 ?
Mais que contenait le programme des Engagés pour les élections de 2024 concernant l’enseignement et, en particulier, les propositions qui visaient le salaire et le temps de travail des enseignants ?
Le « Programme national pour les élections 2024 » des Engagés est un document de 701 pages. Parmi ces 701 pages, deux chapitres sont spécifiquement orientés « Enseignement ». Un volet « enseignement obligatoire » et un volet « enseignement supérieur et recherche », pour un total de plus de 63 pages consacrées de près ou de loin à l’enseignement.
Une revalorisation de salaire de 10% pour tous les enseignants ?
Dans un chapitre intitulé « Lutter contre la pénurie et revaloriser la fonction des enseignants », section 1.2 « Mieux rémunérer les enseignants et modifier leur statut » (ndlr : page 329-330) le programme des Engagés de 2024 indique : « Afin qu’une revalorisation salariale soit soutenable budgétairement et afin de lutter contre la pénurie, celle-ci devra être associée avec une augmentation des périodes consacrées à l’encadrement des élèves ».
Après avoir évoqué les enjeux liés aux statuts des professeurs et leur « nécessaire modernisation », le programme indique :
« En ce qui concerne l’enseignement, dans l’attente de cette modernisation et au vu du souhait de revalorisation salariale, nous souhaitons laisser le choix aux enseignants entre le statut de nomination actuel et un statut alternatif comprenant les éléments suivants :
– Un engagement sur base d’un contrat à durée indéterminée pour les enseignements qui ne sont pas déjà nommés.
– Une revalorisation salariale de minimum 10%.
– Une augmentation du temps en classe de deux périodes consacrées à l’encadrement ou au soutien des élèves, sauf en début et en fin de carrière. »
Le projet de nouveau statut « CDI », pas abouti
Le projet écrit par Les Engagés envisageait de permettre aux enseignants d’opter pour un statut « alternatif » à la nomination. Ce projet de changement de statut, vise à remplacer celui de la nomination par un CDI. Dans le programme des Engagés, ce nouveau statut « CDI » serait accompagné d’une augmentation salariale de « minimum 10% » en lien avec une augmentation « du temps en classe de deux périodes ».
Contactés par nos soins, Les Engagés indiquent : « Il n’a pas été prévu dans le programme d’augmenter de facto le salaire de tous les enseignants de 10%, mais bien de ceux qui seraient engagés en CDI. Aujourd’hui, le projet de « CDI enseignants » n’est pas encore finalisé. Cette augmentation n’est donc pas à l’ordre du jour. »
Les discussions autour du changement de statut se confrontent à d’autres contraintes budgétaires. Selon l’avant-projet de décret, un basculement généralisé vers le CDI ferait fortement augmenter les cotisations patronales supportées par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le surcoût pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d’euros, selon Trends/Tendances. Les discussions à ce sujet sont actuellement en suspens, en l’absence de solutions concrètes. Les 10% d’augmentation salariale prévue dans ce cadre sont donc, à ce stade, gelés.
Deux périodes supplémentaires devant la classe pour les enseignants du secondaire supérieur
Concernant les deux heures supplémentaires, comme l’indique la publication sur Instagram, le décret-programme prévoit en effet le passage de 20 périodes à 22 périodes de 50 minutes supplémentaires devant la classe à partir de la rentrée 2026 pour les professeurs du secondaire supérieur.
Les enseignants de l’enseignement spécialisé ne sont pas concernés par cette augmentation du temps de travail. Par ailleurs, les enseignants qui entament leur première année d’enseignement (qui prestent plus d’un mi-temps) et ceux de plus de 60 ans peuvent bénéficier d’un aménagement équivalent sous forme de missions pédagogiques ou d’accompagnement.
Diminution de salaire prévue au prorata et augmentation de 5% pour les diplômés en quatre ans
Concernant le « retrait de 9% sur le salaire » évoqué dans le texte en cas de refus de prester les deux périodes devant la classe prévues, le décret-programme une réduction automatique de la rémunération au prorata. Si un professeur refuse de dispenser deux heures sur les 22 devenues obligatoires, il ne s’agit dès lors plus d’un temps plein.
Le salaire brut sera mécaniquement réduit à hauteur des heures non effectuées, soit une diminution mathématique d’environ 9,1% du salaire brut (2/22), puisqu’il manquerait deux heures sur 22 par rapport au salaire complet lié à un temps plein.
Enfin, l’augmentation salariale de 5% évoquée dans la publication pour « une poignée de jeunes enseignants » ne figure pas dans le nouveau décret-programme. Elle correspond aux revalorisations déjà prévues dans le cadre de la réforme de la formation initiale (master en quatre ans au lieu de trois ans d’études), un dossier distinct.
Le nouveau barème, acté le 30 janvier 2026, « s’appliquera aux titulaires d’un master en enseignement entrant dans la profession à partir de la rentrée 2027 ». Elle concernera donc, à terme, l’ensemble des enseignants qui sont dorénavant formés en quatre ans.
Un décalage justifié par la « nécessité de pérenniser notre système éducatif »
Le décret-programme voté ce 5 juin ne correspond effectivement pas au projet des Engagés de 2024. L’ambition de permettre volontairement aux enseignants de prester deux périodes supplémentaires devant la classe en échange d’une revalorisation d’au minimum 10% de salaire et de l’abandon du statut de la nomination n’est pas aboutie à ce stade.
Le passage de 20 à 22 périodes devant la classe pour les professeurs du secondaire supérieur sans augmentation salariale en contrepartie ne figure pas dans le programme. S’il envisageait une augmentation de deux heures de cours, c’était dans un cadre précis qui prévoyait, en contrepartie, une revalorisation salariale.
Du côté des Engagés, ce décalage est expliqué par la situation budgétaire. Le parti indique à la RTBF que « les décisions qui ont été prises ne l’ont pas été de gaieté de cœur. On est conscient qu’elles demandent un effort et qu’elles ne sont pas faciles ».
Les Engagés indiquent assumer ces mesures parce qu’elles sont « nécessaires pour pérenniser notre système éducatif ». « Le déficit est passé de 300 millions d’euros en 2019 à près de 1,5 milliard aujourd’hui. Sans intervention, la dette pourrait atteindre 21 milliards d’euros à l’horizon 2029. Dans un budget consacré pour plus de la moitié à l’enseignement obligatoire, essentiellement composé de dépenses salariales, les marges de manœuvre sont extrêmement limitées ». Pour le parti : « Stabiliser les finances de la Fédération n’est donc pas un choix de confort, mais une nécessité pour préserver durablement sa capacité à financer ses missions essentielles. »
Les Engagés ont-ils trahi leurs électeurs ?
Ce décalage entre le programme et les mesures votées par Les Engagés peut-il être considéré comme une trahison par les électeurs ?
Les programmes des partis sont parfois en décalage avec les mesures votées une fois au pouvoir pour plusieurs raisons : « Cela peut être de la trahison, cela peut être dû au fait qu’on promet une chose mais qu’on sait très bien qu’on ne va pas la tenir. Cela peut être la dimension qui impose de faire des compromis avec son ou ses partenaires de coalition, et on n’obtient donc pas nécessairement tout ce que l’on souhaitait. Cela peut être aussi lié la confrontation au réel », explique Jean Faniel, directeur général du CRISP (Centre de recherche et d’information socio-politiques).
Concernant le jeu des coalitions, résultat de notre système électoral proportionnel, il impose notamment de trouver des accords avec d’autres partis pour former des majorités. Aucun parti n’exécute donc son programme à la lettre.
Les élus ont une certaine autonomie par rapport à leurs programmes
« En Belgique, le mandat impératif n’existe pas. On ne confie pas aux élus un mandat auquel ils doivent se tenir sans avoir la possibilité d’avoir une certaine autonomie, une certaine indépendance, une prise de distance par rapport à leurs promesses », indique Jean Faniel.
Soit dans le cas présent parce que le parti doit faire des compromis, des concessions. Soit parce que la situation évolue et qu’il se confronte au réel.
« Dans le cas des Engagés, notamment par la voix de la ministre présidente et ministre du budget Elisabeth Degryse, il y a également l’idée de la confrontation au réel. C’est-à-dire qu’on aimerait bien faire plein de choses, mais on n’a pas les sous pour le faire », indique encore le docteur en sciences politiques. « Donc en termes d’analyse politique, on peut difficilement parler de trahison. On peut néanmoins constater qu’il y a des écarts avec ce qui a été promis, ou qui en tout cas était souhaité, ou annoncé dans le programme du parti. »
« Après, évidemment, on peut aussi entrer dans les détails. Il y a notamment un contre-rapport qui a été fait par des économistes qui montrent que la situation de la communauté française sur le plan budgétaire n’est pas aussi catastrophique que ce qui est annoncé par le monde politique », indique Jean Faniel. Ce contre-rapport estime que le diagnostic « d’insoutenabilité » des finances de la FWB repose sur une lecture contestable de la situation budgétaire de l’entité.
Des écarts réels entre le programme et les mesures votées
En dépit des nuances factuelles qui accompagnent la publication de « Mars Attacks » et « profpascontent », l’analyse des positions entre le programme des Engagés et ce que le parti a voté en matière d’augmentation de travail et des salaires dans l’enseignement montre effectivement des écarts. Ces écarts alimentent le sentiment de certains électeurs d’avoir été « trahis ».
Cependant, en Belgique, le mandat impératif n’existe pas et les élus ont une certaine autonomie et de l’indépendance par rapport aux programmes présentés lors des campagnes électorales. Par ailleurs, la constitution de coalitions impose de faire des concessions par rapport au projet présenté devant les électeurs.
Enfin, la « confrontation au réel », à savoir ici la situation budgétaire difficile de la FWB, impose parfois aux partis de revoir leurs copies. Dans ce contexte, chaque électeur est à même de se positionner sur la pertinence des choix ou des renoncements effectués par le parti pour lequel il a voté.
L’histoire virale de cette dame bloquée dans le tuyau d’un parc aquatique est fausse
La vidéo d’une femme bloquée à l’envers dans le tuyau d’un toboggan d’un parc aquatique a fait des millions de vues depuis sa mise en ligne. L’histoire qui accompagne les images explique qu’elle aurait déjoué la surveillance des lieux mais les faits décrits sont incohérents et n’ont pas de source factuelle. Par ailleurs, les images virales de cette dame en surpoids bloquée et prise en charge par les pompiers ont été générées par de l’intelligence artificielle.

© Capture d’écran Instagram / Capture d’écran d’une vidéo générée par IA montrant une dame bloquée dans le toboggan d’un parc aquatique.
Une dame se retrouve bloquée, la tête à l’envers, dans le tuyau de l’une des attractions d’un parc aquatique. Sur les images, une femme en maillot, visiblement en surpoids, est assistée par un homme habillé et équipé à la manière d’un technicien.
Ces images et l’histoire qui les accompagne sont devenues virales et ont généré des millions de vues en quelques jours.
Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF
Une vidéo publiée le 25 mai 2026 sur Instagram a dépassé les 4,2 millions de vues depuis sa mise en ligne. Ce « reel » est accompagné d’une légende en anglais qui décrit dans un long texte comment une dame aurait déjoué la sécurité d’un parc aquatique en Floride pour se glisser dans un toboggan, avant d’y rester bloquée la tête à l’envers pour ensuite être assistée par des pompiers et enfin être extraite de la structure. La vidéo montre la femme en détresse et pousser des cris alors qu’un homme tente de lui venir en aide sous le regard des passants.
Sur TikTok les mêmes images sont légendées en français : « Dégouté Tobogan fermé cet aprem Piscine ». La vidéo a accumulé plus de 254.000 vues depuis sa mise en ligne le 27 mai.
Un contenu repris sur plusieurs plateformes, dans plusieurs langues
Une recherche par image inversée permet de constater que ce contenu a été largement repris par d’autres utilisateurs Instagram. C’est le cas notamment de cette publication (1,6 million de vues) par un compte indien en anglais (ici) ou d’autres comptes qui publient en espagnol (ici, ici ou ici avec 625.000 vues pour cet autre « reel »).
D’autres versions existent également sur X avec 2,9 millions de vues pour cette publication qui reprend les images et indique en commentaire : « Si vous avez besoin d’un coup de pouce pour résister au rayon des biscuits, voilà peut-être ce qu’il vous faut. »
Sur Facebook, la version de l’histoire accompagnée des mêmes images se passe cette fois à Marietta, une ville de l’Ohio aux États-Unis. Une différence notable avec les autres vidéos qui évoquent un incident qui se serait produit en Floride.
Une histoire incohérente et sans fondement
L’histoire décrite dans la publication la plus ancienne et la plus virale, publiée par le compte « Thrustwhatyousee », détaille les événements de cette façon, en anglais :
« C’était un après-midi très animé au parc aquatique en Floride. L’endroit résonnait du clapotis de l’eau, des cris des enfants et des sifflets du personnel qui veillait à ce que tout le monde respecte les règles. Le grand toboggan aquatique était l’attraction principale, mais son accès était strictement contrôlé : le personnel se trouvait uniquement en haut, et un seul utilisateur à la fois était autorisé. »

© Capture d’écran Instagram / Capture d’écran d’une publication virale générée par IA.
Dans la description ci-dessus, il est indiqué que les mesures de sécurité précisent que « un seul utilisateur à la fois était autorisé ». C’est bien le cas pour la dame bloquée dans les images présentées en lien, donc il n’y a pas de raison que la dame se soit vu refuser l’accès à l’attraction pour cette raison. Aucun autre élément factuel n’est précisé, comme le nom du parc aquatique concerné ni sa localisation précise.
Par ailleurs, un événement comme celui-là aurait été mentionné par la presse locale, au minimum. Une recherche sur les mot-clés correspondant en anglais à « femme à l’envers dans un toboggan » dans Google actualités ne donne pourtant aucun résultat en lien avec les incidents et les détails de la vidéo.
Des images générées par IA
Plusieurs autres éléments incohérents dans les images indiquent que ces dernières ont été générées par des outils d’intelligence artificielle.
- La dame n’a pas de maillot de bain au niveau du bas.
- L’outil utilisé par l’agent semble coller au tuyau mais il est impossible de déterminer s’il rentre dans le tube, ni son utilité.
- Sur la vidéo, de l’eau coule en bas du tuyau, mais elle ne passe pas autour du corps de la dame et ne s’accumule pas autour de ses épaules et de sa tête, comme on pourrait s’y attendre. Par ailleurs, l’eau qui passe semble ensuite figée.
- Ni la bouche, ni la tête de la dame ne bougent lorsqu’elle soupire en disant » Oh, my god ! »,
- Sa poitrine et son ventre ne bougent pas non plus lorsqu’on entend qu’elle tente de respirer fortement pour reprendre son souffle.
- Les personnes en bas de l’attraction ont des formes inconsistantes pour des êtres humains
Par ailleurs, l’outil d’analyse des images générées par IA, Hive Moderation, indique un taux de probabilité de 99,9% qu’elle ait été générée à l’aide d’IA et une probabilité élevée que la vidéo ait été générée via l’outil IA de création Seedance 2.0.

© Capture d’écran Hive Moderation / L’outil de détection de contenus générés à l’aide d’IA évalue la vidéo comme étant à 99,9% probablement générée par de l’intelligence artificielle.
Enfin, d’autres versions des images existent, notamment sur Youtube. Dans un « short », la même scène a été réutilisée mais le maillot de la dame a changé de couleur et le monsieur qui lui vient en aide n’est plus équipé à la manière d’un pompier. Preuve que les images sont inauthentiques et manipulées.

© Capture d’écran Youtube (G) / Instagram (D) / Des images générées par IA d’une dame bloquée dans un tuyau circulent sur les réseaux sociaux.
L’histoire de cette dame bloquée dans le tuyau de l’attraction d’un parc aquatique n’a donc aucun fondement factuel. Le récit est construit autour d’images sensationnalistes d’une femme visiblement en surpoids. Le contenu est généré par des outils de création de vidéos à l’aide d’IA. Pourtant, les publications analysées sur les différentes plateformes ne le mentionnent généralement pas.
Ces contenus deviennent potentiellement rapidement viraux et visent à recueillir des likes, des partages et des vues par des utilisateurs sur les réseaux sociaux à des fins pécuniaires.
« Quatre types d’extraterrestres sur terre » : d’où vient l’info diffusée notamment par Fox News et ce visuel qui circule largement
Sur les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs partagent des informations sur l’existence sur terre de quatre types d’extraterrestres : « les Gris », « les Nordiques », « les Insectoïdes » et « les Reptiliens ». Ces publications se basent sur des déclarations non vérifiées d’experts qui travaillent sur les Ovnis et interviennent dans le cadre de la publication récente de nouvelles vidéos d’Ovnis par le Département de la guerre des États-Unis. Des informations diffusées par la chaîne Fox News et un visuel du New York Post sont utilisées pour donner du crédit à cette théorie des « quatre types d’aliens », sans base factuelle à ce stade.

© AARO / Via Department of War of the USA / Capture d’écran issue d’une séquence vidéo d’une durée d’une minute et 46 secondes provenant d’un capteur infrarouge embarqué sur une plateforme militaire américaine en 2013. L’auteur du rapport n’a fourni aucune description orale ou écrite.
La publication le 8 mai dernier de documents sur les objets volants non identifiés par le ministère américain de la Défense a réalimenté les discussions et différentes théories autour de l’existence d’une forme de vie extraterrestre. Ces 158 documents, tenus secrets jusque-là, ont commencé à être publiés sur une page dédiée du site internet du Pentagone.
Ce vendredi 22 mai une nouvelle série de documents a été rendue disponibles dans la rubrique dédiée sur le site de la Défense des États-Unis. Les documents et vidéos y sont en accès libre et téléchargeables par le public. Avec les 64 nouveaux documents publiés ce 22 mai, cela fait un total de 222 fichiers.
Des vidéos d’ovnis aux formes hétérogènes accessibles au grand public
Dans ces documents publiés par le Pentagone, on retrouve des enregistrements audios, des fichiers PDF ou des images issus d’agences comme la Nasa, du FBI ou de la CIA.
Parmi ces fichiers on trouve également des vidéos d’Ovnis (objets volants non identifiés) aux formes très hétérogènes. Ils sont parfois matérialisés sous la forme de boules lumineuses se déplaçant de manière très rapide, ailleurs ils ressemblent d’avantage à une soucoupe volante. Ils ont parfois l’apparence de structures plus complexes, d’une rose des vents ou d’objets survolant la mer.
Les documents sont rendus disponibles accompagnés d’éléments de contexte sur le cadre de leur diffusion.
Exemple de vidéo rendue accessible sur le site dédié du « Department of War »
Dans la description de cette vidéo, on peut lire notamment que l’AARO, soit le « Bureau de résolution des anomalies tous domaines confondus » en français et qui appartient département de la Défense des États-Unis « estime que cette vidéo, dont le titre défini par l’auteur du téléchargement est « 4 UAP Formation Iran 26 août 2022 au-dessus de l’eau [CALLSIGN] », provient probablement d’un capteur infrarouge embarqué à bord d’une plateforme militaire américaine opérant dans la zone de responsabilité du Commandement central des États-Unis en 2022. Un utilisateur a téléchargé cette vidéo sur un réseau classifié en juin 2024″.
Des déclarations de Hal Puthoff issues du podcast « The diary of a CEO »
C’est dans ce contexte, que la chaîne Youtube, « The diary of a CEO » (ndlr : le journal d’un chef d’entreprise, en français) a interrogé un ancien scientifique de la CIA. La vidéo, titrée « un physicien de la CIA prouve que les extraterrestres existent » a dépassé les 3,3 millions de vues sur la plateforme vidéo. « The Diary of a CEO » est un podcast et une chaîne YouTube extrêmement populaires, animés par l’entrepreneur et investisseur britannique Steven Bartlett.
Dans cette vidéo publiée le 14 mai 2026, le Dr Harold Puthoff affirme en lien avec l’évocation de la publication de la « première série de preuves » du 8 mai avec les documents du Pentagone que « les preuves sont absolument claires : il existe une forme de vie dotée d’une technologie avancée ».
Harold Edward Puthoff, appelé aussi Hal Puthoff, est un ingénieur électricien et parapsychologue issu de l’université de Stanford. Il est notamment connu pour ses travaux en physique laser, ses recherches sur la vision à distance et ses théories sur l’énergie du point zéro. L’homme originaire de l’Illinois travaille sur les UAP (Unidentified Anomalous Phenomena, en anglais) ou « Phénomène Aérien Non identifié » (PAN en français), et il a aujourd’hui 89 ans.

© Capture d’écran Youtube
Lors de l’entretien qui inclue aussi Dan Farah, le réalisateur et producteur de documentaire qui affirme notamment que les États cachent l’existence des Ovnis depuis plus de 80 ans, M. Puthoff a déclaré au sujet de l’existence des récupérations d’engins volants non identifiés et des extraterrestres qui auraient été découverts à bord : « Les personnes qui ont été impliquées dans les récupérations ont dit qu’il y a au moins quatre types. Quatre types distincts. »
Il a ensuite précisé : « Maintenant, je n’ai pas eu un accès direct à cela, mais je crois les personnes à qui j’ai parlé — quatre types distincts de vie. »
Les « Gris », les « Nordiques », les « Reptiliens » et les « Insectoïdes »
Sans préciser de quels « types » il s’agirait précisément, des internautes ont fait le rapprochement avec les déclarations d’un confrère de M. Puthoff.
Son ancien collègue de l’AAWSAP (un programme secret de renseignement du département de la Défense américain), le Dr Eric Davis, a effectivement nommé l’an dernier dans un podcast quatre types de formes de vie biologiques qui auraient été extraites des débris d’Ovnis abattus ou écrasés.
Il y aurait, selon lui : « les Gris », « les Nordiques », « les Insectoïdes » et « les Reptiliens ». Lors d’une commission sur les UAP en janvier 2025, il a expliqué que chacune de ces espèces extraterrestres possède deux bras et deux jambes et une apparence humanoïde.
Une information reprise en prime time sur Fox News

© Capture d’écran Instagram / Une publication sur Instagram reprend la théorie des « 4 espèces non humaines », développée par Hal Puthoff.
Lors de l’émission « Jesse Watters Primetime », un talk-show conservateur américain et un programme d’actualité animé par l’animateur et commentateur politique Jesse Watters sur Fox News et diffusé en direct en semaine à 20 heures, l’animateur a invité Dan Farah le 19 mai pour commenter les publications du Pentagone. Il s’agit de l’homme qui a réalisé le documentaire « The Age of Disclosure » et qui accompagnait Hal Puthoff lors du podcast de « The diary of a CEO ».
Lors de cette séquence télévisée en « prime time » sur Fox, Dan Farah a réitéré ses déclarations sur la façon dont les « gouvernements cherchent à cacher la réalité » au sujet des extraterrestres et que « des corps ‘non humains’ appartenant à diverses espèces ont été retrouvés à bord d’ovnis qui se sont écrasés ».
Nous n’avons pas encore vu les preuves
Jesse Watters, au sujet de ces spéculations sur les extraterrestres
Dans l’introduction de la séquence qui n’a pas été publiée par Fox News mais reprise massivement par des internautes, Jesse Watters explique que plus d’un milliard de personnes ont visité le nouveau site du Pentagone qui recense les vidéos d’Ovnis. Il indique aussi : « Des spécialistes d’Ovnis et des chercheurs de haut niveau enquêtent sur les extraterrestres depuis des années. Leurs sources affirment que des dizaines d’Ovnis écrasés ont été récupérés. Et ce qu’ils ont trouvé à l’intérieur est choquant » avant de lancer les déclarations de M. Puthoff sur les « quatre types d’aliens » du podcast.
Il reprend ensuite les quatre types d’aliens nommés par Davis et indique : « Les experts supposent que les Reptiliens ont une peau écailleuse, avec une longue queue comme un lézard, les Insectoïdes ressemblent à une mante religieuse, les Gris ressemblent à l’extraterrestre classique des films et les Nordiques ressemblent à un Suédois ordinaire mais mesurent plus de deux mètres ».
Il ajoute : « Nous n’avons pas encore vu les preuves mais Pete Hesgeth (ndlr : le responsable de la Défense des États-Unis) affirme que davantage de preuves vont arriver. Et il y a beaucoup de personnes qui y croient au Congrès. » Enfin, il évoque un lien entre ces « révélations » et la disparition mystérieuse de plusieurs scientifiques dernièrement aux États-Unis.
Une infographie du New York Post circule massivement sur les réseaux sociaux
La description des « quatre types d’aliens » faites par Jesse Watters se base sur différents récits, notamment sur celles détaillées par Eric Davis. Mais un autre élément alimente les spéculations autour de ces « quatre type d’aliens ».
Il s’agit d’un visuel qui a été repris massivement et qui conceptualise visuellement les spécificités de chacun de ces types.

© Capture d’écran Instagram / Visuel largement partagé sur les réseaux sociaux, créé par un graphiste du New York Post avec la légende : « Les quatre types d’extraterrestres qui auraient été retrouvés dans des ovnis qui se seraient écrasés, selon un ancien chercheur gouvernemental.
Le tabloïd conservateur détenu en grande partie par le milliardaire Rupert Murdoch New York Post a publié un article le 16 mai 2026 intitulé : »‘Quatre espèces extraterrestres ont été extraites d’OVNIS qui se sont écrasés’, affirme un ancien chercheur du gouvernement », basé sur les déclarations de Hal Puthoff.
Pour illustrer ces déclarations, l’article comprend un visuel conceptualisant les caractéristiques physiques des « Insectoïdes, Gris, Reptiliens et Nordiques ». La légende, qui ne circule pas systématiquement dans les publications virales sur les réseaux sociaux indique clairement : « Les quatre types d’extraterrestres qui auraient été retrouvés dans des ovnis qui se seraient écrasés, selon un ancien chercheur gouvernemental financé par la CIA. ».
À l’aide d’IA notamment, il est extrêmement facile d’adapter ces visuels. Ils permettent à des influenceurs de soutenir la théorie qu’il s’agit de faits avérés et vérifiés. Le fait qu’une séquence de Fow News diffusée en prime time se soit fait l’écho de cette théorie des « quatre type d’aliens » permet à ceux qui y croient ou à des utilisateurs à la recherche de sensationnalisme de faire du clic facilement.
Une séquence qui relance l’intérêt sur les questions autour de la vie extraterrestre
Les publications du Pentagone ont relancé l’intérêt et les débats autour de l’existence d’une vie extraterrestre et les observations inexpliquées d’Ovnis.
Le département de la Guerre des États-Unis explique notamment qu’il y a un enjeu politique derrière la mise à disposition au public de ces documents : « Alors que les gouvernements précédents cherchaient à discréditer ou à dissuader le peuple américain, le président Trump s’attache à offrir une transparence maximale au public, qui peut ainsi se forger sa propre opinion sur les informations contenues dans ces dossiers. »
De nombreuses personnes estiment que les possibilités d’une vie extraterrestre sont bien réelles. L’ancien président démocrate Barack Obama a notamment affirmé que « d’un point de vue statistique, il y a de fortes chances qu’il y ait de la vie ailleurs, mais il n’a trouvé » aucune preuve « de cela pendant son mandat. » À ce stade les documents publiés par le Pentagone n’ont pas permis d’éclaircir la provenance ou l’origine de ces Ovnis. Les déclarations sur les « quatre type d’extraterrestres » restent également de la pure spéculation, faute de preuve tangible.
Israël a admis avoir endommagé, début mai 2026, le site d’une congrégation religieuse grecque-catholique dans le sud du Liban, lors d’opérations militaires visant à créer une zone interdite d’accès à l’intérieur du territoire libanais. Mais l’ampleur des destructions a rapidement été l’objet de récits contradictoires : Les autorités israéliennes et l’ambassadeur d’Israël en France ont nié que l’armée ait détruit le couvent et son école, affirmant avoir visé une « infrastructure terroriste » du Hezbollah. Des sources locales ont au contraire soutenu que le couvent avait été rasé. Des images satellite obtenues par l’AFP, des photos prises par des habitants et plusieurs témoignages montrent que le couvent, l’école et une large partie du village ont en réalité été détruits.
L’ajout d’électrolytes est-il indispensable pour l’hydratation en cas de fortes chaleurs ?
Sur les réseaux sociaux, des comptes affirment que boire de l’eau ne suffit pas en cas de fortes chaleurs. Selon eux, l’ajout d’électrolytes est indispensable pour bien s’hydrater. Certains conseillent notamment d’ajouter du sel dans l’eau proposée aux enfants. Pourtant, l’ajout spécifique d’électrolytes n’est pertinent que dans des cas particuliers de pratique sportive intense ou certaines conditions médicales spécifiques. Dans l’immense majorité des situations quotidiennes et sportives, l’eau pure reste la solution idéale selon les experts.

© Getty Images / Portrait d’une jeune fille en train de boire de l’eau d’une bouteille en plastique dans un parc par une journée chaude et ensoleillée.
Les fortes chaleurs de ces derniers jours inspirent des publications sur les réseaux sociaux autour de conseils sur comment se protéger de la canicule ou s’adapter pour continuer à pouvoir faire du sport malgré les températures élevées.
Des internautes évoquent aussi la façon de s’hydrater, un élément clé du fonctionnement du corps humain, particulièrement sensible quand le thermomètre grimpe. Certains d’entre eux estiment que boire de l’eau simplement n’est pas suffisant. Ils recommandent l’ajout d’électrolytes, notamment pour les enfants.
Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF
Sur Instagram, une publication du 27 mai 2026 qui a dépassé les 49.000 vues indique : « C’est la canicule et tu ne donnes QUE de l’eau à tes enfants ? ERREUR : Blague à part, quand il fait très chaud, l’eau seule ne suffit pas à hydrater / reminéraliser le corps qui a transpiré ! ». La solution proposée par cette naturopathe et créatrice de contenu passe notamment par l’ajout de sel, d’une solution saline ou d’eau filtrée avec du magnésium en poudre ajoutés dans l’eau proposée à ses enfants.
Cet ajout de sel ou de magnésium revient à ajouter des électrolytes, nous y reviendrons. Cette tendance de l’utilisation de la consommation de boissons boostées aux électrolytes n’est pas récente. De nombreuses vidéos circulent sur ces boissons chargées en minéraux essentiels.
Toujours sur Instagram, un autre utilisateur propose de fabriquer soi-même une recette d’électrolytes à mélanger au quotidien avec son eau de consommation quotidienne qui « soutient hydratation, énergie et équilibre ». Le « reel » a dépassé les 445.000 vues depuis sa publication en avril 2025.
Le phénomène n’échappe pas à Tiktok, où la vidéo d’un sportif qui boit à une gourde explique par exemple que : « Ce qu’il y a là-dedans, c’est des électrolytes. Boire de l’eau tout seul ça ne suffit pas. ». Des boissons chargées en électrolytes ou des pastilles d’électrolytes se trouvent par ailleurs de plus en plus fréquemment dans les rayons des magasins de sport et supermarchés. Ces produits tentent de séduire un public de plus en plus large.
C’est quoi les électrolytes ?
Les électrolytes sont des minéraux essentiels (comme le sodium, le potassium, le magnésium et le calcium) qui portent une charge électrique. Ils sont indispensables au bon fonctionnement du corps humain. Ils régulent notamment l’équilibre de l’eau dans le corps et assurent son transfert à l’intérieur et à l’extérieur de vos cellules.
Concrètement, ce sont eux qui gèrent cette eau que le corps élimine plus rapidement en cas de forte chaleur ou lors d’un effort intense, via la transpiration ou les urines. La Docteure Marie Hechtermans, médecin du sport, l’explique : « Quand on transpire, on va perdre non seulement de l’eau, mais aussi des minéraux. »
« Ces minéraux, on va les trouver aussi dans notre alimentation classique. Par exemple, le sodium, on le trouve sous la forme de chlorure de sodium, à savoir le sel de cuisine classique. Le potassium, on va en trouver dans les bananes par exemple. Le magnésium, dans le chocolat », détaille Mdame Hechtermans. Ces électrolytes sont donc naturellement présents dans notre corps grâce à notre alimentation quotidienne et une partie de ces minéraux est progressivement évacuée via la transpiration et l’urine.
Lors d’épisodes de forte chaleur ou dans des situations exceptionnelles, l’eau et les électrolytes tendent à être évacués plus vite par l’évaporation, donc par la transpiration via la peau, ou via l’urine.
L’apport d’électrolytes supplémentaires est-il vraiment nécessaire ?
Faut-il dès lors consommer des électrolytes complémentaires en parallèle de l’hydratation en eau pour combler cette élimination plus rapide ?
Pour Madame Hechtermans, la réponse est claire : »Est-ce que c’est utile et intéressant de boire des électrolytes dans la vie de tous les jours quand on n’est pas dans une pratique sportive à haut niveau ? Non, absolument pas ». En cas de forte chaleur elle recommande une hydratation adaptée aux besoins de tout un chacun et « une alimentation variée basée majoritairement sur des produits frais ».
Le Docteur Nicolas Guggenbuhl, diététicien nutritionniste et Professeur à la Haute Ecole Vinci, abonde dans le même sens : « Avant de rajouter quoi que ce soit dans l’eau, il faut bien se dire que ça dépend de ce qu’on a sur le côté ».
Parmi les électrolytes se trouve notamment le sodium, dont le corps d’un humain occidental ne manque généralement pas : « Le sel en fait, on en a plus que largement suffisamment. On est presque à 10 grammes de sel au lieu des maxima 5 grammes recommandés par jour. Prendre des pastilles de sel, c’est complètement insensé dans plus de 95% des cas ». « Si vous consommez suffisamment de végétaux, vous avez plein de potassium et donc vous n’avez pas besoin d’en rajouter. Si vous consommez des céréales complètes, des fruits à coque, des noix, vous avez suffisamment de magnésium », ajoute Nicolas Guggenbuhl.
Une utilité pour les efforts sportifs très intenses ou des pathologies comme les diarrhées
L’apport d’électrolytes supplémentaires via des ajouts dans l’eau ou de produits créés pour accompagner la pratique sportive n’a donc généralement pas d’intérêt dans la grande majorité des cas. Cependant, les experts interrogés notent des exceptions, notamment pour les performances sportives extrêmes, sous de fortes chaleurs. Comme c’est le cas pour les sportifs qui participent à Roland-Garros, par exemple.
« Dans l’absolu, dans sa vie quotidienne et une pratique sportive normale consommer une boisson optimisée pour la performance sportive alors que je suis moi-même un sportif amateur et que je ne suis pas en recherche de performance niveau olympique, ça n’a pas forcément d’intérêt. Boire une boisson d’électrolytes quand il fait très chaud et qu’on va courir 10, 15, 20 km, ça peut faire sens, si je n’ai pas accès à autre chose », explique Marie Hechtermans.
Il y a aussi des situations pathologiques dans lesquelles l’ajout d’électrolytes peut être pertinent alors que le corps n’assimile plus correctement l’eau. « Quand on a des vomissements ou des diarrhées importantes, on doit parfois rajouter des électrolytes dans ce qu’on appelle ‘une solution de réhydratation orale' », détaille Nicolas Guggenbuhl.
Déconseillé aux enfants et aux personnes qui ont des problèmes cardiovasculaires
C’est le cas aussi pour les enfants, « les électrolytes sont recommandés chez eux en cas de déshydratation sévère, donc dans des situations où par exemple, ils ont une gastro-entérite très importante, etc. Quand il fait juste chaud dehors, il n’y a pas besoin de donner des électrolytes aux enfants. Chez eux en plus on va éviter généralement de monter les taux de sel ou de créer des habitudes de manger très salé, très sucré, ce que ces produits-là peuvent induire. Pour les boissons sportives. J’ai même tendance à dire, faites attention avant de les donner aux enfants. Si vous n’êtes pas sûrs de leur composition, ne les donnez pas », recommande la médecin sportive.
Y a-t-il pour autant des risques à ingérer ces électrolytes en supplément à l’alimentation quotidienne, notamment chez les adultes ? « Tant que ça reste dans des quantités raisonnables, il n’y a pas particulièrement de danger. Après il y a un risque de faire rentrer trop de minéraux dans le système ce n’est pas terrible non plus », pour la médecin du sport Hechtermans.
« Attention notamment si on a des problèmes cardiaques ou cardiovasculaires en particulier », avertit encore Marie Hechtermans. « Là il faut en parler avec son médecin avant car les électrolytes. Ces derniers contiennent du sel et il y a des patients chez qui la prise excessive de sel n’est clairement pas recommandée, en particulier les patients qui ont de l’hypertension. »
Les conseils des experts en cas de fortes chaleurs
Sauf exception, l’ajout d’électrolytes dans vos boissons s’avère généralement inutile, même en cas de canicule.
En cas de forte chaleur, les spécialistes interrogés recommandent le plus possible au frais et de ne pas s’exposer au soleil. Ils mentionnent aussi l’importance d’une alimentation équilibrée et de s’hydrater sans se mettre la pression, car chacun a des besoins spécifiques. Les personnes âgées doivent néanmoins faire l’objet de plus de vigilance car elles ressentent parfois moins la sensation de soif.
Enfin, si on se dépense et qu’on transpire beaucoup, comme ça peut être le cas dans les fortes chaleurs, vous pouvez préparer une boisson maison : « La petite recette qu’on recommande, c’est moitié de l’eau du robinet, moitié du jus de raisin, parce qu’il contient pas mal de choses en termes d’électrolytes et des sucres intéressants, avec une petite pincée de sel de cuisine ».
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