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09 Juil: Les voitures rejettent-elles plus de chaleur que les climatiseurs, comme l’affirme François Gemenne ?

Les voitures rejettent-elles plus de chaleur que les climatiseurs, comme l’affirme François Gemenne ?

Le climatologue François Gemenne a affirmé sur la chaîne de télévision française LCI que la circulation automobile génère davantage de chaleur que les systèmes de climatisation. Si les flux routiers s’avèrent effectivement plus émetteurs, la réalité est à nuancer selon le type de voiture, l’urbanisme et le nombre de climatiseurs en service.

© Getty Images et JOEL SAGET / AFP

© Getty Images et JOEL SAGET / AFP

© Getty Images et JOEL SAGET / AFP / Montage RTBF (François Gemenne, à gauche et voiture garée devant une climatisation en Argentine, à droite)

À peine retombée la plus intense vague de chaleur jamais enregistrée en Europe occidentale, les débats télévisés s’enflammaient encore ce dimanche 28 juin 2026 autour des conséquences d’un phénomène appelé, de toute évidence, à se répéter.

Ce fut notamment le cas sur la chaîne française LCI qui a organisé une discussion autour de cette question : « La canicule s’achève, le pire à venir à l’hôpital ? ». Sur le plateau, le spécialiste de la gouvernance du climat et des migrations, François Gemenne, a répondu en dénonçant notamment « le débat absurde sur la climatisation ».

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

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Selon le directeur de l’Observatoire Hugo à l’université de Liège, « sur les rejets de chaleur locaux, les voitures rejettent plus de chaleur que les climatiseurs ». Avant de poursuivre que si la climatisation a de « petits impacts sur l’environnement », elle a « d’énormes bénéfices sur la santé publique ».

L’affirmation du climatologue François Gemenne selon laquelle les voitures – en prenant en compte leur emplacement, leur carrosserie ou leur moteur – dégagent plus de chaleur que la climatisation est-elle exacte ?

Chaleur émise par les voitures à l’arrêt

Pour vérifier cette affirmation, il faut d’abord analyser l’empreinte thermique des véhicules. Sollicité par la RTBF, François Gemenne indique que ses conclusions concernant la chaleur émise par les voitures reposent notamment sur les données d’une étude mexicaine parue en 2022.

Les chercheurs ont modélisé différentes configurations de « canyons urbains » orientés nord-sud ou est-ouest, afin de mesurer la hausse des températures sur les façades liée au nombre de véhicules (0, 10 ou 20) immobilisés à un feu rouge. Les résultats montrent que l’orientation des rues et le vent jouent un rôle déterminant.

Ainsi, dans une rue est-ouest (ombragée toute la journée) et sans vent, l’arrêt des voitures fait grimper le thermomètre d’environ 1 °C (passant de 32 à 33 °C). En revanche, le phénomène s’emballe dans une rue nord-sud, beaucoup plus ensoleillée : à l’abri du vent, la présence des véhicules y fait bondir la température de 3,5 °C (de 38 à 41,5 °C), marquant un impact bien plus sévère.

Suivant ces conclusions, François Gemenne confirme que son « raisonnement est de dire que globalement, dans une ville comme Paris, qui est une ville très dense, peu climatisée mais très embouteillée, les rejets de chaleur engendrés par les véhicules sont très clairement supérieurs aux rejets de chaleur engendrés par les climatiseurs ». Avant d’ajouter que « c’est pareil pour Bruxelles, qui est également une ville très embouteillée et peu climatisée ».

Vague de chaleur : la canicule aurait engendré une surmortalité de 39% en Belgique, selon les premières analyses

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Le climatologue nuance toutefois en précisant que cette étude est une modélisation sur l’impact sur une façade des rejets de chaleur des voitures immobilisées à un feu rouge sur pendant une période donnée et donc une version mathématique du terrain qui n’est jamais une réplique parfaite de la réalité.

L’urbaniste Clément Gaillard, spécialisé dans l’adaptation au changement climatique, abonde en ce sens. Cette étude mexicaine comporte des limites puisqu’elle porte sur une échelle « micro », qui varie d’une ville à l’autre, ou d’un quartier à l’autre, selon sa configuration. Autrement dit, outre l’orientation de la rue, la chaleur émise par les voitures « va beaucoup dépendre [sa] largeur : plus une rue est étroite plus ça va poser problème », précise l’expert.

 

Noire ou blanche

La configuration urbaine n’est pas la seule variable qui joue sur le niveau de chaleur émise par les voitures, toujours à l’arrêt. En effet, leurs couleurs et leurs matériaux sont des facteurs déterminants dans ces niveaux de chaleur.

Ainsi, une étude portugaise citée par François Gemenne, menée à Lisbonne, a montré que les véhicules noirs provoquaient une surchauffe très localisée, à quelques dizaines de centimètres du véhicule. Selon ces chercheurs, cette couleur a un niveau d’émissivité de 0,95 (soit la capacité d’un corps ou d’une surface à absorber et à émettre l’énergie rayonnée, comprise entre 0 (réflecteur parfait, donc aucun rayonnement propre) et 1 (émetteur et absorbeur parfait). À l’inverse, les voitures blanches ont un niveau d’émissivité de 0,85 et les voitures argentées de 0,80. Et donc, plus la carrosserie est de couleur claire, moins elle émet de chaleur.

En plus de la couleur, les matériaux qui constituent les voitures dégagent plus ou moins de chaleur. Ainsi, l’acier qui constitue la plus grande partie de la carrosserie a une conductivité thermique comprise 14,6 et 16 watts par mètre kelvin (W/m-K). Mais c’est surtout l’aluminium, deuxième matériau d’une carrosserie présent sur le capot ou le coffre, qui dégage le plus de chaleur avec une conductivité thermique comprise entre 225 et 235 W/m-K, selon cette étude. En résumé, les matériaux d’une voiture, à commencer par l’acier et l’aluminium renvoient énormément de chaleur du soleil préalablement absorbée.

Tableau 1. Propriétés radiatives et thermiques des peintures automobiles, des matériaux de construction automobile et de l’asphalte. Les pourcentages indiqués après les couleurs représentent leur proportion dans le parc automobile européen.
Catégorie Type / Matériau Albédo (α) / Densité (kg/m³) Émissivité (ε) / Capacité thermique (J/kg·K) Conductivité thermique (k) (W/m·K)
Peinture automobile Blanc (17,4 %) 0,75 – 0,85 0,85
Noir (19,9 %) 0,05 – 0,10 0,95
Argent (7,5 %) 0,50 – 0,60 0,80
Gris (24,0 %) 0,30 – 0,45 0,85
Bleu (16,9 %) 0,25 – 0,40 0,85
Asphalte Propriétés radiatives ~0,05 – 0,20 0,90 – 0,95
Matériel Acier 7500 468 – 502 14.6 – 16
Plastiques 1000 1250 0,1 – 0,5
Aluminium 2700 887 – 921 225 – 235
Caoutchouc 1000 1966 – 2005 0,08
Verre 2500 792 0,8 – 1
Asphalte 2500 ~920 0,7 – 1,0

Sources : M. Matias, G. Mills, T. Silva, C. Girotti, A. Lopes

Thermiques vs électriques

Si la couleur, les matériaux et l’orientation de la rue au feu rouge comptent, le type de moteur reste le facteur déterminant dans les émissions de chaleur du véhicule une fois le contact mis. C’est ce qu’indique François Gemenne lors de l’échange avec notre rédaction : « Il est certain que les voitures électriques ne rejettent pas de chaleur, comme les voitures qui ont un moteur à combustion ».

Une étude de 2014 publiée dans Nature concluait déjà que l’adoption des véhicules électriques présente un potentiel majeur pour l’atténuation des îlots de chaleur urbains grâce à des rejets thermiques inférieurs à ceux des véhicules non électriques. Ces chercheurs prenaient l’exemple de la ville de Pékin où les véhicules électriques ne généraient alors que 19,8% de la charge thermique des véhicules non électriques.

Selon eux, si tous les véhicules de Pékin étaient remplacés par des véhicules électriques, la ville serait environ 1 °C plus fraîche en été.

Une voiture [thermique] c’est essentiellement une machine à faire de l’air chaud

Clément Gaillard, urbaniste

Plus d’une décennie plus tard, le constat est le même. Selon l’étude portugaise citée ci-dessus qui date de 2025, les gaz d’une voiture thermique sont expulsés à une température d’environ 400 °C et la température de fonctionnement du moteur est d’environ 95 °C.

Clément Gaillard explique ainsi qu’en ce qui concerne les véhicules thermiques, « il n’y a que 20% de l’énergie produite qui se transforme en énergie pour faire avancer la voiture. Le reste, 80%, c’est de la chaleur. Une voiture [thermique] c’est essentiellement une machine à faire de l’air chaud ». À l’inverse, poursuit l’urbaniste, « le rendement d’un moteur électrique est proche de 100%. Il est presque parfait. »

Ainsi, plus le parc automobile d’une ville sera électrifié, moins la chaleur émise par les véhicules sera importante. C’est d’ailleurs ce que pointe François Gemenne lors de son échange avec notre rédaction : « on peut faire l’hypothèse par exemple que, à Bruxelles, les rejets de chaleur des voitures seraient un peu moins importants parce que le parc automobile belge est davantage électrique que le parc automobile français. »

En effet, selon les données de Ecoscore.be, transmises par l’administration bruxelloise, les véhicules électriques représentent 5,3% du parc automobile de Bruxelles. Tandis qu’à Paris, cette part avoisine les 4%.

Le bitume bout

Voitures électriques ou thermiques, une fois en mouvement elles convertissent de la même manière l’énergie cinétique en chaleur et leurs pneus frottent tout autant sur le bitume, créant aussi de la chaleur.

L’infographie ci-dessous détaille les différents effets d’absorption ou de réflexion de la chaleur par les voitures.

Impact des véhicules sur les environnements urbains (d’après Chapman & Thornes et Prusa et al.) © RTBF

Par ailleurs, peu importe le type de motorisation, une voiture a besoin d’équipements urbains pour rouler, à commencer par de vastes étendues d’asphalte chauffées par le soleil. Indispensables, ces voiries ont un impact clef sur les températures en ville. Selon l’étude portugaise citée ci-dessus, l’asphalte a un niveau d’émissivité élevé, de l’ordre de 0,90-0,95. Et donc aussi important qu’une voiture avec une carrosserie noire.

Toutefois, il semble difficilement imaginable aujourd’hui de supprimer les routes dans une ville, estime Clément Gaillard. Car « si elles servent effectivement à faire rouler des voitures, elles servent aussi aux camions qui nous livrent pour qu’on puisse manger, aux véhicules de secours quand on ne va pas bien, ou ceux de la police quand on a un problème… ». Avant d’ajouter que si c’est uniquement pour ces usages de première nécessité, alors ces voiries sont peut-être surdimensionnées : « on n’a pas besoin d’avoir des quatre voies ou des trois voies dans les rues pour cela ».

Comment adapter nos villes au changement climatique ? Testez par vous-même

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Outre la réduction de la surface bitumée en ville, il existe d’autres solutions pour réduire la chaleur rejetée par ces voiries exclusivement dédiées au passage des véhicules, comme la végétalisation des rues, la mise en place de points d’eau ou le développement de mobilité douce.

Chaleur des climatiseurs

Une fois l’émission de chaleur des véhicules décrite et expliquée, il convient de s’intéresser à la seconde partie de l’affirmation de François Gemenne qui la compare avec celle des climatiseurs. La première étant plus importante que la seconde, selon lui.

Aujourd’hui, la littérature académique est unanime : si les climatiseurs rafraîchissent bien les intérieurs, il est indéniable qu’ils réchauffent les rues, entre + 0,5 °C et + 2,3 °C selon les études.

C’est donc moins que la chaleur émise par les voitures, en prenant par exemple, l’étude mexicaine citée ci-dessus qui calculait une hausse de la température entre 1 °C et 3,5 °C selon l’orientation de la rue. Toutefois, les méthodologies de calcul diffèrent. Deux études reposant sur des méthodologies différentes ne permettent pas d’aboutir à une conclusion rigoureuse.

Pour aller plus loin, il convient de regarder quelles sont les projections du nombre de climatiseurs installés à l’avenir et l’endroit où ils sont disposés.

Climatiseurs et cheminées

Une étude française de 2020 a modélisé les conséquences d’une généralisation de la climatisation à l’horizon 2100. Selon ces auteurs, en cas de canicule extrême comparable à celle de 2003, la chaleur rejetée par les appareils entraînerait une hausse moyenne de la température extérieure supérieure à 0,25 °C sur l’ensemble de l’agglomération parisienne, avec des pointes nocturnes pouvant atteindre + 2,4 °C dans les secteurs les plus densément bâtis situés hors de la capitale française intra-muros.

Citer [notre étude] comme référence des ordres de grandeur parisiens, c’est donc citer un plancher, pas un plafond

Vincent Viguié, économiste

Sauf que pour l’un de ces coauteurs, Vincent Viguié, « la méthodologie employée [dans cette étude] sous-estime l’augmentation des températures, la résolution spatiale du modèle lissant les effets locaux les plus intenses ». Le chercheur estime que « citer [notre étude] comme référence des ordres de grandeur parisiens, c’est donc citer un plancher, pas un plafond ».

Selon une analyse du Réseau de Transport d’Électricité français, un logement sur deux devrait être équipé d’un climatiseur d’ici 2035, soit deux fois plus qu’aujourd’hui. En Belgique, la trajectoire sera la même : notre pays a connu une hausse de 17% des ventes de climatiseurs durant l’été 2025 par rapport à l’année précédente.

Les installateurs de climatisation dépassés par les demandes

Les installateurs de climatisation dépassés par les demandes

Pour limiter les effets de la chaleur des climatiseurs dans les rues, Clément Gaillard fait une analogie avec les cheminées : « si on a développé tout un savoir-faire pour faire évacuer la fumée [des habitations] vers le haut, c’était une manière de ne pas trop nuire à la ville. »

Une étude publiée en septembre 2025 dans la revue Science arrive au même constat : lorsque les rejets de chaleur sont positionnés au niveau de la toiture, l’air chauffé qui en résulte reste en altitude et se trouve balayé plus vite par le vent, ce qui limite son effet sur le bâtiment lui-même. Ce type d’installation permettrait donc de limiter certains inconvénients associés aux climatiseurs installés en façade.

Clim en hauteur = moins de chaleur

Puisque les véhicules électriques émettent moins de chaleur dans les rues que les thermiques, tout comme les climatiseurs placés en hauteur plutôt qu’en façade, quelle serait la meilleure solution pour diminuer la chaleur en ville : convertir le parc automobile en véhicules électriques, ou déplacer les climatiseurs sur les toits ?

C’est la question que se sont posée des chercheurs basés à Singapour, une ville où 80% des espaces sont climatisés. Dans leur étude, appliquant la même méthodologie aux émissions de chaleur des véhicules et à celles des climatiseurs, ils arrivent à une conclusion simple : placer 25% des climatiseurs sur les toitures permettrait de réduire 2,5 fois plus la température que de remplacer complètement des véhicules thermiques par des véhicules électriques.

Selon eux, si le passage à un parc automobile 100% électrique permettrait de faire baisser la température de l’air de maximum 0,6 °C, le déplacement d’un quart des climatiseurs vers les toits entraînerait une baisse de 1,5 °C.

 

Question d’échelle

Finalement, entre voiture et climatiseur, lequel pèse le plus lourd dans la surchauffe urbaine ? Tout est encore une question d’échelle, pointe l’urbaniste Clément Gaillard : l’étude mexicaine à laquelle fait notamment référence François Gemenne met en évidence un rôle dominant des véhicules thermiques sur certains axes routiers, tandis que celle de Singapour souligne le poids majeur et l’impact positif des systèmes de climatisation installés sur les toitures afin de limiter le réchauffement des rues.

Cette étude singapourienne ne vise pas tant à trancher la question de savoir s’il faut continuer à installer des climatiseurs, leur déploiement restera nécessaire pour des raisons de santé publique, mais plutôt à déterminer comment le faire pour maintenir des températures supportables dans les rues. Sans oublier que la décarbonation du parc automobile demeure, elle aussi, un levier supplémentaire pour réduire la chaleur urbaine.

Selon les données disponibles, et en tenant compte de la réalité actuelle de villes comme Paris ou Bruxelles, il est plutôt exact d’affirmer que les voitures rejettent plus de chaleur que les climatiseurs. Ce constat doit être nuancé selon les modèles de véhicules, la configuration des villes ou le taux d’équipement des ménages en air conditionné.

Non, les packs d’eau ne seront pas interdits à la vente à partir du 12 août 2026 à cause de l’Union européenne - Featured image

08 Juil: Non, les packs d’eau ne seront pas interdits à la vente à partir du 12 août 2026 à cause de l’Union européenne

Non, les packs d’eau ne seront pas interdits à la vente à partir du 12 août 2026 à cause de l’Union européenne

Des utilisateurs du réseau social X et une eurodéputée française indiquent que les bouteilles d’eau ne pourront plus être vendues par paquets avec emballage plastique à partir du mois d’août. Selon eux, un nouveau texte imposé par l’Union européenne contraindrait les supermarchés à vendre les bouteilles en plastique à la pièce. Un règlement européen prévoit effectivement de réduire les emballages à usage unique. Cependant, il n’est pas encore certain que les films plastiques actuellement utilisés disparaissent. Si c’était le cas, cette partie du règlement ne s’appliquerait de toute façon pas avant 2030.

© Getty Images / Image d’illustration représentant des packs d’eau dans un supermarché.

« Les packs d’eau groupés seront interdits par l’UE à partir du 12 août 2026. Vous devrez donc prendre vos bouteilles d’eau 1 par 1 au supermarché. C’est sûr qu’avec ça on va régler le problème de la canicule. Le texte de référence est le PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation – UE 2025/40) », indique un utilisateur sur le réseau social X.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Publié le 2 juillet 2026 par un compte définit comme « parodique », la publication de « KimJongUnique » a fait plus de 600.000 vues et a été partagée plus de 2000 fois depuis sa mise en ligne.

© Capture d’écran X / RTBF / Capture d’écran issue du réseau social X. La croix rouge a été ajoutée par la RTBF.

L’eurodéputée française Virginie Joron (Rassemblement National – Patriotes pour l’Europe) a également publié sur ses comptes Facebook et Instagram un texte qui indique que les packs d’eau allaient disparaître dans un peu plus d’un mois, en dénonçant une décision de l’Union européenne. La même publication, sur X cette fois, a accumulé plus de 195.000 « impressions » depuis sa mise en ligne le 1er juillet 2026.

« Canicule et besoin d’eau ? L’UE a encore fait fort ! Bruxelles va vous obliger à porter vos bouteilles d’eau une par une ? ! Le règlement PPWR entre en vigueur le 12 août 2026. Un des objectifs à terme : réduire les emballages groupés. Résultat concret : adieu les packs d’eau avec poignée, bonjour les bouteilles à transporter séparément. https://www.secoloditalia.it/…/lultima-genialata…/… Pour votre mal de dos, envoyez la facture de votre kiné à ceux qui ont voté pour ».

© Capture d’écran X / RTBF / Capture d’écran issue du réseau social X. La croix rouge a été ajoutée par la RTBF.

Le message de Mme Joron renvoie vers un article (version archivée ; version traduite automatiquement en français ici) du média italien « Secolo d’Italia », soutenu par l’extrême droite italienne, et titré : « La dernière idée « verte » de Bruxelles : adieu les packs d’eau, les bouteilles s’achèteront à l’unité ».

L’application d’une directive qui prend effet en 2030

Les différentes publications font référence au « PPWR ». Il s’agit de la « Packaging and Packaging Waste Regulation », soit le « Règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages ».

Ce règlement 2025/40 est un acte législatif contraignant adopté par l’Union européenne qui vise à « réduire au minimum les quantités d’emballages et de déchets générés tout en réduisant l’utilisation de matières premières primaires et en favorisant la transition vers une économie circulaire, durable et compétitive ». Il vise aussi a lutter contre les PFAS, ces polluants éternels présents dans certains emballages.

Le règlement européen s’inscrit également dans le cadre d’un accord entre les États membres pour fixer un objectif de réduction de 5% d’ici à 2030 par rapport à 2018 du volume total de déchets d’emballages dans l’UE, puis de 10% en 2035 et 15% d’ici à 2040. Cet accord prévoit globalement (dans l’article 5 du texte) que tous les emballages dans l’UE devront être recyclables à partir de 2030 et effectivement recyclés « à échelle » d’ici à 2035, « de façon à encourager l’essor d’une économie circulaire ».

Le règlement européen prévoit aussi différentes catégories afin de classer les déchets en fonction de leur recyclabilité :

  • A (recyclabilité supérieure ou égale à 95%)
  • B (supérieure à 80%)
  • C (supérieure ou égale à 70%)

« Les emballages d’une classe inférieure à la classe C devraient être considérés comme techniquement non recyclables et la mise sur le marché de ces emballages devrait être soumise à des restrictions », précise le texte.

Qu’en est-il des emballages en plastique des packs de bouteilles ?

Le film plastique souple, résistant et transparent qui maintient les bouteilles d’eau ou de soda en « pack » s’appelle un film de fardelage (ou film thermorétractable). Le plastique utilisé pour fabriquer ces films est composé de Polyéthylène Basse Densité et est dénommé généralement par ses initiales : PEBD.

Ce PEBD est actuellement utilisé par les industriels, essentiellement pour trois raisons :

  • **Pratique** : lors de l’emballage en usine, le film plastique est enroulé lâchement autour des bouteilles, puis le pack passe dans un tunnel chauffant. Sous l’effet de la chaleur, le plastique se rétracte (il rétrécit) de façon uniforme pour épouser et serrer fermement les bouteilles entre elles. Ce phénomène est appelé thermorétractabilité.
  • **Flexibilité et résistance** : le PEBD possède une structure moléculaire ramifiée (ses chaînes de polymères ont beaucoup de ramifications, contrairement au PEHD rigide des bouteilles de lait). Cela lui donne sa souplesse, sa capacité à s’étirer sans se déchirer facilement, et une excellente résistance aux chocs durant le transport.
  • **Transparence** : cela permet aux consommateurs de voir la marque et le produit à travers l’emballage.

Contrairement aux films fins de l’industrie agroalimentaire qui intègrent souvent des barrières dites « complexes » (comme du polyamide), le film de fardelage des packs d’eau est historiquement un plastique 100% pur PEBD. Par ailleurs, le PEBD est recyclable, mais son processus de recyclage est plus complexe que ceux du PET ou du PEHD. Accepté par exemple dans les sacs bleus de Bruxelles-Propreté, il est parfois refusé par d’autres programmes de collecte sélective.

Que dit précisément le règlement européen au sujet de ces emballages ?

Le règlement européen 2025/40 vise la disparition, à terme, des emballages à usage unique. L’annexe V de ce PPWR prévoit spécifiquement le cas des « Emballages groupés en plastique à usage unique ». Leur usage en est restreint s’ils sont « utilisés au point de vente » et « conçus comme des emballages pratiques permettant aux consommateurs d’acheter plusieurs exemplaires du produit ou les encourageant à le faire. » Concrètement, une grande surface ne pourra plus utiliser ce type de films pour rassembler plusieurs produits, afin d’en faire une promotion spécifique, par exemple.

« Les emballages groupés nécessaires pour faciliter la manipulation », comme ceux utilisés pour assembler des bouteilles et en faire packs d’eau, sont « exclus » de ces restrictions.

L’industrie du packaging se pose actuellement la question de l’interprétation de cette annexe V : un pack de six bouteilles d’eau maintenu par un film plastique est-il jugé comme « nécessaire pour faciliter manipulation » ?

Des acteurs industriels font valoir des arguments techniques contre cette éventuelle interdiction et une interprétation restrictive qui les contraindraient à se tourner vers d’autres solutions comme le carton, par exemple. Ils jugent que son utilisation pour faire des paquets de bouteilles serait moins pertinente pour des raisons d’hygiène ou de transfert d’odeurs avec le carton humide. Par ailleurs, ils estiment que l’interdiction de ces films de fardage serait contre-productive puisqu’elle pousserait à utiliser des matériaux jugés moins vertueux.

Pourtant, le sort définitif de cette partie de l’annexe V qui concerne ces films de fardelage pour le transport vers les magasins n’est pas à 100% figé d’ici 2030. La Commission européenne a publié un document d’orientation et une FAQ (Foire Aux Questions) afin de donner des précisions sur l’application du règlement et de son Annexe V. Elle y indique notamment qu’elle fournira des lignes directrices d’ici le mois de février 2027 concernant les questions liées à l’interprétation du texte sur l’utilisation de ces films plastiques pour le transport des packs de boissons et leur manipulation.

Pas de suppression des packs en 2026, mais des changements prévus d’ici à 2030

Concernant les délais d’application, le PPWR n’est pas un texte qui rentre entièrement en vigueur à une date unique. Le règlement intègre un calendrier échelonné, où chaque catégorie de mesure a sa propre date d’application inscrite explicitement dans l’article correspondant.

La date du 12 août 2026 mentionnée dans les publications analysées correspond à la date d’application générale du règlement. La mise en application officielle du règlement a eu lieu le 11 février 2025, et elle sera mise en œuvre dans tous les pays membres à partir de ce 12 août 2026. Cela concerne notamment les limites concernant les matériaux qui contiennent des PFAS. Ce qui devient réellement illégal à partir de cette date, ce sont les emballages alimentaires contenant des PFAS au-dessus des seuils fixés.

L’article 25 du PPWR, fixe cependant une date différente et volontairement plus tardive concernant l’utilisation de certains emballages mentionnés dans l’annexe V, comme les films de fardelage : le 1er janvier 2030.

D’autres changements prévus par le PPWR impacteront également les packs d’eau, tels qu’ils sont commercialisés actuellement, à cette échéance. Il s’agit cependant d’éléments invisibles à l’œil nu :

  • Pour l’éventuel film plastique qui pourra encore entourer les bouteilles pour le transport : d’ici 2030, la loi imposera qu’il contienne au moins 35% de PEBD recyclé (rPEBD).
  • Pour les bouteilles en plastique PET : ces bouteilles devront intégrer au moins 30% de PET recyclé (rPET) en 2030, puis 65% en 2040.

Par ailleurs, des alternatives comme les bacs de plastique solides avec des bouteilles consignées en plastique réutilisables ou en verre sont possibles dans le cas où ces plastiques seraient totalement proscrits. C’est d’ailleurs un système de « consigne » qui doit être mis en place à terme par les États membres, selon le règlement PPWR.

 

Un climatiseur mobile sans tuyau de sortie, ni unité extérieure à 138 euros ? Attention, à cette arnaque - Featured image

01 Juil: Un climatiseur mobile sans tuyau de sortie, ni unité extérieure à 138 euros ? Attention, à cette arnaque

Un climatiseur mobile sans tuyau de sortie, ni unité extérieure à 138 euros ? Attention, à cette arnaque

Sur plusieurs sites et applications d’information, des publicités vantent les mérites d’un climatiseur « révolutionnaire ». Un nouveau système qui permettrait de bénéficier de la climatisation sans installation lourde, sans unité extérieure et sans tuyaux d’évacuation. Le tout pour un prix bien en dessous de ceux affichés pour des climatiseurs mobiles d’entrée de gamme. Derrière les marques Coolizi, Jiuberry, Epicooler, CollingAce ou Breezo par exemple, se cachent pourtant des arnaques.

© Capture d’écran / L’image utilisée pour illustrer l’histoire de « Thomas » l’ingénieur à l’origine de Coolix a été générée à l’aide de l’IA.

Suite à la vague de chaleur qui a touché notre pays en cette fin de mois de juin, de nombreuses personnes se sont renseignées sur les systèmes qui permettent de refroidir leurs logements, de nombreuses personnes se sont renseignées sur les systèmes qui permettent de refroidir leurs logements. Très logiquement, suivant l’algorithme de leurs recherches, elles ont ensuite été exposées à des publicités pour des climatiseurs.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Dans ce contexte, des publicités faisant la promotion d’un « climatiseur sans unité extérieure qui fait fureur en France », accompagnées d’un visuel marquant, sont diffusées largement sur des sites et applications d’information en Belgique francophone et en France. Suite à la diffusion de l’une de ces publicités sur le site de la RTBF et sur son application RTBF Actus, plusieurs internautes ont signalé ces contenus.

© Capture d’écran RTBF / Captures d’écran de l’application RTBF Actus (30/06/2026)

Un publireportage basé sur « une belle histoire »

Dans l’article vers lequel les internautes sont renvoyés, l’histoire commence par « Thomas », un ingénieur décrit tantôt comme lyonnais, tantôt parisien. Cet ingénieur « bouleverse l’industrie du refroidissement » avec l’invention d’un climatiseur au concept simple qui vise à « aspirer l’air chaud, le refroidir rapidement et le rejeter ». « Sans compresseur, sans réfrigérant et sans la facture d’électricité qui les accompagne ».

Après la construction d’un « prototype fonctionnel », le résultat est décrit de la sorte : « Un refroidissement réel dans n’importe quelle pièce, en moins de deux minutes, sans machines encombrants (sic.), sans réfrigérant et sans installation coûteuse ».

Suivent alors des témoignages élogieux de personnes au sujet de ce « climatiseur révolutionnaire ». Exemple : « ‘J’ai installé le prototype dans mon salon alors qu’il faisait 35°C et j’ai appuyé sur le bouton », se souvient un certain M. Beaumont. « En deux minutes, le thermomètre affichait 17°C. J’ai refait le test quatre fois pour en être certain.' »

Enfin, la page décrit un produit appelé « Coolizi », avant de le proposer à la vente via un lien, en ces termes :

  • Refroidit n’importe quelle pièce de 35 °C à 17 °C en moins de 2 minutes – testé, reproductible, constant
  • Jusqu’à 90% de consommation électrique en moins qu’une climatisation classique –
  • Fonctionne pendant des heures avec une faible consommation
  • Aucune installation requise – branchez et appuyez sur un bouton
  • Silencieux (< 40 dB) – plus silencieux qu’une bibliothèque, utilisable la nuit
  • Ultra portable (moins de 1 kg) – facile à déplacer de la chambre au bureau

Des performances irréalistes d’après les principes de la thermodynamique

Francesco Contino, professeur à l’Ecole Polytechnique de l’UCLouvain, a analysé les caractéristiques affichées de l’appareil vendu. « Les propriétés techniques décrites sur le site concernant cet appareil sont aberrantes en termes scientifiques », explique l’expert des questions énergétiques. « Il y a des incohérences évidentes en matière de respect des principes de la thermodynamique qui indiquent que la fiche technique est certainement mensongère ». Parmi les éléments, il y a notamment :

  • **Des performances irréalistes** : passer de 35 degrés à 17 degrés (- 18 degrés) en moins de 2 minutes pour « n’importe quelle pièce » est physiquement impossible pour un appareil mobile de moins de 1 kg. Un climatiseur capable d’un tel exploit nécessiterait une puissance colossale, bien loin d’un modèle portable sans installation.
  • **Consommation électrique très faible** : l’affirmation « jusqu’à 90% de consommation électrique en moins » est un argument marketing classique pour des ventilateurs ou rafraîchisseurs d’air (qui utilisent de l’eau en plus), mais ces appareils ne sont pas des climatiseurs et ne peuvent pas faire chuter la température d’une pièce entière de manière significative.
  • **Absence de tuyau d’évacuation** : pour réellement refroidir une pièce, la chaleur doit être évacuée vers l’extérieur, comme c’est notamment le cas avec les climatiseurs mobiles qui possèdent un tuyau qui doit être posé à l’extérieur afin d’évacuer l’air chaud aspiré de la pièce. Un appareil « sans installation » qui ne fait que souffler de l’air (éventuellement humidifié) peut donner une sensation d’un air rafraîchi mais ne réduit pas la température ambiante globale.

Un vrai climatiseur portable est plus lourd, en raison notamment du compresseur, et nécessite toujours un tuyau d’évacuation pour l’air chaud extrait de la pièce.

Des techniques marketings bien rodées pour organiser une arnaque

Au-delà des performances irréalistes, le prix affiché de 138 euros par pièce, et encore moins élevé en cas d’achat groupé, est particulièrement compétitif pour un appareil avec les performances affichées. Les prix d’entrée de gamme d’un climatiseur portable équipés d’un tuyau d’évacuation et d’un compresseur, élément essentiel de l’appareil qui permet de faire circuler le fluide frigorigène et d’augmenter sa pression et sa température pour permettre le transfert de chaleur, se situent entre 200 et 300 euros.

Le site frauduleux joue également sur une série de techniques marketings pour pousser à l’achat et maximiser les profits. Des supports visuels utilisés ont été générés par avec l’aide de l’IA (1, 2).

© Capture d’écran en ligne / Des visuels générés par IA sont utilisés sur des sites pour vendre des « climatiseurs révolutionnaires ».

La publicité évoque une promotion de 60% sur le prix pour afficher un prix aussi compétitif. Pour un produit dont la « demande explose », cela n’a pas de sens en tenant compte du principe économique de la loi de l’offre et de la demande. Si un produit est très demandé, son prix aura tendance a augmenté plutôt qu’à baisser s’il est conforme et légitime. Il s’agit par ailleurs d’une technique manipulatrice documentée déjà largement mise en évidence par des associations de consommateurs sous la dénomination anglophone « dark patterns ».

Autre technique mise en œuvre, la baisse de prix en fonction du volume. Au moment de passer commande, le site vous propose des offres encore plus attractives. 137,99 euros si vous achetez une pièce, mais 249,99 euros pour deux (125 euros/pièce), 339,99 euros (120 euros/pièce) pour trois et 399,99 euros pour quatre pièces (100 euros/pièce). Le consommateur est incité à acheter en volume. Dans le cas d’une fraude, comme c’est le cas ici, les auteurs de l’arnaque maximisent leurs profits en poussant à l’achat sur le volume.

Enfin, une autre technique de vente classique éprouvée et appliquée ici, jouer sur la supposée rareté ou la pénurie du produit. « Il nous reste actuellement environ 3200 unités en stock. Une fois écoulées, il faudra attendre au moins 8 semaines avant la prochaine livraison », indique la page.

Un ventilateur mural basique, s’il arrive

En faisant une recherche en ligne sur les noms des produits vendus, nous avons retrouvé une publication d’un site dédié au signalement des arnaques. Sur ce site, un article publié le 26 juin 2026 détaille une enquête menée sur un « réseau de faux climatiseurs qui écume la canicule 2026 ». Parmi les marques citées, nous retrouvons le « Coolizi ».

Dans cette publication, l’auteur explique que « Coolizi, Coolzy, Breezo, Cooling Ace, Jiuberry » sont « cinq marques de climatiseurs portables qui ne sont en réalité qu’une seule et même boutique, cachée derrière des sociétés écrans à Hong Kong et aux États-Unis » et que les produits sont en réalité expédiés depuis Guangzhou, en Chine.

Il explique également que les publireportages qui font la promotion de ces « innovations françaises » utilisent le même texte, quasiment mot pour mot et que seule des détails et la marque change.

Une autre enquête publiée par le site Clubic, évoque de son côté un autre climatiseur : « l’Epicooler ». Basé sur les mêmes caractéristiques, l’article détaille le procédé frauduleux en ligne des marques et l’utilisation d’images générées par IA. Concernant les personnes qui ont commandé ces climatiseurs, plusieurs d’entre elles indiquent qu’elles rencontrent de nombreux problèmes au niveau de la commande et dans le processus de livraison. Clubic indique : « Ceux qui reçoivent finalement un colis finissent par recevoir un ventilateur mural basique. »

Des espaces publicitaires concédés par les médias

Mais comment les publicités de ces produits frauduleux se retrouvent sur des plateformes comme celles de la RTBF ?

Une part importante de la publicité en ligne est aujourd’hui commercialisée via des plateformes d’achat et de vente automatisées. Les éditeurs de médias y mettent à disposition une partie de leurs espaces publicitaires, qui sont ensuite vendus en temps réel à des annonceurs au sein d’un écosystème de publicité programmatique.

Dans ce modèle, les médias qui commercialisent des espaces publicitaires n’entretiennent pas de relation directe avec chacun des annonceurs présents sur ces places de marché automatisées. « Malgré les mécanismes de contrôle mis en œuvre par les plateformes publicitaires et les éditeurs, certaines campagnes trompeuses peuvent exceptionnellement être diffusées avant d’être détectées puis retirées »,, indique Christophe Chantrenne, responsable des plateformes digitales de la RTBF.

En ce qui concerne les publicités renvoyant vers la page « Coolizi » depuis RTBF Actus, M. Chantenne indique qu’elles « ont été signalées et retirées des plateformes concernées ».

Encadré

Que faire si j’ai été victime de la fraude ?

Si vous avez été victime d’une de ces arnaques au climatiseur, vous pouvez contester la transaction que vous avez effectué via le site « Ma Carte »

Il s’agit de la possibilité de faire appel au « chargeback » ou à la rétrofacturation. Si vous avez acheté quelque chose en ligne avec Visa et que le produit a été livré en mauvais état, ne correspondait pas à ce que vous aviez acheté ou n’a pas été livré, et que le commerçant ne vous offre pas de solution, vous pourriez récupérer votre argent. 

Vous devez introduire votre contestation de paiement, généralement dans un délai de 30 à 90 jours suivant la transaction ou la date de livraison prévue.

Si vous avez utilisé la plateforme Paypal, vous pouvez ouvrir un litige.

Vous pouvez aussi signaler la fraude via la plateforme « Consumer Connect » du SPF Finances.

Endiguer l'épidémie d'Ebola, une tâche difficile freinée par la désinformation - Featured image

16 Juin: Endiguer l’épidémie d’Ebola, une tâche difficile freinée par la désinformation

Le retour de l’épidémie d’Ebola depuis mi-mai en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda s’accompagne d’une résurgence des fausses informations autour de cette maladie virale. Dans les zones infectées fleurissent les narratifs complotistes, qui prétendent par exemple que le virus aurait été sciemment introduit par le gouvernement, les ONG ou bien encore des acteurs étrangers pour servir leurs propres intérêts. D’autres rumeurs affirment à tort que l’épidémie aurait touché le Libéria, le Ghana et la Sierra Léone, que telle plante pourrait guérir la maladie ou bien nient carrément l’existence même du virus. Ces récits, largement relayés sur les réseaux sociaux, fragilisent la confiance du public et entravent très concrètement le travail des équipes engagées sur le terrain. Ce qui empêche in fine d’endiguer correctement l’épidémie. 

L’ajout d’électrolytes est-il indispensable pour l’hydratation en cas de fortes chaleurs ? - Featured image

02 Juin: L’ajout d’électrolytes est-il indispensable pour l’hydratation en cas de fortes chaleurs ?

L’ajout d’électrolytes est-il indispensable pour l’hydratation en cas de fortes chaleurs ?

Sur les réseaux sociaux, des comptes affirment que boire de l’eau ne suffit pas en cas de fortes chaleurs. Selon eux, l’ajout d’électrolytes est indispensable pour bien s’hydrater. Certains conseillent notamment d’ajouter du sel dans l’eau proposée aux enfants. Pourtant, l’ajout spécifique d’électrolytes n’est pertinent que dans des cas particuliers de pratique sportive intense ou certaines conditions médicales spécifiques. Dans l’immense majorité des situations quotidiennes et sportives, l’eau pure reste la solution idéale selon les experts.

© Getty Images / Portrait d’une jeune fille en train de boire de l’eau d’une bouteille en plastique dans un parc par une journée chaude et ensoleillée.

Les fortes chaleurs de ces derniers jours inspirent des publications sur les réseaux sociaux autour de conseils sur comment se protéger de la canicule ou s’adapter pour continuer à pouvoir faire du sport malgré les températures élevées.

Des internautes évoquent aussi la façon de s’hydrater, un élément clé du fonctionnement du corps humain, particulièrement sensible quand le thermomètre grimpe. Certains d’entre eux estiment que boire de l’eau simplement n’est pas suffisant. Ils recommandent l’ajout d’électrolytes, notamment pour les enfants.

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Faky, la rubrique de fact-checking de la RTBF

Sur Instagram, une publication du 27 mai 2026 qui a dépassé les 49.000 vues indique : « C’est la canicule et tu ne donnes QUE de l’eau à tes enfants ? ERREUR : Blague à part, quand il fait très chaud, l’eau seule ne suffit pas à hydrater / reminéraliser le corps qui a transpiré ! ». La solution proposée par cette naturopathe et créatrice de contenu passe notamment par l’ajout de sel, d’une solution saline ou d’eau filtrée avec du magnésium en poudre ajoutés dans l’eau proposée à ses enfants.

Cet ajout de sel ou de magnésium revient à ajouter des électrolytes, nous y reviendrons. Cette tendance de l’utilisation de la consommation de boissons boostées aux électrolytes n’est pas récente. De nombreuses vidéos circulent sur ces boissons chargées en minéraux essentiels.

Toujours sur Instagram, un autre utilisateur propose de fabriquer soi-même une recette d’électrolytes à mélanger au quotidien avec son eau de consommation quotidienne qui « soutient hydratation, énergie et équilibre ». Le « reel » a dépassé les 445.000 vues depuis sa publication en avril 2025.

Le phénomène n’échappe pas à Tiktok, où la vidéo d’un sportif qui boit à une gourde explique par exemple que : « Ce qu’il y a là-dedans, c’est des électrolytes. Boire de l’eau tout seul ça ne suffit pas. ». Des boissons chargées en électrolytes ou des pastilles d’électrolytes se trouvent par ailleurs de plus en plus fréquemment dans les rayons des magasins de sport et supermarchés. Ces produits tentent de séduire un public de plus en plus large.

C’est quoi les électrolytes ?

Les électrolytes sont des minéraux essentiels (comme le sodium, le potassium, le magnésium et le calcium) qui portent une charge électrique. Ils sont indispensables au bon fonctionnement du corps humain. Ils régulent notamment l’équilibre de l’eau dans le corps et assurent son transfert à l’intérieur et à l’extérieur de vos cellules.

Concrètement, ce sont eux qui gèrent cette eau que le corps élimine plus rapidement en cas de forte chaleur ou lors d’un effort intense, via la transpiration ou les urines. La Docteure Marie Hechtermans, médecin du sport, l’explique : « Quand on transpire, on va perdre non seulement de l’eau, mais aussi des minéraux. »

« Ces minéraux, on va les trouver aussi dans notre alimentation classique. Par exemple, le sodium, on le trouve sous la forme de chlorure de sodium, à savoir le sel de cuisine classique. Le potassium, on va en trouver dans les bananes par exemple. Le magnésium, dans le chocolat », détaille Mdame Hechtermans. Ces électrolytes sont donc naturellement présents dans notre corps grâce à notre alimentation quotidienne et une partie de ces minéraux est progressivement évacuée via la transpiration et l’urine.

Lors d’épisodes de forte chaleur ou dans des situations exceptionnelles, l’eau et les électrolytes tendent à être évacués plus vite par l’évaporation, donc par la transpiration via la peau, ou via l’urine.

L’apport d’électrolytes supplémentaires est-il vraiment nécessaire ?

Faut-il dès lors consommer des électrolytes complémentaires en parallèle de l’hydratation en eau pour combler cette élimination plus rapide ?

Pour Madame Hechtermans, la réponse est claire : »Est-ce que c’est utile et intéressant de boire des électrolytes dans la vie de tous les jours quand on n’est pas dans une pratique sportive à haut niveau ? Non, absolument pas ». En cas de forte chaleur elle recommande une hydratation adaptée aux besoins de tout un chacun et « une alimentation variée basée majoritairement sur des produits frais ».

Le Docteur Nicolas Guggenbuhl, diététicien nutritionniste et Professeur à la Haute Ecole Vinci, abonde dans le même sens : « Avant de rajouter quoi que ce soit dans l’eau, il faut bien se dire que ça dépend de ce qu’on a sur le côté ».

Parmi les électrolytes se trouve notamment le sodium, dont le corps d’un humain occidental ne manque généralement pas : « Le sel en fait, on en a plus que largement suffisamment. On est presque à 10 grammes de sel au lieu des maxima 5 grammes recommandés par jour. Prendre des pastilles de sel, c’est complètement insensé dans plus de 95% des cas ». « Si vous consommez suffisamment de végétaux, vous avez plein de potassium et donc vous n’avez pas besoin d’en rajouter. Si vous consommez des céréales complètes, des fruits à coque, des noix, vous avez suffisamment de magnésium », ajoute Nicolas Guggenbuhl.

Une utilité pour les efforts sportifs très intenses ou des pathologies comme les diarrhées

L’apport d’électrolytes supplémentaires via des ajouts dans l’eau ou de produits créés pour accompagner la pratique sportive n’a donc généralement pas d’intérêt dans la grande majorité des cas. Cependant, les experts interrogés notent des exceptions, notamment pour les performances sportives extrêmes, sous de fortes chaleurs. Comme c’est le cas pour les sportifs qui participent à Roland-Garros, par exemple.

« Dans l’absolu, dans sa vie quotidienne et une pratique sportive normale consommer une boisson optimisée pour la performance sportive alors que je suis moi-même un sportif amateur et que je ne suis pas en recherche de performance niveau olympique, ça n’a pas forcément d’intérêt. Boire une boisson d’électrolytes quand il fait très chaud et qu’on va courir 10, 15, 20 km, ça peut faire sens, si je n’ai pas accès à autre chose », explique Marie Hechtermans.

Il y a aussi des situations pathologiques dans lesquelles l’ajout d’électrolytes peut être pertinent alors que le corps n’assimile plus correctement l’eau. « Quand on a des vomissements ou des diarrhées importantes, on doit parfois rajouter des électrolytes dans ce qu’on appelle ‘une solution de réhydratation orale' », détaille Nicolas Guggenbuhl.

Déconseillé aux enfants et aux personnes qui ont des problèmes cardiovasculaires

C’est le cas aussi pour les enfants, « les électrolytes sont recommandés chez eux en cas de déshydratation sévère, donc dans des situations où par exemple, ils ont une gastro-entérite très importante, etc. Quand il fait juste chaud dehors, il n’y a pas besoin de donner des électrolytes aux enfants. Chez eux en plus on va éviter généralement de monter les taux de sel ou de créer des habitudes de manger très salé, très sucré, ce que ces produits-là peuvent induire. Pour les boissons sportives. J’ai même tendance à dire, faites attention avant de les donner aux enfants. Si vous n’êtes pas sûrs de leur composition, ne les donnez pas », recommande la médecin sportive.

Y a-t-il pour autant des risques à ingérer ces électrolytes en supplément à l’alimentation quotidienne, notamment chez les adultes ? « Tant que ça reste dans des quantités raisonnables, il n’y a pas particulièrement de danger. Après il y a un risque de faire rentrer trop de minéraux dans le système ce n’est pas terrible non plus », pour la médecin du sport Hechtermans.

« Attention notamment si on a des problèmes cardiaques ou cardiovasculaires en particulier », avertit encore Marie Hechtermans. « Là il faut en parler avec son médecin avant car les électrolytes. Ces derniers contiennent du sel et il y a des patients chez qui la prise excessive de sel n’est clairement pas recommandée, en particulier les patients qui ont de l’hypertension. »

Les conseils des experts en cas de fortes chaleurs

Sauf exception, l’ajout d’électrolytes dans vos boissons s’avère généralement inutile, même en cas de canicule.

En cas de forte chaleur, les spécialistes interrogés recommandent le plus possible au frais et de ne pas s’exposer au soleil. Ils mentionnent aussi l’importance d’une alimentation équilibrée et de s’hydrater sans se mettre la pression, car chacun a des besoins spécifiques. Les personnes âgées doivent néanmoins faire l’objet de plus de vigilance car elles ressentent parfois moins la sensation de soif.

Enfin, si on se dépense et qu’on transpire beaucoup, comme ça peut être le cas dans les fortes chaleurs, vous pouvez préparer une boisson maison : « La petite recette qu’on recommande, c’est moitié de l’eau du robinet, moitié du jus de raisin, parce qu’il contient pas mal de choses en termes d’électrolytes et des sucres intéressants, avec une petite pincée de sel de cuisine ».

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29 Mai: Hantavirus : l’existence d’un vaccin expérimental ravive les théories des pandémies « planifiées »

Le foyer d’hantavirus détecté sur le navire MV Hondius début mai 2026 a fait l’objet de nombreuses fausses informations sur les réseaux sociaux, souvent similaires à celles partagées lors de la pandémie de Covid-19. Certains internautes affirment qu’un vaccin contre la souche d’hantavirus en question a été découvert en avril 2025, preuve selon eux que cette alerte sanitaire aurait été planifiée à l’avance. Mais l’un des chercheurs ayant travaillé sur le vaccin mentionné a expliqué à l’AFP qu’il n’était pas prêt à être utilisé chez l’homme. Cette maladie étant connue depuis de nombreuses années, ce qui a conduit différentes équipes de scientifiques à travailler sur des traitements. Par ailleurs, selon l’OMS, il n’est pas question actuellement d’une pandémie.

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07 Avr: L’euthanasie d’une jeune femme en Espagne entraîne un flot de désinformation

Depuis la polémique suscitée par l’euthanasie demandée par une jeune femme paraplégique en Espagne fin mars, les réseaux sociaux sont inondés de publications mêlant affirmations infondées et images décontextualisées. Ces contenus trompeurs ont alimenté la désinformation autour de l’aide à mourir de Noelia Castillo. L’AFP en a vérifié plusieurs.

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04 Fév: « Bourrée » d’hormones féminines ? Les affirmations infondées des masculinistes sur l’eau du robinet

Les idées masculinistes sont de plus en plus diffusées dans la société, en particulier auprès des jeunes via les réseaux sociaux, selon un rapport publié début 2026 par le Haut Conseil à l’Egalité (HCE). Depuis plusieurs mois, sur TikTok, de nombreux internautes et influenceurs de cette mouvance appellent les hommes à ne plus boire l’eau du robinet, prétendant qu’elle contient des hormones féminines, des oestrogènes, qui peuvent selon eux « perturber la testostérone naturelle des hommes ». Mais c’est infondé : cette eau est filtrée et traitée pour éliminer diverses pollutions avant d’être consommée, un processus auquel n’échappent pas les oestrogènes, comme l’ont expliqué plusieurs chercheurs à l’AFP.